LA MUTUALITÉ FRANÇAISE (FNMF) ET LES POLITIQUES DE
COOPÉRATION ET DE DÉVELOPPEMENT





Les réflexions qui vont suivre sont nées de nos expériences (encore récentes) dans les pays en développement de l'Afrique de l'Ouest francophone (plus particulièrement Mali et Sénégal).

Les mutuelles réunies dans la Fédération Nationale de la Mutualité Française ont cependant une activité de coopération internationale en direction des pays de l'Europe de l'Est (Pologne, Hongrie, Roumanie) des pays de l'ex-Union Soviétique ainsi que des pays en reconstruction (Liban) qui ne sera pas prise en compte dans ce rapport.

I.  L'histoire et les développements récents de l'action mutualiste internationale.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les organisations dites "du tiers secteur" ou de "l'économie sociale" se sont multipliées et coordonnées en Europe.

Dotées de véritables structures et d'une législation spécifique, ces systèmes nouveaux se retrouvent unis par des objectifs ou des fondements idéologiques semblables qui sont :

la démocratie et les Droit de l'homme. Des groupes responsables oeuvrent pour le droit à la santé, à la croissance, au bien-être social ;

l'équilibre dans la solidarité. Groupements d'hommes, et pas seulement de capitaux, qui mettent en oeuvre autre chose qu'une simple redistribution des richesses.

Ces systèmes, qui confortent leur viabilité au sein des structures européennes, sont maintenant considérés comme des possibilités d'organisation dans les pays de l'Est ou en Afrique.

A partir des années 50, l'AIM, Association Internationale de la Mutualité, entreprenait une politique d'échanges et d'information réciproque avec les structures de l'économie sociale de tous les pays qui proposaient des solutions nouvelles aux problèmes sanitaires et sociaux, mais les mutuelles ou organisations semblables ne s'intégraient que rarement dans les programmes de développement Nord-Sud.

L'aide au développement était trop souvent basée sur un apport massif de capitaux qui devaient, théoriquement, susciter un formidable envol économique et, en conséquence, une extension de la démocratisation.

Les échecs notables de cette politique ont fait que depuis une dizaine d'années, au Nord comme au Sud, l'émergence du savoir-faire de l'économie sociale, le regain d'intérêt pour les actions de développement à la base et avec la base ont fait prendre conscience aux responsables du Nord et du Sud de l'efficacité d'un développement issu des principes d'une économie "différente".

Dans les années 90, les mutuelles ont été saisies de demandes d'appui émanant de l'Est et du Sud qui ont conduit le mouvement mutualiste à se situer tant avec ses partenaires européens présents et futurs que dans le contexte du développement solidaire de la planète.

II.   La cadre des coopérations mutualistes : moyens, choix, limites.

      Fondements des actions internationales mutualistes :

      Moyens :

      Les facteurs de blocage des actions de développement en Mutualité :

III.  La spécificité de l'appui au développement Nord-Sud.

Les leçons de l'Histoire nous enseignent que la politique d'aide par le don doit laisser la place à une autre forme d'aide. Le don ne peut remplacer l'élan donné par les ressources locales. Un constat, souvent fait, d'insuffisance qui pousse à stimuler les systèmes dits "informels" s'appuyant sur des groupements civils auto-organisés.

L'exemple et la réussite des caisses d'épargne et de crédit en sont témoins. Il ne s'agit pas bien sûr de prôner une réduction du volume de l'aide internationale, mais de la rendre plus efficace. Les financements importants pour le bien-être de la population d'un pays sont du ressort des Etats, comme l'aide internationale reste encore nécessaire pour appuyer les grands projets d'infrastructures, routes, ports, ...

Les particularismes des partenariats Nord-Sud en économie sociale :

  • Depuis moins de dix ans, les initiatives de type mutualiste ou coopératif se multiplient. Activités marchandes ou non marchandes, souvent en dehors de l'intervention des pouvoirs publics.

    L'imbrication économique entre P.M.E., économie informelle, entreprises publiques et secteur privé est très forte. Il n'est pas possible d'imaginer un "tiers secteur" prospère si les autres secteurs économiques privés et publics végètent.

  • La nécessité et la demande de cohésion sociale impliquent de passer par les populations elles-mêmes.

    La foisonnement d'organisations mutualistes ou coopératives n'est nullement la réplique du mouvement né en Europe à la fin du XIXe siècle.

    Même si les problèmes rencontrés sont parfois semblables - santé, épargne, vieillesse, pauvreté - les conditions socio-économiques, notamment dans le domaine des échanges internationaux et dans l'importance donnée au salariat(1) dans les sociétés occidentales, ont donné naissance à un type d'organismes originaux. Ces organismes, aux statuts souvent imprécis, ni publics, ni privés, ne sont pas les calques des organismes qui fonctionnent au Nord.

    La faiblesse économique et politique des Etats, l'insuffisance des infrastructures publiques entraînent, en Afrique comme ailleurs, une méfiance envers les gouvernements et la multiplication des actions volontaires : plus le rôle de l'Etat rétrécit, plus le dynamisme de la base s'exprime.


IV.  Souhaits et propositions pour une nouvelle donne de l'appui au développement.


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(1) La notion de salaire en Afrique doit être souvent remplacée par celle de revenus nécessaires pour vivre.


Mars 1997

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MUTUALITÉ FRANÇAISE - Aliette LEVECQUE
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