Résistances Electriques et Gazières
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A propos de la privatisation 
d'EDF et de GDF
Mais pour quelles raisons veulent-ils 
faire cela?
qsdfl
Sur les raisons de ces privatisations: 

A.  EDF comme GDF peuvent se développer dans leur statut actuel et passer des alliances industrielles, avec des moyens financiers supérieurs à ceux qu'ils pourraient obtenir d'une ouverture de leur capital en bourse ou au profit d'autres partenaires; aujourd'hui EDF et GDF se développent à l'étranger plus rapidement que toutes les firmes comparables; la question est de mieux contrôler leur développement et de mettre en cause une politique d'acquisition impériale à coups de milliards de ses usagers dans des opérations qui ne correspondent pas toutes à leurs missions d'intérêt général.
Quelques voix isolées de personnalités étrangères en Europe se sont élevées, ici et là, ces derniers temps, pour réclamer la privatisation d'EDF au motif que son statut public ne devrait pas lui permettre d'acquérir des électriciens à l'étranger. Il s'agit de prises de position de libéraux qui visent la disparition de toutes les entreprises de statut public mais qui ne peuvent obtenir cette privatisation car aucun traité européen n'interdit le développement des entreprises publiques à l'étranger. En matière de réciprocité, l'ouverture à la concurrence de l'électricité et du gaz  dans les fournitures non-domestiques permet aux firmes étrangères d'intervenir en France et de se développer si elles sont compétitives: ce sont les règles européennes, et ces règles ne concernent pas le statut des entreprises  (ainsi, aucune firme élec allemande ne peut être acquise en bourse par un opérateur quelconque, fut-il public ou privé) 

B.  compte tenu des engagements liés au démantèlement du nucléaire ou aux provisions à passer pour les engagements de retraites des agents, compte tenu de leurs engagements nets à l'étranger et de leurs dettes, la valeur des entreprises  ne s'élève au final qu'à environ 20-25 mdEuros pour EDF et de 5-10 mdE pour GDF soit, pour une mise sur le marché de 10%, 2,5 à 3,5 mdEuros, et ceci dans un marché boursier totalement assaini et ayant repris  confiance. Aujourd'hui, la vente de ces 10% ne vaudrait pas plus de 1 à 2 mdEuros avec les niveaux boursiers actuels.
Ces valeurs correspondent, en ordre de grandeur, au niveau de rémunération  auquel l'Etat peut prétendre, chaque année, venant de ces entreprises publiques, sans en vendre la moindre part. L'opération serait donc absurde, d'autant plus que l'Etat ne peut utiliser les recettes de privatisation pour compenser ses dépenses budgétaires courantes. Ces ventes ne pourraient venir qu'en déduction du niveau de l'endettement public, par rapport auquel leur montant est dérisoire.

C.  il est notable que  n'est mis en avant, en faveur de ces privatisations, aucun argument relevant de l'intérêt des consommateurs, tant au niveau des prix que de l'amélioration du service public. La réussite d'EDF et GDF est, à cet égard, sans doute tellement évidente et reconnue par rapport aux firmes privée équivalentes, que personne ne se risque à la mettre en doute.

D.  personne ne met non plus en avant l'intérêt du personnel pour justifier ces privatisations

Première conclusion:
 il n'existe aucune raison sérieuse mise en avant qui justifie ces privatisations. Ni l'intérêt du développement des entreprises, ni les besoins financiers de l'Etat, ni l'intérêt des usagers, ni celui du personnel ne les justifient.
 

Il existe par contre une série de raisons fortes qui militent contre ces privatisations:

-a)  sur le service public aux usagers:
 
l'exemple de France-Télécom montre que l'ouverture du capital transforme les buts de l'entreprise qui n'est plus la recherche de l'intérêt général au profit de l'usager et de la collectivité mais qui devient la recherche de la rémunération des capitaux en bourse et des parts de marché. Dés lors, l'entreprise où les capitaux privés sont entrés ne se distingue plus de ses concurrents, ni par ses prix, ni par ses offres, ni par sa qualité de service, et elle renvoie sur la collectivité des charges d'égalité d'accès (cf l'abandon progressif des cabines téléphoniques ou l'absence d'égalité dans la couverture de ses portables).
Rapidement s'installe un oligopole de quelques opérateurs dont les offres deviennent non comparables et qui ont en commun des prix en hausses; progressivement est mise en cause la péréquation des tarifs, notamment par une segmentation fine incontrôlée de la clientèle avec prix très différenciés
Pour EDF, ce serait notamment la fin de la péréquation géographique complète et de l'égalité d'accès au service, la mise en cause de la solidarité sociale et territoriale pour l'électricité, bien indispensable à la vie domestique et professionnelle.
De plus, l'obligation faite à  EDF et GDF, devenues complètement privées, de rémunérer ses capitaux privées à un niveau exigé par les acteurs de la bourse, conduirait, mécaniquement et toutes choses égales par ailleurs, à une augmentation de leurs tarifs d'environ  10%

-b)  sur la politique énergétique, la sécurité d'approvisionnement de la France et de l'Europe.

L'Europe n'a pas de pétrole, son gaz va bientôt être épuisé. La Russie, l'Algérie, l'Iran, le Moyen Orient et les nouvelles républiques d'Asie Centrale disposent des ressources qui peuvent constituer ses approvisionnements. Pour les garantir, l'Europe ne peut s'en remettre,  pieds et poings liés, aux seules grandes compagnies pétrolières anglo-américaines et à leurs alliées, comme l'ont bien montré chacune des crises pétrolières. L'Europe a besoin d'acteurs énergétiques forts et indépendants de ces firmes pétrolières, de firmes électriques et gazières de grandes dimensions et de grande expérience énergétique industrielle, capables de financer et construire les très grandes infrastructures énergétiques nécessaires, champs de production, gazoducs et oléoducs de plusieurs milliers de kilomètres.
L'Allemagne vient de se doter, avec la constitution de la firme EON-Rhurgas, qui réunit le n°1 de l'élec et le n°1 du gaz, d'un atout fondamental pour assurer sa sécurité d'approvisionnement. Et ceci avec l'appui des pouvoirs publics.

Avec EDF et GDF, la France peut constituer un pôle public français équivalent, agissant de plain pied en coopération avec cette nouvelle firme allemande, donnant ainsi à l'Europe des capacités multipliées.

Mais la privatisation d'EDF et GDF rendrait impossible ce projet car 

aa) ce sont Total ou Suez, firmes privées dépendantes des fonds de pension américains, qui sont sur les rangs pour contrôler, et même démanteler     
GDF

bb) la recherche de la rentabilité des capitaux pour EDF, la conduira à utiliser au maximum le nucléaire français, complété par quelques turbines à gaz profitables à court terme, alors que son statut public doit lui permet de développer de lourds projets de long terme: développement d'une nouvelle filière nucléaire complètement propre en déchets (  alors que les firmes privatisées réduisent à néant leurs programmes de recherche); coopération avec GDF et EON-Rhurgas dans les grands projets gaziers en Russie, Iran, Moyen Orient et Asie Centrale, appuyant un développement sûr et bon marché du gaz en France et en Europe, y compris dans la productions d'élec; développement massif et économique des énergies nouvelles non-polluantes.

C'est véritablement une honte de voir que c'est le gouvernement d'un prétendu gaulliste, Chirac, qui s'apprête à détruire deux outils publics qui constituent des atouts considérables dans les mains des pouvoirs publics français, EDF-GDF, au moment même où nos partenaire allemands sont en train de se doter, grâce à une politique publique forte, du même type de firme énergétique EON-Rhurgas que celle que nous avons déjà presque en main. 

-c)  sur la question public-privé:

Voilà 20 ans que se développe dans le monde l'idéologie libérale de mise en cause du rôle de l'Etat dans l'économie, la dénonciation d'une soi-disant inefficacité totale  des entreprises publiques comparées aux privées, la mise en avant, comme un dogme, de la privatisation comme remède à ces "tares du public".
Un certain nombre de pays sont lancés dans des politiques de privatisations et ont mis en œuvre ces politiques libérales recommandées par les nouvelles élites.
Aujourd'hui, nous avons cette chance de disposer d'une expérience réelle et étendue dans ce domaine. Que démontre l'examen des faits? (et non le simple récit des dogmes, et nous nous contenterons ici des pays du Nord, car dans le Sud le bilan est bien pire)

.c1)les usagers-citoyens propriétaires de ces entreprises ont été spoliés de leur bien public qui a été vendu par l'Etat, a empoché les recettes, sans qu'il y ait ensuite une quelconque amélioration définitive des tarifs ou de la qualité; les salariés ont connu les réductions d'effectifs, de salaires et de retraites, en dépit de toutes les soi-disant garanties données

.c2)il n'existe aucun exemple qui démontre que la privatisation a conduit à une efficacité significativement améliorée des firmes privatisées

.c3)il existe de multiples exemples de sous-investissement, de dégradation de la sécurité, de crises d'approvisionnement, de manipulations des prix aux dépens des usagers, de spoliations des fonds de retraites obligatoires des salariés, nés de firmes privées ou privatisées (Australie, Nouvelle Zélande, Californie, USA, Enron, Angleterre, etc…

.c4)le bilan de toutes ces années de dégagement de l'Etat conduit  désormais, depuis un ou deux ans, à des mesures significatives d'un retour du rôle de l'Etat dans l'économie. Un nouveau mouvement s'amorce pour les firmes libéralisées et privatisées: fin de la libéralisation de l'élec et du gaz en Californie, suspension de la libéralisation dans tous les autres Etats américains sauf le Texas, re-nationalisation d'une partie du secteur élec en Californie, nationalisation de Railtrack (réseau anglais privatisé en faillite), etc… 

Mais, voici que Chirac-Raffarin-Juppé veulent privatiser EDF-GDF.
Et au vu de tous les éléments de cette synthèse, nous ne comprenons toujours pas quelles sont les raisons de ces décisions.
Peu importe la pub qui nous explique qu'ils veulent faire un truc qui ne sera ni la Californie, ni Enron, ni Railtrack, ni Vivendi, ni FranceTélécom, ni ceci ou encore cela. Bonjour les géniaux inventeurs qui prétendent réussir là où tous les autres ont lamentablement échoué!
  
Alors pourquoi veulent-ils privatiser EDF et GDF?

Nous ne pensons, pas tout de même, qu'ils font cela pour garantir des stocks options à Roussely ou ses successeurs! Ni qu'ils pensent en profiter, comme d'autres ailleurs l'ont fait, pour mener une grosse opération de corruption à cette occasion!
Peuvent-ils penser faire plaisir à leurs amis en leur offrant des places dans des noyaux durs? Ces noyaux durs ont fait faillite! Restent les "actionnaires de référence". Total? Suez? Il y a là des places qui conviennent plus aux ex-Mines ou Ponts de Bercy en recherche de pantouflage qu'à nos politiques!

Alors rien. La seule chose qui reste, voyez-vous, mais vous, lecteurs, vous pouvez aussi nous donner votre avis, c'est que la droite, cette droite qui revient de nouveau au pouvoir, elle vient avec un furieux esprit de revanche.

Eh oui, c'est Juppé, mais c'est aussi Chirac que nous avons vidés, dans la rue en 1995, puis dans les urnes en 1997! Et là, ils tiennent leur revanche! Et toute la droite, derrière Raffarin (cette bourgeoisie possédante provinciale) et le Medef, n'est qu'animée par un esprit de revanche, aussi fort qu'est visible leur morgue de classe de faux modestes qui nous regardent avec suffisance. Cet esprit de revanche des possédants qui se croient possédants de l'Etat, pour leur service, leur gloire et,… leurs profits, et qui ne supportent pas que ces imbéciles de citoyens leur résistent.
Depuis 1981, ils en rêvaient, de disposer de tous les pouvoirs, partout! Et voilà qu'ils les ont! D'abord ils choisissent leurs cibles de classes dangereuses comme dans leur projet de loi sécuritaire: les jeunes dés 13 ans, les prostituées étrangères et les tsiganes. Histoire de se faire les dents. Et ensuite, les classes dangereuses, ce sera nous, les travailleurs d'EDF-GDF qui avons fait ces boites avec et à la suite de nos anciens! 

Parce qu'ils ont besoin de casser les secteurs qui sont le symbole des capacités de résistance et de conquête des travailleurs contre les possédants! Et là, ce qui est en jeu, ce n'est plus le soi-disant pouvoir du PC dans la CGT-EDF, (pauvre PC, ne tirez pas sur les ambulances! S'il vous plait!), comme il y a encore 10-15 ans! 

Ce qui est en jeu, c'est la revanche de Juppé-Chirac et …Seillières contre ceux qui les ont  mis à la porte, en 1995-97, qui les ont démentis en applaudissant aux 35 heures, aux RTT, aux augmentations d'effectifs induits, aux emplois-jeunes; contre ceux qui ont disent "merde" à leurs fonds de pension!
Cette question des fonds de pension, rebaptisés fonds d'épargne de retraite par Raffarin, est toujours là, en arrière plan pour le bonheur d'Axa et des banquiers, âmes damnées du Medef, et ils en auraient bien besoin avec EDF-GDF, alors que leurs enfants Vivendi, Alcatel, Suez, France Telecom, etc… perdent tant en bourse!

Deuxième conclusion:

Juppé-Chirac-Raffarin-Seillières veulent leur revanche sociale, mais aussi dans ce projet ils veulent gagner les fonds de pension pour EDF-GDF, et donc ensuite pour tous les salariés. Et, pensez s'ils doivent rêver d'une victoire sur nous, et donc sur tous les travailleurs, en parvenant à privatiser EDF-GDF!

Conclusion générale:

Qu'ils rêvent! Et, comme cela est arrivé à Perrette et son Pot au lait, nous saurons bien, avec la majorité des citoyens de ce pays, être la pierre sur laquelle ils trébucheront et qui détruiront leurs rêves insensés!


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