Introduction par Jacques Pelletier


Monsieur le Ministre,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Mesdames et Messieurs les Élus locaux,
Messieurs les Présidents et Mesdames,
Mes chers amis,

Permettez-moi en tout premier lieu de vous exprimer la profonde satisfaction que j'éprouve à ouvrir ces Assises de la Coopération et de la Solidarité internationale dans de telles conditions.

Vous voir aussi nombreux dans cette salle prestigieuse de la Sorbonne est pour moi et pour ceux qui m'ont aidé dans cette tâche une récompense extraordinaire du travail que nous avons fourni tous ensemble depuis de longs mois.

Je voudrais rappeler la genèse de ces Assises.

En 1995, les instances non gouvernementales représentatives des différentes composantes de notre société, rassemblées au sein du Comité français pour la solidarité internationale, constatant la nécessité d'adapter la coopération française, ont élaboré un document qui est, je pense, toujours d'actualité : il s'agit de la " Charte pour une politique française de coopération internationale cohérente, globale, participative et transparente ".

Devant l'intérêt que tous les participants ont retiré de ce travail en commun, les réseaux représentant l'ensemble des acteurs de la coopération non gouvernementale et décentralisée (APCG, Cités Unies, CFSI Coordination Sud et Closi) ont souhaité aller plus loin et réunir des Assises de la Coopération et de la Solidarité internationale avec un objectif primordial : associer plus étroitement à la définition et à la mise en œuvre de la politique de coopération de la France l'ensemble des forces sociales et des corps intermédiaires du pays, tant au niveau régional que national.

En effet, la coopération internationale fut longtemps l'affaire exclusive des États qui traitaient avec un État partenaire, lui apportant des moyens humains et financiers pour organiser, programmer, aménager. Mais la montée en puissance des ONG et des collectivités territoriales ainsi que le rôle important des entreprises ont accompagné une prise de conscience de plus en plus claire que l'État ne pouvait être à lui seul le moteur du développement d'un pays. Celui-ci suppose d'abord une responsabilisation de la société civile et des corps intermédiaires, et ce à tous les niveaux.

Dès lors, l'organisation de ces Assises permettait de mettre en lumière trois enjeux partagés par tous les acteurs publics et privés.

Premièrement, la nécessité de mieux expliquer à l'opinion publique les questions de développement dans un contexte général marqué surtout par la mondialisation des échanges économiques et financiers et la réflexion sur le développement durable. La nécessité d'une action en faveur des nations les plus défavorisées est une évidence qui est de moins en moins ressentie par la population française. Cette désaffection a de nombreuses causes : difficultés personnelles ou dans l'environnement proche, lassitude devant l'apparent manque de résultats des efforts entrepris, mauvaise communication autour des politiques mises en œuvre. Il est impératif de mieux faire partager au public le sens de nos engagements et l'importance de la solidarité internationale.

Ces Assises avaient également pour objectif le besoin d'améliorer la réponse des coopérations publiques et privées par une meilleure écoute des besoins et de la demande des sociétés civiles, des collectivités locales et des États partenaires. Nous ne sommes plus au début des années soixante où il fallait accompagner ces jeunes États qui venaient d'accéder à l'indépendance. Il faut préparer la coopération du XXIe siècle. Enfin, nous voulions créer les conditions d'une concertation accrue entre tous les acteurs. Il faut absolument réussir à mieux articuler le public et le privé, le local et le national, le non gouvernemental et le gouvernemental, le bilatéral et le multilatéral.

Depuis maintenant un an, les Pouvoirs Publics et les représentants de la plupart des acteurs non gouvernementaux engagés dans la coopération se sont mis au travail. Tout le monde s'est mobilisé, aussi bien les collectivités locales que les organisations non gouvernementales, la recherche scientifique, l'Université, le monde agricole, les organisations socioprofessionnelles ou le monde mutualiste. Ils ont entrepris une analyse et une réflexion sur leurs pratiques et ils ont tenté de définir de nouvelles méthodes tenant compte des évolutions politiques, économiques, sociales et idéologiques de ces dernières années. Toute cette dynamique a abouti à la tenue d'une dizaine d'Assises régionales de la Coopération qui ont permis la rencontre et la réflexion des divers acteurs locaux, des collectivités territoriales, des associations et des représentants de l'État.

De nombreux groupes thématiques ont également élaboré des contributions sur les grandes questions qui se posent aujourd'hui pour les politiques de solidarité internationale.

Aujourd'hui, il s'agit de conclure le processus de réflexion et de communiquer à l'opinion publique l'intérêt et le sens des engagements de chacun.

Le Livre Blanc qui suivra ces Assises synthétisera l'ensemble des réunions et des motions qui en ont découlé.

Je remercie très chaleureusement son principal rédacteur, Jean-Louis Vielajus, car je crois que ce document sera pendant longtemps une référence pour tous ceux qui s'intéressent à la coopération. Aujourd'hui je ne veux pas intervenir dans le fond des débats. Demain, à l'issue de nos travaux, j'essaierai de faire un bilan et de tracer quelques perspectives.

Mais d'ores et déjà, je pense que l'on peut légitimement dire que nous avons abouti à de très bons résultats. Les différents acteurs de la coopération ont appris, tant au niveau national, qu'au niveau régional, à se rencontrer, à parler ensemble et à échanger. Cette dynamique est fondamentale et il faudra absolument l'entretenir. C'est d'ailleurs une des raisons pour laquelle l'ensemble des personnes qui ont préparé ces Assises estime qu'il serait souhaitable d'instituer un Haut Conseil de la Coopération et de la Solidarité internationale dont un des rôles serait d'assurer et d'enrichir sans cesse ces débats entre les acteurs publics et privés de la Coopération.

Avant de vous passer la parole, je voudrais exprimer ma gratitude envers tous ceux qui ont rendu possible cette mobilisation :

Je vous souhaite de bons débats en espérant que tous ensemble nous réussirons à progresser sur la voie d'un monde plus solidaire assurant à toutes les populations un développement durable et une amélioration de leur avenir.