La solidarité militante du secteur associatif



Organisations de solidarité internationale

Les organisations de solidarité internationale (OSI) sont les associations sans but lucratif dont tout ou partie de l'activité est consacrée à l'expression de solidarités avec les peuples des pays du Sud ou de l'Est et plus généralement avec les populations défavorisées partout dans le monde.

Bien qu'il n'en existe pas de recensement exhaustif, on estime à environ un millier les OSI en activité aujourd'hui en France. Regroupées sous le même statut, elles n'en sont pas moins très diverses dans leur raison fondatrice, leur taille, leur ancrage dans la société française comme dans leurs activités. Elles assument toutes une fonction d'utilité sociale.

Ainsi se côtoient des associations rassemblant une poignée de bénévoles et d'adhérents autour d'un projet, et des structures plus grandes, dotées d'équipes permanentes, en charge de multiples programmes d'action. Les plus importantes parmi ces dernières peuvent avoir un exécutif de plus de cent personnes et ont généralement mis en place des délégations à un échelon plus local, de façon à rester proches de leurs militants.

Pour un certain nombre de ces associations, la solidarité internationale n'est qu'un volet de leur action. Elles sont engagées depuis des décennies sur le terrain français, en particulier dans le secteur de la jeunesse et de l'éducation populaire ou encore dans la lutte contre l'exclusion.

Ces organisations sont les instruments de l'éducation civique, bâtie sur la tolérance, le partage et le don. Elles tentent de répandre que tout homme se vaut et que, serait-il parmi les plus pauvres, le bien essentiel pour lui est contenu dans l'expression et la reconnaissance de sa dignité, selon la contribution sur les " messages de la solidarité ".

D'autres associations ont été créées dans le but premier d'exprimer une solidarité internationale. Pour une bonne part, elles se sont créées au lendemain des indépendances des pays du Sud et ont contribué depuis lors à maintenir un lien partenarial entre des groupes de citoyens en France et dans ces pays. Leur action combine le soutien à des organisations locales ou nationales et à des projets concrets de développement, avec un travail permanent de sensibilisation aux questions internationales vers l'opinion publique française.

Une nouvelle génération d'organisations est apparue plus tard, cherchant à répondre dans l'urgence à des situations de crise ou de catastrophe qui mettaient en péril des populations entières.

Les moyens de la solidarité

Pour agir, les OSI ont besoin de mobiliser des ressources.

Ressources humaines d'abord : on peut estimer à 1.400 salariés et 12.000 bénévoles le nombre des permanents et militants actifs au service du milieu associatif, tant pour " dire la solidarité " que pour " agir en coopération ". Ce volontariat est la base des actions de solidarité, et les organisations de solidarité internationales témoigne de la vitalité de la société française dans cet engagement volontaire.

A ceci s'ajoute la contribution d'autres " volontaires " de la solidarité internationale, ceux qui s'expatrient dans le cadre des projets des OSI. Agents de la solidarité sur le terrain, ils sont ensuite appelés à devenir des relais d'information quand ils s'insèrent, à leur retour, dans la société française.

Ressources financières ensuite : les OSI collectent une part de leurs ressources auprès du grand public. En 1994, selon une estimation de la Commission Coopération Développement, leurs ressources privées, incluant diverses formes de collecte, se sont élevées à 1.8 milliard de francs. A quoi s'ajoutent, selon un principe de cofinancement, des ressources provenant des Pouvoirs Publics français mais aussi de l'Union Européenne ou des organisations multilatérales, qui portent leurs ressources globales à un minimum de 3.2 milliards de francs.

Agir, informer et interpeller

Au-delà de la diversité de leurs formes d'engagement, les OSI veulent répondre à une double finalité : promouvoir la solidarité internationale et agir pour apporter une aide concrète aux plus démunis ou en soutien aux populations menacées.

Dans leur projet de résolutions, elles précisent ainsi leur mandat :

Les OSI occupent un champ spécifique : elles expriment une solidarité collective aux sociétés du Sud et de l'Est face à leurs propres dysfonctionnements et aux mécanismes internationaux qui tendent à les marginaliser. Ce mandat se traduit dans un double rôle :

Ou encore, selon le groupe thématique " mondialisation et développement local ", davantage que quiconque à la charnière entre les enjeux mondiaux et l'action locale, les OSI entendent faire valoir de façon rigoureuse des points de vue de militants et de professionnels du développement.

Pour remplir leur mission, les OSI assurent individuellement ou collectivement trois rôles principaux : agir en solidarité et en coopération, dire et éduquer à la solidarité, exercer un rôle de vigilance permanente et de force de proposition.

Engagées dans le soutien aux populations du Sud et de l'Est, les associations cherchent en fait à répondre aux priorités dictées par des contextes de crise ou de mal développement. C'est l'assistance d'urgence en cas de catastrophe naturelle ou de guerre. C'est aussi l'appui à des processus de développement qui répondent aux besoins essentiels des populations. Une plus grande équité dans l'accès aux services de base pour tous apparaît comme un impératif absolu, et les OSI veulent y contribuer en prenant le parti des plus pauvres et des plus marginalisés.

Les OSI revendiquent un rôle de premier plan pour sensibiliser, informer et former l'opinion publique française sur les questions de solidarité internationale. Elles en sont des vecteurs importants, du fait de leur nombre, de la mobilisation de leurs militants, de leur implication dans les réseaux d'enseignement et d'éducation populaire. Ainsi, elles sont à l'origine d'un flux continu d'initiatives en particulier vers un public de jeunes.

On les trouve aussi mobilisées pour des campagnes collectives d'information et de dénonciation. Parmi les plus récentes, rappelons la mise en garde des consommateurs et des entreprises sur les conditions de travail et de production issues de la délocalisation (notamment pour les enfants), la campagne pour l'arrêt de la fabrication de mines antipersonnel, ou encore la sécurité alimentaire pour tous. Ces campagnes sont prolongées par des pressions (actions de " lobbying ") auprès des États ou des organisations multilatérales.

L'organisation des associations pour la solidarité internationale

La multiplicité des OSI est une spécificité bien française. Elle présente des atouts indéniables, en particulier par un effet de proximité : tout le monde peut trouver, non loin de chez lui, une ou plusieurs associations de solidarité, et celles-ci peuvent sans grande difficulté trouver un public et l'engager autour d'actions concrètes.

En contrepartie, cette multiplicité est aussi source d'émiettement des énergies et des actions, voire de contradiction. D'où la nécessité ressentie de trouver des formes d'organisation et de représentation plus unifiée de ce milieu composite, via des collectifs et coordinations. Ce processus est en cours au niveau national, avec Coordination Sud et le Closi. Le processus des Assises a démontré la nécessité qu'il s'engage aussi à un niveau plus régional.

Les petites associations comme les plus grandes se sentent concernées

De fait, cette organisation à un niveau régional ou local est déjà largement entamée. A titre d'illustration, voici les extraits de la contribution d'un collectif rhône-alpin (le CADR) qui rassemble de "petites" OSI de cette région :