Courriel-hebdo d'Agir pour l'Environnement [n°270]
www.agirpourlenvironnement.org


SOMMAIRE

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[CommPresse APE - 02 déc.08]
Climat et automobile : Un accord qui souffle le chaud et le froid…

[CommPresse APE - 28 nov.08]
Pollution lumineuse à Paris : La Ville-lumière sait éteindre les siennes !
Voeu adopté en Conseil de Paris
Illuminations : vers des économies d’énergie pendant les fêtes de Noël
Var Matin - 1er déc. 08
Ils militent pour la réduction des illuminations de fin d'année
Les Echos - 03 déc.08
Nucléaire : EDF relève de près de 20 % la facture de son EPR
JDLE - 28 novembre 2008
Lignes à haute tension: lien potentiel avec la maladie d’Alzheimer par Sabine Casalonga
[CommPresse APE - 27 nov.08]
Loi de finances au Sénat : la taxe sur les déchets mise à la poubelle
Actu-Environnement.com - 28/11/2008
Loi de finances : les sénateurs adoptent les premiers amendements
Le Monde - 27 novembre 08
Un risque plus eleve de cancers de la lymphe chez les agriculteurs

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Agir pour l'Environnement

-Communiqué de presse du 02 décembre 2008-

Climat et automobile : Un accord qui souffle le chaud et le froid…

Paris, le 02 décembre 08 : Les 27 pays de l’Union européennes viennent de se mettre d’accord sur un compromis en demi-teinte visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre des véhicules particuliers vendus dans les pays de l’Union à partir de 2012.

Sous la pression conjointe des autorités allemandes et des constructeurs automobiles, le projet de la commission européenne a connu depuis janvier 2006 de sérieux reculs qui ne peuvent satisfaire complètement les associations qui luttent contre le dérèglement climatique.

Agir pour l’Environnement constate, avec une amertume non dissimulée, que les demandes formulées par les constructeurs automobiles ont été intégralement acceptées par les Etats membres, repoussant de 3 ans la mise en œuvre effective de la réglementation européenne tout en obtenant un rabais faisant passer le seuil de rejet d’émissions de CO2 de 120 à 130 grammes par kilomètre.

Malgré tous ces reculs, les constructeurs automobiles devront faire preuve d’ambition afin de mettre sur le marché des véhicules adaptés aux contraintes climatiques et ainsi se conformer aux demandes des consommateurs qui délaissent massivement les grosses berlines et autres 4x4, énergivores et climaticides. Pour Stéphen Kerckhove, délégué général d’Agir pour l’Environnement, « ce règlement européen, avant d’être une nouvelle contrainte, est surtout un signal que les constructeurs doivent saisir, au risque de continuer à mettre sur le marché des véhicules lourds, polluants et invendables ! ».

La crise que traversent les constructeurs automobiles est le fruit d’un manque d’anticipation notoire et le reflet du conservatisme industriel dont ont fait preuve la plupart des industriels du secteur. D’ici à 2015, les constructeurs devront donc mettre sur le marché automobile des véhicules rejetant sensiblement moins de CO2.

Pour Stéphen Kerckhove d’Agir pour l’Environnement, « faute d’ambitions politiques, ce règlement est une occasion manquée d’acter juridiquement la révolution climatique qu’il faudra mettre en œuvre… mais c’est tout de même une occasion à saisir comme une invite à aller plus vite et plus loin dans le combat en faveur de l’intégrité climatique ».

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Agir pour l'Environnement

Communiqué de presse du 28 nov.08

Pollution lumineuse à Paris : La Ville-lumière sait éteindre les siennes !

Paris, le 28 octobre 2008 : A l’initiative du Groupe des Verts, la Mairie de Paris vient d’adopter un vœu relatif aux économies d’énergie liées aux illuminations de Noël.

Ce vœu stipule, notamment, que les illuminations de Noël devront être démontées au plus tard à la mi-janvier et qu’elles ne pourront être allumées qu’entre la tombée de la nuit et minuit.

Agir pour l'Environnement se félicite que la Ville de Paris ait adopté un vœu de bon sens qui permettra de faire des économies d’énergie et se traduiront par des économies budgétaires.

Selon Stéphen Kerckhove, délégué général d’Agir pour l'Environnement, « ce vœu, adopté en pleine période de pics de consommation électrique, est une invite à la responsabilité individuelle et collective qui devrait inspirer les autres villes de France. Que la Ville-lumière sache éteindre les siennes est la preuve que le degré de convivialité des fêtes de fin d’année ne peut durablement être proportionnel au gaspillage énergétique résultant d’un nombre toujours plus grand d’ampoules allumées. »

Dans le cadre de la campagne « Illuminations de Noël : le grand gaspillage ! », Agir pour l’Environnement, en partenariat avec le Réseau Action Climat, le Réseau Sortir du Nucléaire et l’Association Nationale de la Protection du Ciel et de l’Environnement Nocturne, relève que chaque kWh supplémentaire utilisé pour l’éclairage en période de pointe de consommation a un bilan carbone avoisinant les 600 grammes de CO2. En moins de 10 ans, les points lumineux ont cru de plus de 30% en France.

Face à cette explosion lumineuse, les collectivités locales doivent s’engager à réduire significativement dans le temps et dans l’espace cette pollution lumineuse qui a un impact significatif sur la biodiversité nocturne.

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Voeu adopté en Conseil de Paris - Illuminations : vers des économies d’énergie pendant les fêtes de Noël
Danielle Fournier, Sylvain Garel, Denis Baupin et les élus du Groupe les Verts

Le vœu a été adopté.

Les fêtes de noël sont un moment de retrouvailles et de plaisir pour tous les parisiens où la symbolique de la lumière a toute sa place. C’est aussi une période de l’année où les consommations énergétiques explosent et avec elles les rejets de CO2.

Chaque année de nombreuses rues de la capitale sont illuminées. Mises en service dès le mois de novembre ces illuminations fonctionnent généralement jusqu’à mi-février, voire début mars, et certaines d’entre elles demeurent allumées 24h/24h, tous les jours de la semaine, ce qui entraîne une dépense énergétique considérable et décuple les rejets de gaz à effets de serre.

En effet, selon une étude de l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) en période de pics de consommation d’électricité -qui sont fréquents en hiver- chaque kilowattheure supplémentaire, génère un rejet de CO2 avoisinant les 600 à 700 grammes !

De manière générale les points d’éclairage par habitant ont cru de 30% en 10 ans en France. Cette multiplication des points d’éclairage a un impact significatif sur la consommation d’énergie, sur les dépenses de la ville, sur son bilan carbone et engendre une déstabilisation des écosystèmes et de la biodiversité nocturne.
Le projet de loi Grenelle 1, voté en première lecture à l’Assemblée nationale, mentionne d’ailleurs dans son article 36, que « les émissions de lumière artificielle de nature à présenter des dangers ou à causer un trouble excessif aux personnes, à la faune, à la flore ou aux écosystèmes, entraînant un gaspillage énergétique ou empêchant l’observation du ciel nocturne feront l’objet de mesures de prévention, de suppression ou de limitation. »

Ces mesures de préventions et de limitations de la pollution lumineuse sont bien connues. L’ADEME considère qu’un gain de 40% des dépenses d’éclairage est possible en modifiant quelque peu les installations actuelles notamment avec l’installation d’ampoules efficaces en énergie. Une limitation dans le temps de l’éclairage peut également réduire sensiblement la consommation énergétique. On ne peut que difficilement comprendre que certains éclairages de noël soient allumés toute la nuit et cela pendant 4 mois.

Il est temps que noël rime avec partage et non plus gaspillage. La Ville doit faire preuve de modernité en la matière. Les illuminations ne sont pas les seuls symboles de cette période festive et chaleureuse. Spectacles de rues, œuvres d’arts temporaires, animations pour enfants : la Ville peut, sans polluer la planète, participer à la magie de noël et en faire un moment exceptionnel pour les parisiens et les parisiennes.

Aussi, sur proposition de Danielle Fournier, Sylvain Garel, Denis Baupin et des éluEs du groupe Les Verts, le Conseil de Paris émet le vœu que :

> Les illuminations de Noël débutent à partir de début décembre et soient démontées au plus tard mi-janvier.
> Les illuminations de Noël soient mises en service à partir de la tombée de la nuit et soient éteintes à partir de minuit.
> La ville propose aux collectifs de commerçants des animations et décorations alternatives et non polluantes.

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Var Matin - 1er déc. 08 - Ils militent pour la réduction des illuminations de fin d'année

Depuis plusieurs années « Agir pour l'environnement » oeuvre pour la limitation des illuminations de fin d'année. À La Seyne cette année, plusieurs associations ont décidé de relayer cette action nationale et de distribuer notamment une plaquette instructive sur les « nuisances lumineuses ».

Raymond Féral (président) et Norbert Lagrange (vice-président) pour les Amis de la nature, Yolande Le Gallo pour Histoire et patrimoine seynois, François Morin pour le Comité de survie de la baie du Lazaret, ont tenu une conférence de presse pour expliquer le sens de leur combat.

Éviter de perturber les animaux du littoral

Il n'est pas question pour eux de s'opposer à ces décorations de Noël, mais plutôt d'en modérer l'usage. En effet, ils pensent que la période d'illumination pourrait être plus brève et limitée à quelques heures chaque soir. Les protecteurs de la nature aimeraient aussi que l'on évite d'éclairer trop fortement les zones côtières pour éviter de perturber les espèces animales environnantes.

Ils savent que de telles mesures ont d'abord un intérêt économique évident pour les finances locales. En outre, sur le plan écologique, ces économies d'énergie pourront éviter un trop grand recours aux centrales thermiques appelées à la rescousse en période de pointe. Leur message s'adresse aussi à la population qui a de plus en plus tendance à décorer façades et jardins pendant les fêtes.

Sur le plan local, les associations ont reçu l'assurance de la municipalité que leurs préoccupations seraient prises en compte et que le programme de remplacement des ampoules par des sources lumineuses à moindre consommation serait poursuivi.

Rens. sur Internet : www.agirpourlenvironnement.org

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Les Echos - 03 déc.08 - Nucléaire : EDF relève de près de 20 % la facture de son EPR

L'électricien tricolore, qui réunit demain les investisseurs, devrait dévoiler une hausse de l'ordre de 20 % du coût de production de l'EPR, son futur réacteur de troisième génération, de Flamanville. Il devrait être légèrement inférieur à 55 euros le mégawattheure, contre 46 euros annoncés en 2006. Le coût de l'investissement pourrait atteindre plus de 4 milliards d'euros, contre 3,3 milliards prévu.

Le premier EPR construit sur le sol français, à Flamanville, devrait représenter un coût d'investissement de plus de 4 milliards d'euros.

Opération vérité pour EDF. L'électricien français s'apprête à dévoiler, demain à Londres, lors d'une réunion avec les investisseurs, une hausse de près de 20 % du coût de l'EPR. Un conseil d'administration s'est tenu hier soir sur le sujet. Selon des sources bien informées, le coût de production de l'électricité à partir de la tête de série du réacteur nucléaire de troisième génération serait maintenant estimé à près de 55 euros le mégawattheure (MWh). Lors du lancement du projet de Flamanville (Manche), en mai 2006, le groupe tablait sur un coût de 46 euros le MWh.

Le premier EPR construit en France devrait représenter un coût d'investissement de plus de 4 milliards d'euros, à comparer aux 3,3 milliards d'euros initialement prévus. Cette augmentation reste inférieure au dérapage subi par Areva à Olkiluoto, en Finlande, où le groupe nucléaire construit un réacteur pour son client TVO. La facture finlandaise approcherait désormais les 4,5 milliards d'euros, contre 3 milliards annoncés lors du lancement du projet en 2005.

Un avantage qui s'éroderait

EDF comme Areva sont notamment confrontés à des contraintes de sûreté qui se sont avérées plus dures que prévu. Ils ont aussi dû faire face à des aléas, comme le creusement compliqué d'un tunnel pour le puits d'évacuation à Flamanville. Pour tenir son délai de mise en service en 2012, l'électricien a ainsi dû recourir à une technologie plus chère.

À près de 55 euros le MWh, l'avantage économique du nucléaire s'érode. En retenant l'hypothèse d'un prix du pétrole à 40 dollars-60 dollars par baril et d'une pénalisation des émissions de CO2 entre 10 euros et 20 euros par tonne, EDF estime le coût de production d'électricité de base à partir de gaz ou de charbon entre 50 euros et 60 euros par MWh. En termes de compétitivité économique pure, le nucléaire voit ainsi son avantage diminuer par rapport aux autres filières. Ses partisans continuent toutefois à mettre en avant un atout clef : sa faible émission de CO2. La facture finale pourrait à nouveau glisser. Le patron du géant allemand de l'énergie E.ON table sur un investissement de 5 milliards à 6 milliards d'euros pour un EPR. Toutefois, le coût des réacteurs devrait diminuer avec l'effet de série. Il variera aussi en fonction des pays. « Avec des commandes standardisées, les coûts et les délais, donc les prix, baissent à partir de la troisième tranche », note un expert. C'est d'ailleurs le pari d'EDF en Grande-Bretagne, qui veut y construire 4 EPR.

Actuellement, l'électricien tricolore vend son électricité entre 39 euros et 50 euros par MWh selon les tarifs (particuliers, entreprises...). Il parvient à assurer ces prix grâce au coût de production de son parc existant, qui est estimé autour de 37 euros le MWh. Mais, pour prolonger la durée de vie de ses 58 réacteurs, l'électricien sera amené à investir lourdement, ce qui pourrait avoir un impact sur l'équation économique du parc nucléaire français.

Dans ce contexte, le premier EPR risque de peser sur la rentabilité d'EDF. À moins que le gouvernement n'accepte d'augmenter très sensiblement les prix de l'électricité en France. C'est d'ailleurs le combat que mène le groupe en coulisses. L'Etat actionnaire profiterait d'une telle hausse. Mais un tel scénario paraît extrêmement difficile en cette période de crise. D'autant que le contrat de service public limite la hausse du tarif à l'inflation.

THIBAUT MADELIN

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JDLE - 28 novembre 2008 - Lignes à haute tension: lien potentiel avec la maladie d’Alzheimer par Sabine Casalonga

Selon une étude suisse publiée par l'American Journal of Epidemiology, les personnes vivant à moins de 50 mètres d'une ligne à haute tension présenteraient un risque accru de contracter la maladie d'Alzheimer.

Anke Huss de l’université de Bern et ses collègues ont examiné 9.200 décès liés à la maladie d'Alzheimer survenus en Suisse entre 2000 et 2005. Dans 20 de ces cas, les personnes avaient vécu à moins de 50 mètres d'une ligne à haute tension. D’après leurs résultats, les personnes vivant à moins de 50 mètres de telles sources de champs magnétiques présentent un risque accru de 24% de contracter la maladie d’Alzheimer par rapport aux personnes vivant à une distance de 600 mètres ou plus.

Les chercheurs ont également observé que la durée d’exposition était corrélée au niveau de risque. Ainsi, pour les personnes ayant vécu au moins 5 ans à moins de 50 mètres des lignes électriques le risque d’Alzheimer est accru de 50% tandis qu’une durée de résidence de 15 ans ou plus doublerait ce risque. En revanche, aucun lien n’a été observé pour les autres maladies neurodégénératives.

Il s'agit de la première étude à se pencher explicitement sur une possible relation de cause à effet entre les lignes à haute tension et la maladie d'Alzheimer. Cependant, les chercheurs soulignent que leur étude ne permet pas de conclure sur cette association: le nombre de cas étudiés est faible et la maladie Alzheimer très complexe et pas toujours bien diagnostiquée.

(1) «Residence Near Power Lines and Mortality From Neurodegenerative Diseases: Longitudinal Study of the Swiss Population» Anke Huss et al., American Journal of Epidemiology, (5 novembre 2008) .


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Agir pour l'Environnement

Communiqué de presse du 26 nov.08

Loi de finances au Sénat : la taxe sur les déchets mise à la poubelle

Paris, le 26 novembre 2008 : alors que la Semaine nationale de la réduction des déchets bat son plein, le Sénat vient de revoir à la baisse les taxes prévues par le Grenelle de l'environnement sur les installations de stockage et de traitement des déchets, prévues pour financer notamment une politique de prévention des déchets. Alors que cette TGAP (Taxe Générale sur les Activités Polluantes) devait répondre au principe polleur-payeur, Agir pour l'environnement dénonce ce tour de vis fiscal qui, une fois encore, réduit l'ambition du Grenelle de l'environnement, dont le budget devrait être amputé d'une centaine de millions d'euros.

Le Grenelle de l'environnement prévoyait de favoriser la réduction et le tri des déchets à l'aide d'une TGAP sur l'incinération et de son augmentation sur la mise en décharge, qui devait être instaurée dans la loi de finances 2009. La recette issue de cette taxe devait aller initialement au financement d'actions de prévention des déchets. Selon Clara Osadtchy, coordinatrice des campagnes d'Agir pour l'environnement, « Nous avions déjà régressé en passant d'une taxe affectée à la prévention des déchets à une taxe finançant la gestion globale des déchets : le Sénat incinère cette fois le Grenelle en diminuant la taxe sur les incinérateurs et les décharges, ce qui est inadmissible. Alors que la taxe sur les produits fortement générateurs de déchets (également appelée taxe pique-nique) a déjà été enterrée, force est de constater que la Semaine de réduction des déchets se transforme aujourd'hui en Semaine d'enfouissement du Grenelle de l'environnement».

Une fois de plus le processus du Grenelle de l'environnement montre ses limites : si les grands discours font consensus, le passage à l'acte réglementaire est sans cesse repoussé. Agir pour l'environnement dénonce ce retour en arrière et demande aux pouvoirs publics de rétablir au plus vite la TGAP sur l'incinération et la mise en décharge et d'en affecter le produit à la seule prévention des déchets.

N'oubliez pas de consulter notre dossier Réduction des déchets : les 3 vérités qui dérangent : www.agirpourlenvironnement.org

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Actu-Environnement.com - 28/11/2008 - Loi de finances : les sénateurs adoptent les premiers amendements

Après une semaine de discussion, les sénateurs ont adopté plusieurs amendements au projet de loi de finances pour 2009 notamment concernant la modulation de la « TGAP déchets » au grand dam des associations qui craignent pour les prochains articles.

Après avoir été adopté par l'Assemblée nationale le 19 novembre dernier, le projet de loi de finances pour 2009 est entre les mains des Sénateurs qui ont commencé son examen dès le lendemain. Si les sénateurs n'ont rien modifié de la future fiscalité des biocarburants, ils ont en revanche adopté plusieurs amendements sur l'article 9 dédié à la Taxe Générale sur les Activités Polluantes.

Sur proposition du sénateur Philippe Marini (UMP), rapporteur Général de la commission des finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la Nation, une série d'amendements viennent moduler la TGAP du secteur déchets. Alors que le gouvernement et les députés souhaitaient augmenter la taxe sur les installations de stockage et l'étendre aux incinérateurs, les sénateurs préfèrent ralentir l'augmentation prévue pour les installations « exemplaires ». Ainsi, les sénateurs ont augmenté la TGAP pour les installations de stockage non autorisées (décharges) mais ont réduit les tarifs pour les centres de stockage certifiés EMAS ou ISO14001 et ceux valorisant plus de 75% de leur biogaz.

Des précisions similaires ont été apportées pour les incinérateurs. Les sénateurs ont ainsi affaibli les taxes fixées dans le projet de loi de départ pour les installations certifiées EMAS ou ISO14001 et celles présentant une performance énergétique (fixée par décret). Ils ont en outre créé une nouvelle catégorie d'installation : celles dont les émissions de NOx sont inférieures à 80 mg/Nm3.
Les sénateurs ont par ailleurs prévu des réductions pour les volumes de déchets transportés par voie fluviale et ferroviaire.
Pour compenser les pertes, les sénateurs ont validé l'extension de l'assiette de la TGAP « incinération » aux installations de co-incinération, c'est-à-dire aux installations qui utilisent des déchets comme combustible principal ou d'appoint et d'augmenter la TGAP pour les installations moins performantes.

Pour les sénateurs, ces distinctions visent à prendre en compte les investissements déjà consentis par les collectivités territoriales et en quelque sorte de les récompenser. Mais les associations de protection de l'environnement ne sont pas convaincues : alors que la taxe sur les produits fortement générateurs de déchets (également appelée taxe pique-nique) a déjà été enterrée, force est de constater que la Semaine de réduction des déchets se transforme aujourd'hui en Semaine d'enfouissement du Grenelle de l'environnement, commente Clara Osadtchy, coordinatrice des campagnes d'Agir pour l'environnement. L'association dénonce ces nouvelles dispositions qu'elle qualifie de tour de vis fiscal qui réduit l'ambition du Grenelle de l'environnement et estime que le budget résultant de la TGAP sera amputé d'une centaine de millions d'euros.

Inquiétudes pour les prochains amendements

Plusieurs amendements ont d'ores et déjà été déposés et sont susceptibles de vider totalement de son sens un engagement fort issu du Grenelle de l'environnement - France Nature Environnement
Les associations de protection de l'environnement ont également fait par de leurs inquiétudes pour les prochains articles en cours de discussion et notamment le dispositif de taxe kilométrique pour les poids lourds. Plusieurs amendements ont d'ores et déjà été déposés et sont susceptibles de vider totalement de son sens un engagement fort issu du Grenelle de l'environnement, s'inquiète France Nature Environnement.
Plusieurs amendements prévoient en effet de réduire le montant de la taxe et de la relever aux véhicules de plus de 12 tonnes contre 3,5 tonnes dans le projet de loi initial. Les premiers votes à l'Assemblée nationale ont déjà fortement dénaturé cette mesure avec des amendements qui ont par exemple abaissé le niveau de perception. Il n'est plus possible de remettre en cause un engagement qui a déjà fait l'accord d'un compromis, explique Michel Dubromel, responsable du réseau transports et mobilité durables à FNE. L'association craint surtout que cet allégement de la taxe ne remette en cause le financement même du Grenelle.

L'examen du projet de loi par le Sénat doit se poursuivre jusqu'au 10 décembre prochain.

F.ROUSSEL

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Le Monde - 27 novembre 08 : Un risque plus eleve de cancers de la lymphe chez les agriculteurs

Les agriculteurs exposes a certains pesticides presentent selon toute vraisemblance un risque plus eleve de developper un cancer du systeme lymphatique (lymphome), indiquent plusieurs etudes. Une alteration d'un chromosome, premiere etape vers la cancerisation de cellules lymphocytaires, serait particulierement frequente dans cette population.

C'est ce que montrent les travaux presentes, le 7 novembre a Marseille, par Bertrand Nadel et Sandrine Roulland (centre d'immunologie de Marseille-Luminy), lors d'un colloque sur les hemopathies malignes (cancers des cellules sanguines) organise par le canceropole Provence-Alpes-Cote d'Azur. Le lymphome dit "folliculaire" (LF) est "un des cancers les plus frequents et l'une des principales causes de mortalite par cancer", explique Bertrand Nadel. On de nombre 17 000 nouveaux cas par an de cancers lymphoides en France. Le premier evenement du processus cancereux est une cassure chromosomique. La portion separee du chromosome 18 va se fixer sur le chromosome 14. C'est ce que l'on appelle une translocation. "Chez la plupart des gens, cette translocation est presente dans une cellule sur un million, indique M. Nadel. Nous avons montre dans une etude recente que dans certains groupes d'individus et notamment des agriculteurs exposes a des facteurs environnementaux, dont des pesticides connus pour pouvoir provoquer ce genre de cassure, la translocation entre les chromosomes 18 et 14 est mille fois plus frequente. Les cellules lymphocytaires affectees sont tres similaires a des cellules precoces du LF."

LEUCEMIE ET INSECTICIDES

Une autre etude menee dans plusieurs regions de France conforte ces resultats. Dans un article publie en ligne le 18 novembre dans la revue Occupational and Environmental Medicine, l'equipe dirigee par Jacqueline Clavel (Inserm U 754) indique que les expositions professionnelles aux pesticides pourraient etre impliquees dans plusieurs hemopathies malignes, dont la maladie de Hodgkin et le myelome multiple. Leurs analyses mettent en evidence une association entre le lymphome de Hodgkin et les expositions aux fongicides triazoles et aux herbicides derives de l'uree, de meme qu'entre une forme de leucemie, dite "a tricholeuycocytes", et les insecticides organochlores et a differents herbicides. A l'inverse, il n'a pas ete etabli de relation significative dans le cas des lymphomes non hodgkiniens.

Paul Benkimoun

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