D'autres acteurs interviennent




Les syndicats

Cinq syndicats associés au CFSI ont apporté leur contribution aux Assises : il s'agit de la CFDT, la CFTC, la CGC, la FEN et de FO. Cette contribution vise à promouvoir une coopération au développement solidaire à l'ère de la mondialisation. Le mouvement syndical s'inscrit dans l'esprit du sommet du développement social de Copenhague et entend avec tous ceux qui sont attachés à ses objectifs peser en faveur de :

La politique de coopération syndicale repose sur une stratégie d'acteurs permettant à l'ensemble des actifs et de leurs organisations d'être les acteurs du développement au niveau local et national et d'être des forces au service de la démocratie ; s'appuie sur la dimension européenne comme levier décisif d'une action syndicale efficace ; est une composante essentielle de sa politique nationale et internationale et vise à renforcer le mouvement syndical mondial démocratique.

Les grandes priorités d'action sont définies ainsi :

Les organisations agricoles : l'échange entre les agriculteurs, acteurs de leur propre développement

Les organisations professionnelles agricoles (OPA) ont participé au débat des Assises par l'intermédiaire de l'AFDI (Agriculteurs Français et Développement International).

Leur contribution insiste sur la place dominante de la paysannerie et du monde rural dans les pays en développement et de l'enjeu alimentaire, à côté des nouvelles approches et considérations qui mettent aujourd'hui l'accent sur l'action en milieu urbain, l'enjeu environnemental ou encore la lutte contre la pauvreté.

Tirant sa substance de la pratique du métier, de l'organisation professionnelle et de la relation avec l'Etat, la coopération des agriculteurs français se réalise au travers de l'échange entre les agriculteurs, acteurs de leur propre développement.

Il s'agit d'une coopération originale fondée sur une pratique et une expérience professionnelles : de façon certaine, il n'existe pas d'autre " corps de métier " ou de profession qui, autant que la profession agricole, puisse faire valoir un engagement collectif en matière de coopération. C'est ce qui fait l'originalité du mouvement AFDI, mais aussi parfois la difficulté de communiquer aux autres acteurs de la coopération la spécificité d'une action avant toute chose fondée sur l'échange et le témoignage d'expériences professionnelles. C'est de cette pratique que découle la démarche globale de soutien à la professionnalisation agricole dans les pays en développement dont il conviendra de rappeler les deux axes : reconnaissance du métier d'agriculteur ; autonomie et responsabilité à travers l'organisation professionnelle.

L'économie sociale : une certaine façon de concevoir le développement

L'implication des mouvements coopératifs et mutualistes dans l'aide aux pays en développement trouve son origine et sa raison d'être dans leur éthique. Fondées en France, il y a plus de cent ans, les coopératives et mutuelles ont contribué au développement économique et social de notre pays. Les principes de ces organisations leur font un devoir d'aider les pays en développement par l'assistance à la promotion d'institutions de type coopératif ou mutuel aptes à contribuer au développement économique et social de ces pays.

L'engagement des organisations coopératives et mutualistes se traduit essentiellement par la mise à disposition d'experts sur les projets qu'elles mènent dans les pays concernés. Certaines détachent des cadres sur place pour des missions longues. Elles oeuvrent prioritairement à la formation des dirigeants de structures en création, de manière à les rendre autonomes. Elles contribuent dans bien des cas au financement des phases initiales.

Ces organisations coopératives et mutualistes ne sont pas dans une problématique commerciale, mais ont une démarche de solidarité. Par leur contribution, elles donnent la préférence au développement économique et social d'une région, autocentré sur les communautés urbaines et villageoises existantes. En particulier, l'encouragement des organisations coopératives à créer des coopératives d'épargne et de crédit répond aux problèmes que rencontrent les populations pour sécuriser leur épargne et pour financer leur activité d'agriculteur, d'artisan ou de petit entrepreneur.

Membres d'organisations mutualistes et coopératives internationales, ces organisations françaises, avec d'autres organisations de même nature dans les pays du Nord, entendent s'impliquer dans la promotion d'entités économiques et sociales indépendantes, gérées démocratiquement, qui permettront la promotion des populations, notamment en Afrique.

On constate d'ailleurs que les coopératives de cette fin de siècle, débarrassées des excès de l'intervention des Etats qui ont terni leur image dans certains pays du Sud, sont aujourd'hui des éléments essentiels de l'émergence des sociétés civiles que l'on observe dans nombre de pays en développement.

Les entreprises

A l'heure de la mondialisation les entreprises ont bien entendu un rôle de plus en plus considérable à jouer dans les relations entre la France et les pays du Sud.

Au-delà des traditionnelles relations commerciales, des investissements passés ou présents, des décisions de délocalisation ou des actions de mécénat, on voit apparaître depuis quelques années de nouvelles expériences intéressantes où l'entreprise, tout en conservant sa logique économique, prend en compte d'autres objectifs.

Des démarches de compagnonnage fondées sur un partenariat entre PME/PMI du Nord et du Sud sont apparues. Le " réseau de l'entreprise " créé il y a plus de deux ans a déjà cent projets en cours de réalisation entre sept régions de France et neuf pays d'Afrique.

De même des grands groupes privés installés sur place ont tenté des expériences d'essaimage d'entreprises pour faire reprendre certaines de leurs activités par de petites structures locales. Ce type d'expérience pourrait être développé si des structures de financement adaptées étaient mises en place.

Le partenariat entre entreprises et OSI est sûrement appelé à se développer de plus en plus. A une époque où la concurrence est de plus en plus vive et où il n'y a plus de grands marchés réservés, les intérêts d'une entreprise et les buts d'une OSI peuvent coïncider sur un projet déterminé. La bonne connaissance de la population par une OSI peut-être un élément déterminant du succès pour un projet d'infrastructure lorsqu'une étude d'impact socio-économique est demandée.

Les projets de coopération internationale sont aussi un moyen de mobiliser les salariés et de créer une dynamique positive au sein de l'entreprise. Les clubs CODEV créés par des salariés d'EDF sont une illustration de ce type de démarche tout à fait positive.

D'autres organismes publics mènent des actions très intéressantes. Par exemple, grâce à un prélèvement d'un centime par m3 consommé, le syndicat des Eaux de l'Ile de France finance et apporte son appui technique à la réalisation de réseaux d'eau potable, en Afrique, au Viêt-nam et au Cambodge, dont la gestion est assurée avec des ONG locales. Les intéressés participent au financement et assurent la maintenance, mais bénéficient de l'assistance technique du Syndicat de l'Ile-de-france (notamment pour la formation des agents). L'Agence des eaux de Seine Normandie commence une action du même type ; il s'agit là d'une voie qui peut être bien davantage suivie.

Certaines organisations d'entreprises développent aussi une politique de coopération. Au travers la Conférence permanente des campagnes consulaires africaines et françaises (CPCCAF) les Chambres de Commerce et d'Industrie françaises apportent leur savoir-faire à leurs homologues africaines afin qu'elles puissent se réorganiser et devenir de véritables structures représentatives du secteur privé local et offrir des services essentiels aux entreprises.

Les participants aux Assises de Rhône Alpes ont par ailleurs particulièrement apprécié l'intervention d'un représentant de la CGPME (Petites et Moyennes entreprises), appelant à une collaboration avec tous les acteurs locaux de la solidarité pour préparer des voyages d'information dans des pays tiers.

Les migrants et leurs associations : acteur réel mais méconnu

Outre leurs activités d'insertion et de sensibilisation en France, les migrants et leurs associations font beaucoup pour améliorer les conditions de vie et soutenir les initiatives dans leurs zones d'origine. Leurs transferts financiers annuels, difficiles à estimer, sont évalués par certains à près de 6 milliards de francs, c'est à dire un montant très significatif au regard d'autres aides privées ou même du montant de l'aide publique.

Leur reconnaissance totale en tant qu'acteurs de la coopération ne leur est pourtant pas acquise et ils ont difficilement accès aux ressources de l'aide publique.

Un certain nombre d'associations de migrants ont participé aux Assises régionales, elles ont pu faire entendre leur voix et leur spécificité. Ainsi, aux Assises du Nord Pas-de-Calais, des associations de migrants ont demandé à être associées à la définition, au montage et à la mise en oeuvre des programmes de développement concernant leurs régions d'origine, ce qui pose le problème d'une expression organisée de leur part. Reste encore à cette voix d'être reconnue en tant que telle. Ce sujet sera repris plus loin (voir les " chantiers pour demain ").