La lettre de la campagne n° 7

Action Sud
Les Centres d'Education au Développement au Mali

Au Mali, les enfants de 6 à 15 ans sont encore majoritairement non scolarisés, malgré les progrès considérables faits par ce pays dans le domaine de l'éducation depuis cinq ans.

Les Centres d'Education au Développement (CED), crées au début des années 90 et au nombre de 200 aujourd'hui, ont été un des éléments importants d'une évolution qui a permis notamment de doubler le taux de scolarisation.

Dès le début des années 90, dans la région de Koulitoro, à la demande des populations, le Ministère de l'Education de base a lancé le programme CED. Les populations de ces villages qui trop souvent soupçonnaient l'école de détourner leurs enfants de la religion et de leurs solidarités familiales ont en effet changé d'attitude à cette période, permettant la mise en place du programme.

Le CED fait intervenir plusieurs partenaires : le village (recrutement d'un éducateur, main d'œuvre pour la construction d'un centre, élection d'un comité de gestion), une ONG pour le financement, la formation, le suivi et l'Etat malien pour l'équipement en manuels et livrets.

La communauté villageoise choisit un groupe de trente enfants, de quinze filles et quinze garçons non scolarisés ou déscolarisés de 9 à 15 ans pour suivre un enseignement pendant quatre ans.

Le calendrier scolaire correspond aux périodes de moindres travaux agricoles en général, de décembre à mai. Un programme d'enseignement professionnel général et de formation se met en place : apprentissage de la lecture, écriture, calcul dans la langue du village avec introduction du français en seconde année ; formation professionnelle en quatrième année sous forme de modules en liaison avec les activités économiques du village.

Au Mali, plusieurs structures de développement (ONG ou "projets") appuient les CED parmi lesquelles le GREF. Le bilan des CED est positif malgré l'insuffisante implication des pouvoirs publics, le déficit en formation continue et en suivi des éducateurs ainsi que l'absence de véritables passerelles vers l'enseignement formel.

Un bilan positif

Une étude récente montre, en effet, que plus de 90% des élèves de départ ont terminé leurs études. Les filles n'abandonnent pas plus que les garçons à la différence des autres écoles.

L'implication des villageois est forte et l'on voit apparaître un noyau de jeunes " lettrés " dans les villages.

Pour l'Etat malien, le coût des CED est très limité, ce qui permet une généralisation plus massive que pour les autres écoles. Conscient de leur importance, le Président de la République du Mali, Monsieur Konaré, a lancé en novembre 1999 une campagne pour que chaque village soit doté d'un CED.

D'autres pays de la zone sahélienne comme le Burkina Faso expérimentent également des initiatives de ce type dans leur démarche vers l'éducation pour tous.