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CIDAC
Centro de Information e Documentaçào Amilcar Cabral
Contact :
Centro de Information e Documentaçào Amilcar Cabral
Lisboa
Portugal 

 
Déclaration de Sintra, du 9 juillet 1996 :
Recommandation pour les politiques et pratiques de développement local

Déclaration à laquelle adhère le CIDAC

Environ vingt ans de travail ensemble, en coopération pour le développement, lient beaucoup de nos organismes : Organisations Non-Gouvernementales, Associations, Services de l'Administration Locale, Provinciale ou Nationale du Cap-Vert, Guinée Bissau, Mozambique et Portugal, nous avons uni nos efforts pour que les communautés, groupes et personnes avec lesquelles nous travaillons aient accès aux opportunités et aux conditions de développement. Nous avons été réunis pendant presque dix jours de travail, dont les débats, échanges et réflexion ont culminé en un Séminaire sur le Développement Local au Portugal et en Afrique. En qualité d'agents de nos sociétés et en tant que participants dans ces actions, nous avons voulu rendre public ce document qui résume dans les points suivants nos conclusions et nos recommandations aux pouvoirs législatifs, exécutifs, judiciaires, locaux et traditionnels et aux sociétés civiles - citoyens et respectives organisations - des Pays de Langue Portugaise.

 

1- Le volet économique du Développement 
  Les problèmes socio-économiques auxquels nos pays doivent faire face sont différents, au moins apparemment : au Portugal, comme dans le reste de l'Europe, grandissent les préoccupations sur le chômage et l'exclusion ; en Afrique la pauvreté de larges secteurs dans les campagnes et surtout dans les villes, ainsi que les handicaps des Etats, gèrent des situations plus visibles, mais probablement de nature semblable. Le travail des ONG, Associations et projets locaux, ce qu'on appelle le champ de l'économie sociale, a prouvé être une voie d'issue soutenable - mais il est urgent d'accroître son effet, multipliant et créant des synergies régionales et intercontinentales. Il est par conséquent urgent de promouvoir :
  • L'organisation, au niveau de chaque Etat et aussi conjointement, de systèmes d'encadrement protecteurs de ces expériences, créant des conditions pour son développement : un support légal et un appui aux projets de crédit et épargne ; des protocoles avec les institution s de crédit et l'Etat qui possibilisent des prêts en conditions plus favorables ; des bénéfices fiscaux et douaniers qui soulagent la situation actuelle de presque étranglement ; la promotion de liaisons producteurs / consommateurs... ;
  • la promotion du "commerce alternatif" dans les deux sens, lequel a déjà en Europe une expression significative : intensification de la participation de produits africains, qui ne résultent pas d'une exploitation injuste de la main d'œuvre moins chère, dans les grandes foires du Portugal et appui aux réseaux plus stables de commercialisation de produits de ces projets, comme ceux qui existent dans d'autres pays d'Europe ; mais aussi des stimulations à l'exportation du Portugal vers les Pays Africains de Langue Officielle Portugaise de produits de qualité de plusieurs gamme de prix, notamment originaires des zones d'intervention de ces projets et que doivent avoir une participation assurée dans les "ambassades commerciales" générales ou spécifiques - de l'ICEP - Investissements, Commerce et Tourisme du Portugal - et d'autres organismes, aussi bien que d'Associations d'entreprises ;
  • l'étude conjointe entre les Etats et les ONG - Associations , de la façon dont les différentes expériences de commerce et de financement alternatifs fonctionnent dans leurs régions et globalement ;
  • la création, avec les Plates-formes et Réseaux d'ONG et Associations, aussi bien qu'avec les Universités et les Centres de Recherche, d'un Observatoire de la CPLP (Communauté des Pays de Langue Portugaise) sur les économies informelles ;
  • la dynamisation co-responsable et l'appui à une initiative qui sera coordonnée par le CIDAC : la Conférence Electronique en Portugais sur le Développement, à lancer à travers Internet ;
  • la transparence non seulement des et dans les ONG et Associations mais aussi des pouvoirs publics : dans les prises de décisions et leurs critères respectifs, dans les compte-rendus et leur publication, notamment quant à l'attribution de subventions et de fonds, leurs délais et processus respectifs. 
 
2- La formation pour le Développement
La nécessité d'identifier, étudier et programmer la formation :éducation au niveau local est évidente, ajustant les systèmes et les réponses aux besoins et réalités, qu'elles soient sociales, de marché , culturelles ou individuelles. Dans ce sens, il faut promouvoir la flexibilité et la globalisation de la formation liant la formation psycho-sociale à la formation technico-professionnelle - ainsi que la rentabilisation de tous les mécanismes de formation : continue, à distance ou à travers les contacts et échanges ; participée et articulée, avec des espaces de réflexion et évaluation pour tous ceux qui reçoivent une formation, y compris celle qui vise l'auto-emploi. En concret, nous suggérons :
  • l'étude et la revalorisation des professions traditionnelles, comme moyen de fixation et promotion des communautés, surtout des communautés rurales ;
  • la prise en charge de ses obligations par l'Etat, qui doit garantir l'enseignement/formation de base, gratuit et obligatoire, en créant des conditions objectives et subjectives pour que tous (enfants, jeunes, adultes et âgés) aient des opportunités d'accès à l'éducation de base ;
  • la décentralisation de l'éducation/formation ;
  • son adaptation à chaque région, communauté et groupe ;
  • l'expérimentation de méthodologies diversifiées et spécifiques d'enseignement / formation ;
  • la promotion d'un rôle plus global et intervenants des formateurs ;
  • la gestion rigoureuse et professionnelle de l'éducation à ses différents niveaux ;
  • et, pour finir, mais pas en dernier, éduquer pour la participation, en cherchant toujours une plus grande intervention de la société civile
 
3- Participation civique et politique
Non seulement les dynamiques locales intégrées se renforcent dans presque tout le monde, mais nous assistions et participons aussi à un mouvement de multiplication de réseaux qui lient ces divers efforts locaux. Le principe des "réseaux croisés" (participation en différents systèmes de communication et d'échange qui permettent d'approfondir la réflexion, d'améliorer les pratiques, d'enrichir les processus, de développer les solidarités et d'augmenter les impacts) doit être encouragé, n'étant pas incompatible avec les besoins de coordination - spécialement au niveau de la CPLP. D'un autre côté, les tendances positives qui existent actuellement vers la décentralisation et la participation responsable de la société civile ne peuvent pas, à notre opinion, impliquer ou permettre une démission de l'Etat face à ses obligations.

En considérant ces présupposés, il faudrait :

  • augmenter, bilatéralement, l'échange d'information sur les projets actuels ou potentiels et sur les activités développées ;
  • promouvoir les échanges à travers les rencontres, les visites et les stages ;
  • établir des réseaux de communication décentralisée à travers Internet, tels que la Conférence Electronique déjà annoncées - ce qui, dans le cas de la majorité des Pays Africains de Langue Officielle Portugaise, impliquera de la part des Etats et des Entreprise Publique compétentes un effort pour accélérer la création de conditions convenables en infrastructures de télécommunications ;
  • promouvoir des rencontres biennales, rotatives, sur des thèmes spécifiques d'intérêt commun ;
  • établir des échanges d'information sur les mécanismes des organisations multilatérales de coopération, de façon à élargir les accès, à définir des réponses conjointes et à augmenter leur adéquation à la situation ;
  • approfondir la connaissance des sociétés civiles de chaque Pays, divulguant en particulier les aspects innovateurs ;
  • créer des conditions pour que les organisations de la société civile participent aux événements lancés par nos gouvernements/Etats ;
  • décentraliser et renforcer ou créer les pouvoirs locaux - mairies, autorités traditionnelles, conseils locaux, ruraux ou urbains, ... ;
  • stimuler la reconnaissance, de la part des Etats, du rôle croissant et fondamental de la société civile, en créant des conditions favorables à sa participation de droit, dans la conception et promotion du développement économique et social.
 

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