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Présentation | Les thématiques transversales | Les droits économiques et sociaux | Droits de la personne et libertés | Le droit à une famile et à une protection de remplacement | Le droit de l'enfant à la protection vis-à-vis des institutions dont la famille | Droit à l'éducation, aux loisirs et aux activités culturelles | Les engagements internationaux résultant de la Convention | Quelques rendez-vous pour l'an 2001 en guise de conclusion |


Chapitre VI
        
LES ENGAGEMENTS INTERNATIONAUX RESULTANT DE LA CONVENTION




Articles de la C.I.D.E. concernés

Coopération                                          art 4, 23-4, 24-4, 28-3
Comité des droits de l'enfant,
Surveillance de l'application                        art. 43, 44 et 45
Entrée et séjour sur le territoire                art. 10
Lutte contre les déplacements et les
non-retours illicites d'enfants à l'étranger        art. 11
Moralité de l'adoption                                art.21-d et 21-e
Pension alimentaire                                art.27-4
Travail des enfants                                art. 32
Exploitation sexuelle                                art. 34
Vente, traite et enlèvement                        art. 35
Autres formes d'exploitation                         art. 36
Enfants réfugiés                                 art. 22
Enfants en conflits armés                        art. 6, 38
Réadaptation des victimes                        art. 39


De la saga judiciaire d'« ELIAN GONZALEZ » ; le petit Cubain sauvé des eaux par les pêcheurs Américains au large de Miami - qui a duré sept mois - aux exploits des généraux à la culotte courte de la Sierra–Léone, jusqu'au sort que réserve la guerre des pierres aux enfants de la Palestine, pour ne prendre que quelques illustrations on remarquera que le souci de DEI-France, dans son rapport de l'année dernière de faire de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant, une force génératrice d'une société internationale en construction a du sens : l'intérêt supérieur de l'enfant peut être une référence opérationnelle

DEI-France observe que les institutions internationales oublient de plus en plus souvent des droits de l'enfant. L'invitation à respecter et à faire appliquer la C.I.D.E. par ceux- là mêmes qui l'ont ratifiée, ne fait pas recette aussi bien sur le plan politique et qu'économique. Le plan Mondial pour l'enfance adopté à New-York les 29 et 30 Septembre 1990 par les 73 chefs d'Etat et de gouvernement réunis à l'initiative de l'U.N.I.C.E.F. au départ pour ratifier la convention, mais devant son succès anticipé, réunir le maximum de chances pour la mettre en œuvre, est tombé aux oubliettes. La violence dont l'enfance est victime, le mépris de ses droits élémentaires ; à savoir son aspiration à un monde qui lui garantisse la paix et les libertés , la désinvolture avec laquelle, les rares et timides initiatives prises en faveur
de l'enfant, abordent et traitent de la question de sa citoyenneté sont à déplorer.

Selon le rapport « Innocenti report card de juin 2000  ».la pauvreté d'enfants dans les pays riches met à mal des valeurs comme l'égalité des chance. Les pays industrialisés se trouvent face à un test, concernant à la fois leurs idéaux, et leur capacité à résoudre des problèmes sociaux insolubles. Le rapport montre que dans les 23 Nations de l'OCDE, le taux de pauvreté infantile varie de 3% à plus de 25% dans les nations pourtant économiquement prospères.

Ce document conforte DEI-France dans ces analyses. Tout comme la violence n'est pas une fatalité, la pauvreté des enfants est un problème qu'il faut résoudre. C'est certainement le plus grand défi à relever en cette période de croissance retrouvée. Pour DEI-France, cette problématique ne peut être contournée par l'utilisation d'arguments concernant la responsabilité individuelle. Nul ne peut dire que le fait d'être né dans la pauvreté est la faute de l'enfant. Ne s'agit-il pas du hasard de la naissance !

Dès lors, il est nécessaire d'agir afin d'en finir avec la pauvreté des enfants dans le monde… des nations les plus riches. Comment faire avancer concrètement la citoyenneté de l'enfant ? sinon, en réussissant une définition dialectique de la pauvreté, en sachant la mesurer et en s'efforçant de la réduire.

01                 Quelques rappels peut être pas inutiles

En ratifiant la C.I.D.E., les Etats s'engagent à en appliquer ses dispositions dans leurs pays mais ils s'engagent également à une coopération à l'égard des autres Etats, voire plus. Les articles 43, 44 et 45 posent les principes d'un contrôle par les organes des Nations Unies et les bases de son organisation, mais la lecture de toute la Convention fait ressortir la nécessité d'utiliser l'ensemble des dispositifs des relations internationales et de la coopération pour que les Etats engagés atteignent les objectifs visés.

Diverses modalités de rédaction ont été utilisées pour créer pour chaque Etat une véritable obligation d'étendre au domaine des relations internationales, son engagement en faveur des enfants. La plus simple est celle des articles 17, 22, 23, 24 et 28 qui renvoient explicitement à la coopération, aux relations et aux organisations internationales. Les articles 42, 44 et 45 décrivent le dispositif de surveillance mis en place à titre permanent, apparenté au système de l'Organisation des Nations Unies. L'article 21 impose à l'Etat d'accueil de l'enfant de garantir la moralité de la rencontre pour adoption qui a lieu à l'étranger, sans préciser par quel moyen. Il faut alors faire appel à la théorie des compétences implicites, élaborée pour les organisations internationales et maintenant bien admise.

A la lumière des développements récents du droit international, on peut interpréter comme une ouverture vers le droit d'ingérence l'article 4 aux termes duquel les Etats s'engagent à mettre en œuvre les droits économiques, sociaux et culturels, y compris dans le cadre de la coopération internationale. En ce sens, on remarque que le droit à la vie de l'article 6 est reconnu à tous les enfants, et cet adjectif peut s'entendre comme y compris ceux qui n'habitent pas sur le territoire.

Certains droits qui donnent matière à action internationale comme ceux de l'article 10 ou 22, relatifs à l'entrée et au séjour sur le territoire national ont déjà été traités à d'autres chapitres de ce rapport.

Ce cadre général posé, on peut revenir au bilan de l'action de la France en 2000.

02 -         L'espace européen commence à se meubler

D.E.I-France a le souci de la construction d'un véritable espace social européen, dans lequel les droits de la personne soient enfin pris en compte par delà les travaux du Conseil de l'Europe quand, aujourd'hui, on en reste encore à un espace économique.

Les résultats du travail accomplis pour déboucher sur une Charte européenne doivent indéniablement être salués. On pourrait en tracer les limites ; nous préférons comme nous le faisions en introduction de ce rapport saluer les avancées sachant que tous les pays européens ont signé et ratifié la Convention des Nations unies.

Nous souhaitons simplement qu'elle puisse être adoptée au sommet de Nice en décembre 2000 avec une référence explicite à la CIDE.

La future Charte se refère explicitement et implicitement à la CIDE qui est leur loi commune sous réserve justement des réserves différentes qui ont pu être dépassés par les Etats au moment de leur ratification.

D.E.I.-France demande au gouvernement français de faire élaborer ou de rendre public si ce travail a déjà été fait un état des réserves déposées parles Quinze lors de leur ratification de la CIDE

D.E.I.-France attendait et attend toujours du gouvernement français qu'il use des moyens diplomatiques en sa possession pour que l'Union Européenne soit explicitement déclarée légitime à avoir une politique de l'enfance sinon de la famille, quand aujourd'hui les mots “ enfant ” et “ famille ” ne figurent pas dans les traités de l'Union.

Comme nous le développons plus haut la future Charte européenne en typant les droits spécifiques des personnes mineures d'âge et en veillant à ce que tous les autres droits leur soient ouverts répond à l'attente minimale que l'on pouvait avoir. On retrouve d'ailleurs dans la rédaction des expressions et formules directement tirées de la CIDE

D.E.I.-France demande que soit légitimée dans les traités européens la politique en faveur de l'enfance et de la famille

03                Le bilan de l'engagement français pris au Sommet Mondial pour l'enfance de 1990 serait bien utile

D.E.I-France regrette que la France n'ait pas rendu public un bilan des actions menées et des résultats acquis à l'échéance du programme adopté par les 79 chefs d'état et de gouvernement – dont Michel Rocard, représentant la France – à New York les 29 et 30 septembre 2000.

Force est même de reconnaître que ce dixième annjversaire est passé totalement inaperçu. Comme personne ne s'est vraiment préoccuper – sinon quelques velléités initiales - de mettre en place sur 10 ans le comité de pilotage national prévu par l'accord passé à New York.

On ne pouvait pas avoir plus banaliser ce fait sans précédent qu'avait constitué ce sommet mondial rassemblant la moitiés des chefs d'Etat de la planète dans la foulée de l'adoption de la CIDE.
Des dispositions ont semble-t-il été prises entre l'Elysée et Matignon pour faire ce bilan en 2001

Dans l'esprit de la Convention des Nations unies qui donne aux ONG un rôle d'interpellation nous revendiquons que ce bilan soit fait publiquement et dans des conditions qui ne tournent pas à l'autosatisfaction même si certainement nous n'avons pas à rougir comme pays des actions menées. Il faut donc que le bilan gouvernemental soit soumis en temps utile pour avis-critique aux ONG


D.E.I.-France revendique de disposer au plus tôt du bilan d'application des engagements souscrits pour la décennie, lors du Sommet mondial de l'enfance de septembre 1990 afin d'en faire une analyse critique pour les manifestations programmées sur 2001.


04         Les protocoles additionnels à la Convention des Nations unies

On ne peut que se réjouir d'avoir vu ces deux travaux que la France a soutenu sinon impulsé contre l'avis de bien d'autres Etats trouver leur concrétisation. On sait que la Convention est un texte de compromis. Très vite sur ces question la rédaction retenue était un peu « courte ». Le nombre d'enfants engagés dans les conflits armés de par le monde (ne citons que les enfants soldats du Rwanda) et la prise de conscience de l'importance de l'exploitation sexuelle des enfants que M° Pettiti qualifiait de crime contre l'humanité ont fait litière des réserves ?

Les deux protocoles ont été adoptés par l'Assemblée générale de l'ONU le 25 mai dernier.

Le 6 septembre 2000 le président de la République à l'occasion du sommet du millénaire a annoncé la décision de la France de ratifier ces deux textes :


Dont acte

61-         La coopération publique et privée de la France

        611        La France et l'UNICEF

Déjà, il n'est pas inintéressant de dresser le tableau de la contribution financière publique et privée de la France à l'U.N.I.C.E.F. (Fonds mondial pour l'enfance). Il va de soi que ces chiffres ne résument pas toute la coopération française. L'Etat français paie une quote part - singulièrement diminuée durant la décennie -, mais ce sont les dons privés qui font l'essentiel.

La France est aujourd'hui le 8
e pays du monde pour l'ampleur de ses dons à l'U.N.I.C.E.F, mais la contribution de la part du gouvernement reste très faible par rapport à l'ampleur des dons privés.




Le Rapport annuel 2000 de l'UNICEF est ici la référence publique sur laquelle on doit s'appuyer

En 1999, la France est 13°
position pour les dons publics et 4e pour les dons privés. Elle est au final en 8° position en valeur absolue et en 16° position de la contribution par habitant: 0,82 dollars 

La contribution publique était de 7 704 011 dollars pour le budget commun et de 77 790 dollars pour les fonds supplémentaires

Le Comité français a abondé à hauteur de 35 010 210 dollars pour le budget commun et 5 740 854 pour les fonds supplémentaires (26 076 dollars viennent d'autres donateurs français )

Globalement la contribution française est donc de 48 403 362 dollars pour 1999.

Et le budget total de l'U.N.I.C.E.F. est d'une modestie ridicule et scandaleuse même s'il a cru de 1998 à 1999 : 1 118 millions de dollars en 1999 pour 966 millions de dollars en 1998 alors que la seule aide publique au développement de la France se monte à 6,35 milliards de dollars. Par comparaison, le budget de l'Aide sociale à l'enfance en France est de 30 milliards de francs, soit 5 fois plus pour les 350 000 enfants suivis ou pris en charge !

        612        La coopération privée
                
Force est de constater la forte implication de la société civile française pour venir en aide aux enfants du monde. Ces investissements humains, financiers, techniques sont d'une telle variété et d'une telle richesse que personne ne peut penser en rendre compte d'une manière exhaustive. Il est évident que la France n'a pas à rougir de ce qui est fait ses nationaux, notamment sur le plan associatif, font dans ce domaine.

        On se contentera de rappeler ici, pour les saluer,

·        

l'engagement du Comité français pour l'UNICEF qui notamment à travers l'opération carte poste “ ratisse ” une contribution de quelques 40 milliards de francs, 3 fois plus que la contribution publique. C'est bien grâce à cette contribution que la France est en 8° position de pays donateurs puisque la contribution publique nous place en 14° rang
·        l'engagement des ONG à dimension internationale comme Médecins du Monde lauréat 1999 du Prix Nobel de la paix, Médecins sans frontières, Amnesty international ou encore Handicaps International fers de lance de la présence française auprès des enfants en souffrance du monde. On saluera spécialement Médecins du Monde qui s'occupe aussi des enfants “ pauvres “  de France notamment avec son camion hôpital.


        613        La contribution publique

Enfin, les Institutions supranationales, notamment sur les questions des adoptions internationales, du droit de garde des enfants dans les conflits conjugaux transnationaux et la troublante quadrature du cercle constituent des questions des mineurs non accompagnés, des enfants issus de l'immigration et des enfants soldats.

A l'heure du XIe anniversaire de la Convention Internationale des Droits de l'enfant, D.E.I.-France constate avec regret, que ces lieux de socialisation de l'enfant connaissent des mutations, ou sont obligés de faire la mue de leur vocation, ou dialoguer certains aspects de leur mission sous l'effet conjugué de l'efficacité budgétaire et/ ou de la compétitivité internationale; donc de globalisation des démarches.

A défaut d'expliquer les facteurs récurrents entraînant le développement des situations paradoxales de la communauté Internationale quant à leurs incidences sur les droits de l'enfant (Etats-parents et enfant se veulent solidaires tout en se détestant cordialement), D.E.I.-France se demande comment l'idée de citoyenneté de l'enfant se traduit dans la réalité des rapports quotidiens entre les forces légitimes et légales des Etats et du marché, ici, maintenant et partout ? Comment faire sauter les entraves et autres obstacles sur les voies d'accès progressifs de l'enfant à ses droits et favoriser l'articulation de ces droits avec les exigences d'une communauté internationale en mutation socio-économique permanente ou en conflit ?

Comme il vient d'être rappelé, l'évolution des relations internationales a particulièrement généré - depuis ces dix dernières années - une modification des rapports de forces en présence, entre droit et légitimité, notamment en ce qui concerne leurs impacts sur l'enfant en adulte en miniature ou citoyen en devenir. Pour comprendre l'intérêt de la résurgence du concept de citoyenneté de l'enfant dans les discours, des acteurs, aussi bien du secteur associatif, institutionnel que de la scène internationale, il faut examiner au préalable, en quoi l'enfant sujet de droit dans une institution participe-t-il à l'évolution de la société internationale en générale et de la société française en particulier ?
        
D.E.I.-France suggère, en la matière, l'urgente nécessite de revisiter par une relecture plus adaptée et innovante des outils, de vérifier la transversalité sur le plan opératoire de ces outils et leur utilisation dans le cadre de partenariats de réseaux, fondé sur la démocratie de médiation ( ou la médiation citoyenne).

La France est l'un des pays riches qui contribue à hauteur de 0,45% de son P.N.B. soit 48 290 millions de dollars à l'aide publique au développement dans le monde, ce qui fait d'elle à la fois un donateur important et un bailleur.

Une des conditions de réussite de ces recommandations tient à ce que l'on veille à l'utilisation des outils et à la vérification de leur transversalité, qui s'avère plus que jamais nécessaire.


        6I4        Quand les éléphants se battent, ce sont les fourmis qui sont écrasées.

On ne peut pas s'attacher au sort fait à trop d'enfants victimes des guerres entre Etats et autres conflits armés internes ou internationaux. Mais, il est bien d'autres atteintes aux droits de l'homme de l'enfant.

Dans les conflits armés, le danger premier est pour la vie. Le droit d'ingérence se justifie donc lorsque la garantie de l'article 6 est en jeu. Mais protéger les enfants, c'est aussi punir ceux qui les ont persécutés. Il faut souligner que la France a adopté la loi Constitutionnelle du 8 juillet 1999 pour pouvoir ratifier le traité signé le 18 juillet 1998.

La reconnaissance de la Cour pénale Internationale est dorénavant inscrite à l'article 53-2 de notre Constitution. D.E.I-France s'en réjouit.

D.E.I.-France demande que la France ait une politique encore plus audacieuse en matière d'ingérence humanitaire, tant dans la pratique que pour faire avancer le droit et qu'elle s'engage totalement dans le processus de création de la Cour de Justice Internationale



62        Les enfants soldats malgré eux.

Selon Amnesty International, il y aurait plus de 300.000 enfants soldats engagés dans trente foyers de guerre à travers le monde et certains n'ont même pas dix ans. C'est un crime contre l'enfance car, dans les dix dernières années, on estime que :

2 millions de jeunes de moins de 18 ans sont morts pendant des guerres ou des conflits.
Au moins 10 millions d'enfants ont vécu des scènes de guerre ou été témoins d'atrocités (Libéria, Rwanda, Sierra Leone, Somalie, etc.). Plus de 4 millions d'enfants ont été blessés dans des guerres ou des conflits ( Angola ).
Plus de 5 millions d'enfants ont été obligés de se réfugier dans des camps.
Plus de 1 million d'enfants ont été sépares de leur famille.
90% des pertes humaines pendants les guerres sont des civils, dont plus d'un tiers sont des enfants.
44 pays recrutent des enfants de moins de 18 ans pour servir dans leur armée nationale.

Vu l'impact des conflits armés sur les enfants

D.E.I.-France recommande concrétement: