L'enjeu des services de
proximité en milieu rural
Au moins trois raisons militent en faveur du
développement des services de proximité en milieu rural.
* Il n’est plus guère possible de distinguer
les attentes et aspirations des ruraux de celles des urbains. Ainsi,
les territoires ruraux ne se situent pas à l’écart d’une
tendance générale à la tertiarisation des activités et à
« l’achat de temps » (par exemple, les plats
préparés sont de plus en plus souvent préférés aux légumes à
éplucher). De plus, qu’ils soient « de souche » ou
« néo-ruraux », ceux qui vivent à la campagne n’ont
aucune raison d’être moins exigeants que d’autres sur la
qualité de l’enseignement, des activités périscolaires, des
prestations médico-sociales, des manifestations culturelles, des
transports, des télécommunications...
* Par ailleurs, les nouveaux résidents qu’accueillent
nombre de territoires ruraux sont souvent très demandeurs de
services de proximité. En effet, ces nouveaux arrivants comptent
des proportions importantes de retraités et de jeunes parents
continuant à travailler en ville. Cependant, les foyers à la fois
aisés et demandeurs de prestations ne sont pas seuls à migrer vers
la campagne : moins bien lotis financièrement et ayant plus
particulièrement besoin de certains types de services (dans les
domaines de l’emploi, de la formation des adultes, de l’aide
sociale, de l’aide à la mobilité...), des chômeurs, des RMistes
ou des mères isolées se trouvent plus ou moins « exclus de
la ville » ou bien estiment avoir plus de chances de s’en
sortir en milieu rural.
* Enfin, outre cette fonction d’accueil
permanent, le milieu rural ne cesse de voir croître sa fonction d’accueil
temporaire. Cette réalité est bien connue dans sa dimension
touristique, mais elle est également importante dans un registre
socio-sanitaire.
L’inquiétude des maires
En 1996, Mairie-conseils (CDC) a exploité les
réponses de 1 050 maires de petites communes qui avaient répondu
à un questionnaire portant sur le thème des services. 56% d’entre
eux jugeaient que, dans leur commune, ces services étaient
« juste suffisants », 26% les estimaient « plutôt
insuffisants » et 3% « tout à fait
insuffisants ». De manière générale, il ressortait qu’une
commune est d’autant moins satisfaite des services en milieu rural
qu’elle possède peu d’habitants.
Les services que les maires redoutent le plus de
voir disparaître localement sont, par ordre décroissant, la poste
(21% des maires ayant répondu), un commerce (11%), une gare
ferroviaire (11%), une école primaire (9%), un hôpital (7%) et un
bar (3%).
Par ailleurs, les services qui, d’ores et
déjà, font le plus défaut aux habitants de la commune sont un
commerce (28%), des moyens de transports collectifs (19%), des
dispositifs de soins aux personnes âgées (10%), une crèche ou une
garderie (7%), des équipements sportifs (5%), une pharmacie (5%) et
un foyer pour les jeunes (4%).
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