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L'accès solidaire et collectif au foncier

Par Jérôme Deconinck, animateur


et au bâti. En commençant ce nouveau millénaire, il est temps, je crois, de faire un tour d'horizon de ce qui nous préoccupe au sein de RELIER. Le titre de cette page " soutenons la création de nouvelles activités en milieu rural " résume bien cela. Mais comment le déclinons nous, et pourquoi RELIER tente de s'attaquer à cette question, dont tant de gens, fort professionnels, et pleins de sous, ont déjà fait le tour ...

Tout d'abord, le pourquoi ? Relier est une association, et plus précisément un réseau de ruraux. De part là, ces préoccupations sont avant tout, celles de ces membres, c'est à dire, vous... Or depuis que relier existe, c'est-à-dire bien avant que je ne soupçonne l'existence de cette question, cela a été fortement marqué par la notion d'exploitants ruraux - à l'époque, certes innovante - mais reprise, actuellement, sous diverses formes et par le plus grand nombre.

Ensuite, comment se décline maintenant la création de nouvelles activités et son soutien? On peut lister ici quelques thèmes qui sont récurrents au sein de RELIER :

Jérôme Deconinck - Animateur


En février 1998, lors des rencontres nationales de RELIER, un groupe s'est constitué afin d'intervenir activement et solidairement sur la création de nouvelles activités en milieu rural. Les outils, adaptés à cette volonté, sont le GFA et la SCI mutuels. En effet, ce sont des formes juridiques de sociétés qui divisent une propriété en parts que chacun peut acquérir pour soutenir un projet

Une quinzaine de personnes impliquées dans des GFA ou SCI, travaille sur les moyens de mettre en œuvre cette idée. Après avoir donné un cadre à ce travail en établissant une charte, ils s'attachent à :

Mais regardons maintenant le cadre que s'est donné le groupe de travail : La Charte

La Charte :

Préambule

Depuis une vingtaine d'années, des personnes, généralement non issues du milieu rural donc ne reprenant pas d'entreprise familiale, projettent de s'installer en milieu rural. Beaucoup y parviennent que ce soit dans le cadre d'une installation avec ou sans DJA, dans les normes ou hors normes , en agriculture comme activité principale ou en pluriactivité ainsi qu'en dehors du cadre familial ou de tout lien à une activité agricole. Pourtant, l'un des freins, unanimement reconnu, est l'accession au patrimoine bâti ou non bâti.

Les raisons de ces problèmes d'accès au foncier sont multiples. Or la politique d'installation actuelle, dominée par des courants conservateurs de l'agriculture française, est trop rigide et souvent ne répond pas aux demandes et projets variés. Les situations sont différentes selon les régions, les pays, les communes et même selon chaque ferme. Une méthode de soutien ou d'intervention doit être conçue avec souplesse et une imagination sans cesse renouvelée : " Situations variées, projets variés, solutions variées "

Malgré des initiatives, privées ou publiques, prometteuses et de temps en temps des résultats surprenants, il reste encore à changer des mentalités, des habitudes, des préjugés, des méthodes...

Sinon, comment répondre à une demande réelle, à des propositions fondées ? Comment insérer ces chercheurs et créateurs de leur propre emploi, prêts et préparés (formés) aux défis d'une vie à la campagne ? Comment aménager une grande partie du territoire, non adaptée à un développement agricole industriel, avec un respect certain de l'environnement, des méthodes agricoles durables à une échelle humaine ?

Localement, de nombreux ruraux se mobilisent pour préserver un espace naturel, lutter contre un projet de spéculation foncière ou immobilière, une réserve de chasse,... Ils prennent conscience de la nécessité d'intervenir au niveau de la gestion de l'espace et de la création d'activités nouvelles afin de revitaliser ces zones rurales. De nombreuses expériences, d'origines variées (associations, collectivités locales, organisations professionnelles), accompagnent les porteurs de projet et leur permettent d'accéder plus facilement au patrimoine de l'entreprise.

Ces initiatives se tournent souvent vers l'acquisition financière et solidaire du foncier ou du bâti par la constitution de GFA ou SCI, de capital-risque (cigales) ou sous forme associative... Ces démarches fournissent aux ruraux un moyen d'intervention directe sur la gestion de l'espace et de la création d'activités nouvelles. Ce patrimoine est ensuite géré par un porteur de projet pour un bail à long terme ou la rétrocession en crédit-bail. Ce système permet d'étaler dans le temps les charges du patrimoine bâti ou foncier de ces petites entreprises. D'autres expériences de nature différentes peuvent aussi rentrer dans ce cadre (stockage de terres, soutien financier solidaire pour la création de nouvelles activités,...) et ne sont pas à négliger. Ces initiatives peuvent accompagner le processus de changement et se trouvent au centre des préoccupations du groupe qui s'est constitué

Valeurs Fondatrices

0bjectifs

Moyens

Mais pour mieux cerner les enjeux que peuvent contenir ces projets de GFA & SCI, rien ne vaut les expériences relatées. Nous décrirons tout d'abord celle du Domaine St Laurent : Un projet en bourgogne, centré sur la biodynamie, la formation et I'accueil de groupe qui a permis l'installation de 5 personnes et le développement de nombreuses activités. Ensuite, nous relaterons la lutte contre une réserve de chasse, dans la Drôme, qui, par la création d'un GFA, a permis de préserver un espace naturel, mais aussi de tisser de véritables liens entre les co-propriétaires.

LA SCI du Domaine St Laurent

Rechercher d'autres moyens d'acquérir le foncier

Au début des années 90, un groupe de 5 agriculteurs souhaite créer une ferme en biodynamie dans la région de Cluny (71). En outre, ils désirent créer une structure d'accueil, de formation et de recherche. La recherche de nouveaux modes d'acquisition du foncier leur est chère. Ils étudient les possibilités juridiques existantes et créent une SCI pour acheter le domaine St Laurent (terres & bâti). Il s'agit d'une propriété de 82 ha de SAU avec 45 ha de forêt. Il fallait rassembler à l'époque un capital de 2,7 millions de francs. Un appel, à souscription de parts fut fait par le biais des réseaux biodynamistes, essentiellement, et par des contacts personnels. Ils sont parvenus à réunir 65 copropriétaires avec des parts de 3500 F (1,5 millions de francs au total). Ils ont dû effectuer un emprunt pour atteindre les 2,7 millions du capital nécessaire (prêt du Gaec qui exploite le domaine). Après 7 ans de fonctionnement, le constat est plutôt positif. Le Gaec fonctionne bien et a fini de rembourser son emprunt. Une association s'occupe de l'animation de l'accueil, des stages, et de la formation.

L'objectif de départ de cette démarche était de libérer le foncier du secteur marchand, afin de pouvoir entreprendre une agriculture durable. Avec du recul, il faut toutefois être vigilant lors de la construction juridique de la structure et envisager l'ensemble des problèmes qui peuvent se présenter. Par exemple, un des associés s'est retiré du projet. Il a donc fallu lui rembourser ses parts de SCI. Cela peut mettre en péril l'ensemble d'un projet, si les statuts ne prévoient pas ces situations. Leur choix s'est orienté vers une SCI, car elle permet, à la différence du GFA, à des personnes morales d'intervenir comme "copropriétaires" dans le projet. C'est ici le cas de l'association qui détient quelques parts dans la SCI

La finalité était, dans cet exemple, de permettre la création d'activités et d'emplois pour un petit groupe de personnes. Mais d'autres structures se créent en lutte contre une aberration : la préservation d'un espace naturel, la lutte contre une expulsion , contre la spéculation immobilière... C'est notamment le cas du GFA de Cécillatour dans la Drôme.

Le GFA de cécilatour :

Préserver un patrimoine naturel

Le GFA CECILATOUR de Borne (Drôme) est né, en 1993, du refus de la population de voir s'installer une chasse privée en amont de la vallée. La motivation de contrer ce projet sur cet espace montagnard était forte, mais il nous manquait les moyens financiers d'acquérir ce domaine (137 ha de terres, pâturages et bois, plus un bâtiment, mais aucune ferme).

Nous avons donc fait appel, par courrier à des réseaux et à des personnes susceptibles d'être sensibilisés aux problèmes de préservation d'un espace naturel menacé : associations de protection de la nature, anciens ou actuels hôtes de "l'accueil paysan" sur le hameau ainsi qu'au réseau lui-même, amis d'ici et là. Nous nous étions fixé un capital de 600 000 F comprenant le coût de l'achat du terrain (400 000 F) ainsi que l'aménagement de la maison, un gîte d'alpage. Les parts furent fixées à 500 F et en quelques mois, nous avions recueillis les 1200 parts nécessaires à l'acquisition et à la restauration.

L'objectif fixé, au-delà de la sauvegarde de cet espace très riche au niveau flore, faune, géologie, préhistoire... était de faire de ce domaine un lieu d'accueil dans le prolongement des activités agricoles du hameau de. Borne. La finalité était, pour nous, d'inscrire ce domaine dans un environnement propice au repos et à la recherche pédagogique sur la relation homme/nature, pour le " copropriétaire " (550 à ce jour) mais aussi pour tous les amoureux de la moyenne montagne et de ses richesses.

Aujourd'hui, qu'en est-il ? On peut établir un certain nombre de constats, livrés ici " en vrac " :


Relier

Pour plus d'informations, contacter:
Relier
11 rue sous les augustins - 63000 Clermont Ferrand
Tél/Fax : 04 73 31 19 65
Email: relier@nat.fr


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Horizon Local 1996-99
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