Pourquoi ces Assises ?



L'évolution du monde, au cours des dernières décennies, a amené de profondes transformations dans le domaine de la coopération et de la solidarité internationale. Ces changements appellent des comportements nouveaux, y compris dans les pays dits développés, et des décisions politiques à la mesure des enjeux.

Coordination SUD, le Comité de Liaison des Organisations de Solidarité Internationale (CLOSI), Cités Unies France (CUF), l'Assemblée des Présidents de Conseils Généraux (APCG) et le Comité Français pour la Solidarité Internationale (CFSI), cinq réseaux représentant l'ensemble des acteurs de la coopération non gouvernementale et décentralisée, ont proposé aux Pouvoirs Publics la tenue d'Assises de la Coopération et de la Solidarité Internationale, dont l'objet est d'aboutir, après un travail en profondeur au sein de chaque réseau, à la présentation d'un message politique, fondé sur un corps de concepts communs et à la formulation de propositions pour adapter et renouveler les pratiques de la coopération.

En 1996, le Ministre délégué à la Coopération, Jacques Godfrain, a apporté son soutien à cette initiative et a demandé à Jacques Pelletier, Médiateur de la République, ancien Ministre de la Coopération, d'organiser la concertation avec les différentes autorités et institutions concernées à divers titres par la politique française d'aide au développement afin de conduire les initiatives des multiples acteurs sociaux et économiques vers une manifestation finale.

Au mois de juin 1997, Hubert Védrine, Ministre des Affaires Etrangères et Charles Josselin, Secrétaire d'Etat à la Coopération, ont confirmé ce soutien au processus engagé en précisant qu'il concourrait efficacement à la réflexion qu'ils engageaient eux-mêmes - sous l'autorité du Premier Ministre -, en vue d'une refondation de notre politique de coopération, qui devra porter aussi bien sur ses objectifs et ses méthodes que sur les instruments de sa mise en oeuvre.

Le projet gouvernemental associera la représentation nationale et veillera à procéder à d'amples consultations. Ses grandes lignes devraient être arrêtées début 1998.

Il n'était donc pas possible de proposer aux rédacteurs du Livre Blanc, qui ont travaillé au cours de l'été1997, autre chose que des informations très générales sur les principes de la politique à venir.

Trois enjeux, partagés par tous les acteurs, ont motivé cette démarche d'Assises : la nécessité de situer les questions de développement dans un contexte général marqué surtout par la mondialisation des échanges économiques et financiers et la réflexion sur le développement durable ; le besoin d'améliorer la réponse des coopérations publiques et privées par une meilleure écoute des besoins et de la demande des sociétés civiles, des collectivités locales et des Etats partenaires ; le souci de mieux articuler le public et le privé, le local et le national, le non gouvernemental et le gouvernemental, le bilatéral et le multilatéral.

Ses initiateurs ont fixé aux Assises trois objectifs :