| Pour une réelle transparence des politiques et des acteurs |
Lopinion publique française reste aujourdhui fort éloignée des enjeux et priorités de lAide publique au développement. Ce maintien à distance de la société française par rapport à la politique publique peut devenir contradictoire avec la volonté den faire une société douverture ; il est porteur du risque de réduction éventuellement drastique du montant de laide, comme cela a pu se produire aux États-Unis ; il ouvre enfin la porte à toutes les suspicions sur laffairisme ou sur les financements occultes mis en ¦uvre via les voies obscures de la coopération.Le groupe thématique urbain plaide pour un débat public sur la coopération : la société française doit saffirmer comme une société douverture et la coopération internationale y jouer un rôle crucial. Nous plaidons pour une reconnaissance pleine et entière de la coopération de sociétés à sociétés. Les résolutions des Osi recommandent dorganiser le débat sur les priorités de laide. Lors de la réunion détape des Assises en juin 1997, latelier sur les coopérations publique et privée insistait sur la recherche de conditions concrètes dune mise en débat régulière de la politique publique daide, sinterrogeant sur le meilleur lieu pour un tel débat (au Parlement, au Conseil économique et social, dans une autre enceinte ?). Ce même atelier a insisté sur le fait que les citoyens, par leurs représentations, doivent pouvoir contrôler les grands choix de la politique extérieure et en particulier les objectifs de laide au développement.
Aujourdhui, les budgets des ministères concernés sont présentés au Parlement. Ceci napparaît pas suffisant pour que la représentation parlementaire sapproprie les enjeux de lApd. Un débat parlementaire sur lensemble de lAide publique au développement est souhaité.
Sur deux points particulièrement sensibles de la politique publique touchant lun aux garanties à lexportation et lautre aux autorisations dexportation darmes, la contribution de Agir Ici suggère :
- un contrôle parlementaire des ventes darmes qui pourrait reposer sur : un système dinformation et de contrôle parlementaire sur les ventes darmes ; un contrôle fondé sur des critères clairement définis et publiés et tout particulièrement le critère de situation des droits de lhomme dans les pays destinataires ;
- une garantie à lexportation qui serait octroyée de façon transparente : en informant le Parlement de lusage fait des fonds publics versés aux entreprises et aux banques dans le cadre des garanties Coface (ces sommes ayant été financées par les fonds publics, il serait normal que le Parlement reçoive la liste des contrats ayant fait lobjet dune indemnisation depuis 1987) ; en ne garantissant pas les exportations de matériel. Les sommes économisées par lÉtat pourraient être en partie consacrées à la reconversion des industries darmement vers des productions civiles, ce qui contribuerait, en outre, à améliorer limage de la France sur la scène internationale.
Le même principe de transparence devrait sappliquer à chaque famille dacteurs, quelles mobilisent des fonds publics (collectivités territoriales) ou bien des fonds issus de la générosité (Osi). Les malversations de quelques-uns ont jeté une ombre de suspicion sur lensemble du mouvement associatif, contribuant à une diminution des dons. La reconquête de la confiance du public passe par une plus grande transparence, ladhésion à des codes de conduite tels que celui du Comité de la Charte, ainsi encore que la pratique accrue dévaluations et la diffusion de leurs résultats.
Pour les collectivités territoriales, laction internationale, et notamment la formation des jumelages, doit être expliquée, discutée et votée en conseil municipal, général ou régional. Un contrôle a posteriori est réalisé par le préfet de région pour sassurer notamment de laccord avec les engagements de la France. Dautre part, les pouvoirs publics et les collectivités territoriales saccordent pour faire en sorte que la Commission nationale de la coopération décentralisée soit lun des cadres favorisant une meilleure transparence et une meilleure connaissance mutuelle.