Le diagnostic d'un territoire
et le montage d'un projet de développement local
Un projet de développement rural s'inscrit fortement sur un territoire
déterminé, où il vise à mettre en valeur les atouts de ce territoire,
qu'il s'agisse d'atouts physiques, économiques, culturels, etc.
Il est donc indispensable de bien connaître ce contexte pour pouvoir
l'utiliser comme levier de développement. De même, il faudra bien
connaître les problèmes qui se posent sur le territoire pour pouvoir
s'y attaquer avec efficacité. Enfin, il faudra mettre en place un
dispositif et des procédures visant à enclencher une dynamique de
développement.
Poser un diagnostic, tracer des plans, motiver une équipe, fixer
une stratégie... Ces expressions, courantes dans le monde de
l'entreprise, peuvent également être utilisées pour décrire l'élaboration
d'un projet de développement rural : là aussi, il faut identifier
des problèmes et des opportunités, inventorier des
atouts et des handicaps, se donner des objectifs,
établir des priorités, définir des modalités d'action
ou encore construire un dispositif opérationnel d'intervention.
Ces tâches primordiales sont parfois réalisées un peu rapidement
car la tentation est forte de se lancer le plus vite possible dans
des réalisations concrètes.
Bien entendu, un diagnostic conduit avec rigueur ne suffira pas
à garantir le succès final de l'opération, mais il est en tout cas
probable qu'un début bâclé prépare de graves déceptions.
Construire une vision collective du territoire. Impliquer la population
Une démarche de développement local ne mobilise pas que des
ressources financières, publiques et privées : elle mobilise avant
tout une population.
La phase de diagnostic et de montage du projet constitue sans doute
le moment le plus propice pour initier la mobilisation les acteurs
locaux. Sa finalité n'est pas simplement de produire un document
stratégique mais, plus largement, de poser les premiers jalons de
la démarche de développement..
Pour donner son plein effet, il est utile que la phase de diagnostic
et de montage du projet se déroule sur plusieurs mois : l'information
préalable peut ainsi circuler largement, la population vérifie que
ses avis sont véritablement pris en compte, des débats contradictoires
permettent d'enrichir les réflexions...
II arrive cependant que la durée de cette phase ne puisse excéder
deux ou trois mois. Dans tous les cas, cette phase initiale doit
être organisée au mieux en fonction des moyens disponibles (en
temps, en compétences, en ressources financières...) : il ne serait
pas judicieux d'en faire l'économie.
Le contenu de ce dossier demande à être adapté en fonction du contexte
local. Des allers et retours seront fréquemment nécessaires, des
éléments de stratégie devront être esquissés avant même qu'un réel
travail de diagnostic soit entrepris, la question de la médiatisation
du projet ne cessera d'être à l'ordre du jour d'un bout à l'autre
du processus...
Première approche du territoire concerné
Pour que l'ensemble de la population se sente concernée, mais aussi
pour identifier des opportunités nouvelles, la première urgence
n'est pas d'approfondir certaines questions mais plutôt de chercher
à acquérir une vision d'ensemble du territoire concerné.
Au delà du noyau initial
Au tout début, l'idée de se lancer dans une démarche de développement
local ne concerne généralement qu'un petit groupe de personnes.
De plus, ce groupe est souvent assez homogène. Le premier objectif
à atteindre sera à la fois d'élargir et de diversifier la problématique
initiale et la composition du noyau de départ. Ce double objectif
peut être poursuivi par le biais d'une première approche, d'un diagnostic
rapide visant à mieux appréhender le territoire dans sa globalité.
La collecte des informations utilisées pour cette première approche
ne nécessite pas un gros travail d'investigation. Elle peut par
exemple s'appuyer sur la documentation disponible, sur des discussions
avec des leaders d'opinion et des personnes clés des différents
secteurs socio?économiques, sur les analyses que les organismes
professionnels ou les associations ont produites au sujet du territoire,
mais aussi sur l'avis de quelques " personnes ordinaires "...
Une dynamique de réflexion et de discussion
Cette première approche devra être conduite de manière à créer
une dynamique locale de, réflexion et de discussion. A ce
stade, il ne s'agit pas encore de poser un diagnostic mais d'explorer
les axes possibles d'une mobilisation. Ainsi, les premiers échanges
pourront porter sur : les ressources locales qui semblent
être mal ou insuffisamment valorisées ; les catégories sociales
et les secteurs géographiques pour lesquels un effort de développement
semble plus particulièrement s'imposer ; les problèmes auxquels
une démarche de développement veut s'attaquer en priorité ; les
objectifs de développement que pourrait se donner le territoire
dans son ensemble ; les forces de changement qu'il serait
intéressant d'approcher dans le cadre de la construction du partenariat.
Cette liste n'est évidemment pas limitative. Un thème important
mérite d'ailleurs d'y être ajouté : celui de l'organisation et
des limites du pouvoir local et, plus précisément, des processus
de décision qui seront mis en ceuvre lorsque le déroulement
de la démarche obligera à fixer des priorités et à faire des choix.
Si un tel examen préalable n'est pas réalisé et que les décisions
finales ne relèvent en fait que de telle assemblée locale, voire
de telle instance extérieure au territoire, ceux qui participent
au lancement de la démarche risquent de se sentir dépossédés du
fruit de leurs réflexions et de se décourager.
Dans tous les cas, la question des processus de décision est fondamentale
et doit être traitée tout au long de la démarche. C'est notamment
à travers une grande transparence de ces processus que le groupe
de développement construira sa crédibilité.
Ce qu'il faut savoir pour être efficace et mobiliser
Le diagnostic d'un territoire cherche à établir ce qu'il faut
savoir sur ce territoire.
Des données indispensables
Chaque type de territoire amène à s'intéresser à des domaines spécifiques
d'information. Des domaines plus généraux seront en revanche traités
dans tous les diagnostics. Citons notamment : les contraintes et
les atouts géologiques et géographiques ; les spécificités historiques
et culturelles ; les données et les tendances démographiques ; la
structure, l'organisation et les évolutions en cours de (économie
locale ; l'évolution du marché du travail ; les projets innovants
qui s'ont d'ores et déjà envisagés ou portés par certains acteurs
locaux ; l'analyse du cadre institutionnel de la région concernée,
notamment sous l'angle des compétences territoriales ; l'analyse
du niveau d'équipement en infrastructures et services ; des détails
sur la composition des ménages, sur les niveaux de revenus, sur
les habitudes de consommation, etc.
Tous ces domaines n'apparaîtront pas forcément en tant que tels
dans le diagnostic qui sera finalement élaboré : seuls devront être
présentés les informations les plus importantes et les éléments
saillants permettant d'orienter la démarche de développement.
Nous ne sommes pas les premiers
L'inventaire des points à analyser doit être complété par un inventaire
des études et des enquêtes qui ont d'ores et déjà été produites
au sujet du territoire concerné. Dans un même ordre d'idée, une
bonne exploitation de la presse locale, de quelques publications
spécialisées et des centres de documentation de la région permet
souvent d'obtenir une riche moisson de données et d'analyses.
Une connaissance dynamique les énergies et les freins
Sur la base des éléments d'information qui ont été rassemblés,
il s'agit maintenant de mener une analyse mettant en lumière les
principales dynamiques à l'oeuvre sur le territoire. Ce diagnostic
doit notamment faire apparaître clairement : les faiblesses et les
atouts du territoire ; les tendances de fond en ce qui concerne
la démographie, l'économie, le logement, la vie sociale et culturelle...
; les principaux problèmes ressentis par l'ensemble du territoire
(manque d'infrastructures, inadaptation de l'appareil de formation,
faiblesse des services aux particuliers ou aux entreprises...) ;
les catégories de population les plus touchées par des problèmes
sociaux ou économiques ; les zones du territoire souffrant de problèmes
particuliers et celles présentant un dynamisme remarquable ;les
différentes opportunités, notamment économiques ;les initiatives
et les projets porteurs d'innovation ;les " verrous " qu'il s'agit
de faire sauter et, en conséquence, les principaux programmes qu'il
serait nécessaire de conduire en matière d'infrastructures, dans
le domaine social, économique, culturel ; les ressources que nécessiteraient
de mobiliser ces différents programmes ; les ressources qui peuvent
être mobilisées sur le territoire et à l'extérieur au profit de
ce territoire.
Le diagnostic inventorie en outre ce qu'il faudrait faire et
ce qu'il est envisageable de faire, mais il ne tranche pas les
éléments qu'il apporte serviront ensuite à arrêter une stratégie.
L'objectif du diagnostic n'est pas de produire une montagne de
documents, mais il ne faut pas non plus se contenter de quelques
données éparses et plus ou moins fiables.
Même dans le cas où ce diagnostic est réalisé sur une période très
courte, il est souhaitable que des communications provisoires (par
voie de presse, au cours de réunions thématiques ou de réunions-débats
plus larges...) soient périodiquement organisées et soient accompagnées
d'appels à contribution. Ceci ne peut qu'enrichir l'analyse, mais
permet également d'utiliser l'élaboration du diagnostic comme une
occasion d'impliquer la population dans la démarche. En particulier,
cette manière de faire invite à construire une vision collective
du territoire.
Acteurs locaux et experts extérieurs
Dans de nombreux cas, des acteurs locaux peuvent tout à fait se
charger de réaliser un travail d'enquête complémentaire, au sein
du territoire concerné ou par le biais de voyages d'étude réalisés
dans d'autres régions ou dans d'autres pays. Une telle participation
active renforce bien évidemment la mobilisation du territoire et
améliore souvent la compréhension locale des questions abordées.
Tout comme dans la phase de diagnostic rapide, cela ne signifie
pas que le recours à des intervenants extérieurs doive être exclu.
Ils sont par exemple susceptibles de réaliser rapidement des analyses
de qualité et d'élargir avec pertinence le champ d'investigation
qui leur était initialement proposé. De même, ils peuvent faire
bénéficier le territoire de leurs réseaux de relations. Enfin, certains
éléments du diagnostic nécessitent une expertise indiscutable. Il
ne devrait en effet pas être question de mobiliser des moyens collectifs
et d'engager des personnes dans des projets plus ou moins lourds
en ne s'appuyant que sur une rapide étude de faisabilité
technico-économique
: une telle option ne doit pouvoir être prise que si l'existence
d'un marché suffisamment rémunérateur est soigneusement vérifiée.
En résumé, le rapport avec les " experts extérieurs ~> demande
à être réfléchi très tôt. Il faut arriver à profiter de leurs compétences
tout en évitant que leurs interventions tendent à déposséder les
acteurs locaux de la conduite des opérations ou que leurs intérêts
propres mènent à des résultats ne correspondant pas aux attentes
du groupe. Un certain équilibre semble pouvoir être atteint quand
l'animation globale du projet reste exclusivement du ressort du
groupe d'initiative et quand l'appel à des appuis extérieurs permet
de se doter de capacités d'expertise indispensables à la bonne fin
de la démarche de développement. Enfin, on ne saurait trop recommander
le recours à des cahiers des charges détaillés précisant les tâches
et les produits de l'opération d'acquisition d'expertise : la phase
de pré?diagnostic devrait permettre aux groupes de maîtriser ce
type d'outils.
Bâtir une stratégie
La construction d'une stratégie ne se limite pas au choix des priorités
d'action : elle doit également hiérarchiser les cibles visées, déterminer
les voies qui seront emprunter, identifier les alliances prioritaires,
esquisser une programmation dans le temps...
Le territoire qu'on voudrait ....
La population d'un territoire donné doit certes tenir compte des
contraintes qui lui sont imposées, mais elle doit aussi pouvoir
décrire le territoire tel qu'elle voudrait qu'il soit, par
exemple dans dix ans. Pour être utile, ce travail de prospective
doit être compléter par la mise au point d'une stratégie
: il s'agit alors de se mettre d'accord sur ce qu'il faut faire
pour arriver à la situation espérée.
Cette stratégie doit fixer au projet de développement : ses objectifs
prioritaires ; ses cibles prioritaires (en termes de catégories
sociales, de secteurs économiques, de zones géographiques...) ;
les grandes lignes d'un mode de répartition, entre ces objectifs
et ces cibles, des ressources disponibles ou envisagées (ressources
financières, capacité d'animation, moyens techniques...).
L'élaboration de cette stratégie s'appuie bien évidemment sur les
données et les analyses fournies par le travail de diagnostic. Mais
il s'agit bien d'une élaboration et non pas d'un simple choix entre
diverses options suggérées : la stratégie fixe des priorités mais
elle doit également chercher à susciter des synergies, des passerelles
entre différents secteurs socio-économiques ou géographiques, des
effets d'entraînement... En clair, elle ne peut en aucun cas se
réduire à un catalogue d'actions ponctuelles mais doit au contraire
proposer une dynamique globale et intégrée pour le développement
de l'ensemble du territoire.
Par ailleurs, l'identification des priorités doit être accompagnée
d'indications précises portant par exemple sur : les catégories
d'acteurs locaux sur lesquelles la démarche pourrait plus particulièrement
s'appuyer ; l'instance ou les instances qui pourraient être chargées
de mettre en oeuvre chacune des priorités ; les modalités de travail,
de consultation, de prise de décision, etc., de ces différentes
instances ; les alliances et les appuis qui seront recherchés, à
l'intérieur ou à l'extérieur du territoire ; le calendrier envisagé
pour l'exécution de chacune des priorités.
Du groupe d'initiative à la validation des acteurs locaux et
au soutien des personnes extérieures
Cette stratégie établit des arbitrages entre différentes priorités
envisageables. Son élaboration doit donc être conduite par un
groupe d'initiative dont la légitimité soit la plus forte possible.
En particulier, plus la composition de ce groupe sera diversifiée,
moins cette légitimité pourra être contestée. En outre, une très
grande transparence dans le choix des priorités stratégiques
doit, tout au long du processus, garantir que l'objectif ultime
du groupe de pilotage est bien de contribuer au développement de
l'ensemble du territoire. Une information régulière sur l'avancée
des travaux et le recueil d'avis autorisés peuvent utilement contribuer
à cette transparence.
En tout état de cause, la stratégie doit être largement validée
par les acteurs locaux avant de pouvoir être considérée comme
adoptée. Les modalités d'une telle validation peuvent être fort
variées. Elles peuvent, par exemple, revêtir la forme d'un contrat
solennel ou d'une charte de principes cosignés par des élus, des
représentants socio-professionnels, des responsables associatifs...
Autant que possible, le principe d'un soutien, voire des engagements
très précis doivent être tout aussi explicitement obtenus de la
part des principaux partenaires extérieurs au territoire. Une telle
approbation, dont la forme est nécessairement différente de celle
des acteurs locaux, permet notamment de s'assurer que le développement
du territoire concerné peut s'inscrire dans une dynamique plus large.
Programmer
Pour conduire une démarche de développement, il ne suffit pas de
lui fixer des objectifs et des priorités : il est tout aussi important
de préparer sa mise en oeuvre.
Programmer sur le long terme
Cette mise en oeuvre se traduira par un travail d'information et
d'animation, mais aussi par l'ouverture de lignes de crédit, par
le lancement de chantiers de construction, par le conventionnement
d'organismes sociaux ou d'organismes de formation, par des appels
à projets individuels...
La programmation des actions concrètes devra donc traduire le plus
exactement possible les options stratégiques retenues. Quelques
bémols peuvent cependant être apportés à ce principe général : certaines
actions jugées très prioritaires devront pourtant attendre que toutes
les conditions nécessaires à leur mise en route aient été remplies
(construction d'infrastructures, formation de personnels compétents...)
; des actions peu prioritaires peuvent néanmoins être programmées
assez tôt parce qu'elles concernent beaucoup de monde, ce qui permettra
d'entretenir une dynamique favorable à l'ensemble de la démarche
; d'autres actions seront en revanche repoussées dans le temps parce
que, plus délicates à conduire, elles peuvent ne pas déboucher sur
un succès complet, ce qui risquerait de porter préjudice à la démarche.
En résumé, tout ne se fera pas en même temps. En conséquence,
pour programmer la première année de travail, il faut commencer
par établir un programme... pour cinq ans
Un programme pour la première année
Une fois que ce cadre général a été établi, une programmation plus
précise doit être élaborée pour la première année.
Elle devra par exemple mélanger : des actions jugées très prioritaires
et dont les effets seront rapides ; des actions destinées à durer
dans le temps, qui fourniront ainsi un des fils conducteurs de la
démarche de développement ; des actions concernant un grand nombre
de personnes ; quelques actions pouvant facilement être mises en
valeur sur un plan médiatique ; des actions plus difficiles à conduire,
mais qui n'auraient en aucun cas vues le jour si la démarche n'avait
pas été entreprise ; etc.
En bref, la programmation de la première année devra être fixée
de manière à ce que la démarche d'ensemble soit perçue comme étant
ambitieuse, innovante, mobilisatrice, efficace, inscrite dans le
long terme... Enfin, autant que possible, elle devra assurer un
certain équilibre entre les zones géographiques et entre les publics
jugés prioritaires.
Cette équipe de pilotage et de mise en oeuvre de la démarche sera
rapidement amenée à s'interroger sur le cadre législatif dans lequel
elle compte agir. A travers cette question se trouve en fait posée
la double question de la légitimité et de la conduite de la démarche
: l'équipe de pilotage est?elle représentative du territoire concerné
et a?t?elle vocation à proposer des arbitrages entres des intérêts
locaux divergents ?
La construction de l'équipe, son inscription dans le
paysage institutionnel local, son acceptation comme interlocuteur
valable par les partenaires extérieurs au territoire et son rodage
en tant qu'outil d'animation et' de décision représentent autant
de tâches préliminaires qui ne devront pas être négligées pour que
la démarche de développement ait une chance d'être un succès.
Comment démarrer les six premiers mois ?
Une fois que les objectifs ont été fixés et que les actions ont
été programmées... le plus gros reste encore à faire ! II faut en
particulier trouver comment s'y prendre pour démarrer.
Pas de panique !
Ceux qui ont été à l'origine d'une démarche de développement local
tiennent fréquemment à avertir les " novices " : au début, c'est
le chaos ! Il faut à la fois se trouver un local, prendre contact
avec des représentants de l'administration, réfléchir au moyen d'assurer
les premières payes du chargé de mission, organiser des ? réunions
d'information, répondre aux demandes de rencontre formulées par
des responsables locaux, organiser un minimum de secrétariat...
Il faut se donner des priorités, donc reporter à plus tard certaines
tâches, en s'assurant autour de soi que les priorités retenues sont
les bonnes.
Par ailleurs, la tentation peut être forte de se doter rapidement
de plusieurs chargés de mission. Mais attention, une montée en puissance
trop rapide débouche fréquemment sur une situation encore plus difficile
à gérer. Mieux vaut intégrer progressivement de nouvelles personnes.
Un bon réflexe dans ce genre de situation est de chercher à en
discuter avec d'autres structures ayant connu des difficultés semblables.
Cela est notamment possible dans le cadre de réseaux.
Ne pas abandonner " le terrain "
De l'organisation de ces six premiers va dépendre une grande partie
de l'image que vont avoir de la démarche la population locale ainsi
que les partenaires locaux et extérieurs. Une des priorités devra
donc être de soigner les relations de l'équipe de pilotage
avec ces différents interlocuteurs. En particulier, toutes les personnes
précédemment associées à la définition de la démarche doivent être
recontactées. Enfin, une stratégie de communication sera nécessaire
pour expliquer d'une part que les choses se mettent en place et,
d'autre part, qu'elles s'inscrivent dans la durée.
Le risque est que les acteurs locaux ne se sentent plus impliqués
dans le déroulement des opérations. Pour éviter cette dérive, l'équipe
de pilotage doit continuer à solliciter des avis, des idées, des
projets...
Rendre des comptes et rendre compte
Enfin, une autre priorité de ces six mois est de se doter de
règles de fonctionnement les plus limpides possibles. Les sommes
et les enjeux politiques que représente un projet de développement
local imposent que chaque décision puisse effectivement être justifiée.
Aussitôt que possible, des principes et des mécanismes de décision
doivent être définis et rendus publics, notamment pour tout ce qui
relève : de l'embauche de salariés (critères d'embauche,
composition de la commission d'embauche, recours possibles, programmation
des embauches...) ; du traitement des demandes de financement
(règles de conformité des dossiers, modalités d'examen de leur
contenu, instance de décision, publicité des décisions...) ; des
achats réalisés par la structure d'animation (définition
d'un plafond pour les dépenses effectuées sans accord préalable
d'une instance de contrôle, modalité de ce contrôle...).
De manière générale, il est préférable que tous les processus de
décision aient des comptes à rendre publiquement ou devant une instance
de contrôle.
Alain CHANARD
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