Un
contrat passé avec l'environnement de la ferme dans le cadre
d'un CTE* vendéen
Je me suis installée en 1982 sur une
exploitation de 24 ha dans le bocage vendéen.
Les pratiques agricoles et remembrements divers y ont quelque
peu dégradé le paysage, et appauvri la diversité en flore et
faune, qui reste néanmoins intéressante en regard d'autres
secteurs de la Vendée.
A l'époque, j'élevais des génisses laitières
en contrat avec les agriculteurs alentour.
La mise en place des quotas : c'est alors une activité
d'accueil à la ferme que j'ai développée.
Un accueil lié au tourisme rural (gîte, camping) mais aussi
en rapport avec les activités économiques de la région (mobil
home pour l'hébergement de personnes travaillant dans le coin de façon
plus ou moins provisoire), et aussi un accueil en lien avec les
enfants (ferme pédagogique), ceci avec le label Accueil Paysan.
Bien que travaillant à l'extérieur (éducateur),
mon mari joue un rôle très important dans l'aménagement de la
structure d'accueil, et par le lien privilégié qu'il entretient
avec le monde environnant et les besoins d'accueil qui s'y
manifestent.
Avec l'évolution prise par l'agriculture
ces dernières années, la base agricole de la ferme s'effrite par
perte progressive des contrats, faute d'élevages laitiers intéressés.
Dans ce contexte, le CTE est l'occasion de repenser toutes
ces activités, de les remettre en phase, entre elles d'une part,
avec le territoire d'autre part.
Le projet sera d'avoir 15 vaches allaitantes
(limousines) en 2002, avec l'achat de vaches et laitonnes fin 2000,
pour un vêlage au printemps 2001 et 2002.
Cette conversion en 2 ans me laissera le
temps d'acquérir de nouvelles compétences, en particulier je
commence un passage en agriculture biologique.
Les personnes accueillies chez nous sont de
plus en plus sensibles à la démarche qualité, à la façon de
travailler sur la ferme. Elles
ont aussi une demande de confort qui implique des aménagements (une
salle chauffée dans le camping l'hiver).
La quête de découverte de la nature est un
atout pédagogique du lieu. C'est
pourquoi en lien avec l'association des Naturalistes Vendéens, je
projette l'aménagement d'un observatoire à oiseaux, et la
restauration d'une mare.
Enfin, plantation de haies et souci d'intégration
paysagère des bâtiments (remplacement des mobil home par des
chalets en bois) constituent un complément logique de ce projet.
Le CTE, c'est des moyens pour mettre en
oeuvre tout ça. Mais
il aura été dans mon cas surtout l'occasion de mettre mon lieu de
vie en meilleure adéquation avec ses vocations de production et
d'accueil. Ceci en lien
avec les autres acteurs du territoire, ceux qui y vivent, ceux qui y
passent.
Le remembrement en cours est aussi un aménagement
territorial : à cette occasion nous implanterons des haies, à
contre-courant, il faut bien le dire, des pratiques habituelles
notre manière d'aborder l'environnement intègre les besoins des
gens que nous accueillons à la campagne et qui enrichissent notre
point de vue d'agriculteur.
Finalement, les contrats que j'avais avec
les éleveurs environnants seront devenu un contrat plus global que
je passe avec mon environnement, naturel mais surtout humain.
Une nouvelle identité s’est dégagée,
avec des activités en proportions économiques différentes, mais
avec une relation au territoire qui me semble bien complète.
Marie-Hélène TANGUY
Accueil Paysan, Vendée
In Alternatives rurales n°76,
10/2000. Préfaucon 38710 Mens
*CTE contrat territorial
d'exploitation
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