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La création des micro-entreprises dans les quartiers :
A quelle conditions ?

Par Maria NOWAK - Présidente de l'ADIE


La création des micro-entreprises dans les quartiers est possible sous cinq conditions :

1ère condition : Le savoir faire et l'esprit d'entreprise

La vie des quartiers est peu propice au développement de l'esprit d'entreprise. Il n'est pas, acquis chez les hommes et les femmes qui ont travaillé comme salariés, sans une marge d'initiative importante. Encore moins chez les jeunes, qui n'ont aucune expérience professionnelle.

Pourtant, chacun a des idées. Parfois, plus qu'il ne le croit, lui-même. Et beaucoup de gens sont prêts à se battre pour sortir du chômage.

La preuve, cet atelier de femmes, allocataires du RMI, qui faisaient de la couture pour passer le temps. L'appui d'une styliste et la recherche d'un réseau de commercialisation, leur ont permis, avec le soutien financier de l'ADIE, de créer une entreprise rentable. Alors, pourquoi pas d'autres ?

2ème condition : le marché

Le pouvoir d'achat dans les quartiers est faible et au surplus il est drainé vers les centres commerciaux par un réseau de transport qui déverse les habitants vers le centre ville.

Il existe néanmoins un marché de proximité pour les produits frais, les services, les loisirs. Les clients de l'ADIE ont monté des projets adaptés aux besoins des quartiers, qui pourraient servir de source d'inspiration ailleurs. Parmi eux, vente de pain en camionnette, là où il n'y a plus de boulanger, dépôt de chaussures à réparer dans les boutiques existantes, parking gardé, coiffure à domicile, vidéo club etc.

L'intérêt de ces petites activités économiques est qu'elles ont un effet d'entraînement. Le bénéfice des uns crée un marché local pour les autres. Le plus difficile est de commencer.

3ème condition : les locaux

Pour développer des micro-activités, il faut un espace. Et les zones d'habitat ne prévoient pas d'espace pour travailler.

Ainsi, les projets que nous finançons sont montés pour la plupart soit en dehors des quartiers, soit à domicile, soit ambulants.

Ils ne trouvent pas d'endroit où se loger dans la cité pour deux raisons principales:

Face au même problème les habitants des cités dortoirs dans les pays de l'Est qui ont aussi (et plus que nous) perdu l'emploi salarié dans les usines, sans avoir notre protection sociale, installent des kiosques et percent des portes dans le mur de leur appartement au rez-de-chaussée pour créer des petits magasins ou ateliers.

En France, on n'a pas le droit d'ouvrir son appartement sur la rue ni de construire un kiosque sur un terrain public mais on peut, en liaison avec la municipalité et les organismes HLM chercher à aménager des locaux de rez-de-chaussée ou à construire de nouveaux locaux pouvant être utilisés par les artisans et les commerçants.

4ème condition : Le financement

Les créateurs d'entreprise ont besoin à la fois de fonds propres et de crédit.

- L'ACCRE joue, pour les chômeurs et les allocataires du RMI le rôle de fonds propres mais, par suite de restrictions budgétaires, ses crédits ont été réduits. Il faut donc chercher des solutions de substitution, parmi lesquelles on peut évoquer les primes du Conseil Général ou Régional, la location du matériel de départ ou l'aide de la famille et des amis.

- Pour les créateurs qui n'ont pas accès direct aux crédits bancaires, le crédit solidaire de l'ADIE, que nous essayons d'étendre en partenariat avec les banques d'économie sociale (Crédit Mutuel, Crédit Municipal) est un moyen de financer des petites activités. Son développement au niveau national est encore bloqué par la difficulté de couvrir les surcoûts de risque et d'accompagnement. Mais nous finirons par trouver une solution.

Il faut noter que la diminution du nombre d'allocataires de l'ACCRE va limiter le nombre des micro-entreprises exonérées pendant un an des charges sociales. Cela crée un vrai problème pour les créateurs, à l'exception, toutefois, des projets créés dans les zones franches qui bénéficieront de l'exonération pendant 5 ans. Voilà une exonération importante à exploiter.

5ème condition : Accès à la formation, conseil de gestion

Les créateurs ont besoin de soutien technique. Il existe dans certaines cités, pas dans d'autres. Dans le cadre du crédit solidaire, l'ADIE monte un partenariat avec des réseaux locaux existants et développe elle-même, l'aide au montage et le suivi des projets, soit individuel avec la participation des conseillers de quartiers bénévoles soit collectif (cercles de créateurs).


ADIE - Faire Crédit - Faire Confiance, numéro 7 ; juillet 1996

Pour plus d'information, contacter : Association pour le Droit à l'Initiative Economique
111, rue Saint Maur
75011 Paris - Tèl: 43 55 98 94 ; Fax : 43 55 98 83



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