Association Internationale de Techniciens, Experts et Chercheurs
21 ter rue Voltaire - 75 011 PARIS
Tél. : (33) 01 43 71 22 22 - Fax : (33) 01 44 64 74 55
Courriel : aitec@globenet.org
Accueil
Nouveautés
Calendrier international
Agenda France

Points de vue et contributions

Chantiers en cours
    * La question mondiale
    * Service public
    * Questions urbaines
    * Solidarité internationale

POINTS DE VUE ET CONTRIBUTIONS
 
Questions urbaines


Petit guide de maîtrise d'ouvrage communale et urbaine en Afrique. 

Troisième  partie. Réaliser des ouvrages publics
 

Introduction

Cest un des gestes les plus ordinaires dune municipalité. Il sagit en effet soit de construire soit dentretenir soit de réparer (réhabiliter) une voie, un marché, une école, une maison de quartier... Dans lhypothèse où ces travaux sont relatifs à un ouvrage public communal, ils sont des travaux publics dont la municipalité est le maître de louvrage.

La question qui nous intéresse ici est celle du choix du mode opératoire par le maître douvrage communal. Le processus de production de louvrage public résulte, dans tous les cas, des interventions conjuguées : 

- du « maître » : le maître de louvrage décide, commande, paie et met en service louvrage ; 
- du « concepteur » : il conçoit louvrage commandé et  (le même ou un autre) en surveille la réalisation ; 
- du « réalisateur » : il construit louvrage commandé tel que conçu par le concepteur.
Ces dénominations désignent des fonctions à assurer par des individus, des associations, des professionnels, des entreprises, des institutions publiques ou privées... qui sengagent à accomplir des tâches ; qui disposent de savoir et de savoir-faire techniques, sociaux, économiques, financiers ; qui sont capables de mobiliser les moyens nécessaires pour lexécution des tâches quils ont à accomplir ; qui répondent de la non-exécution ou de la mauvaise exécution de la commande, telle que constatée à la livraison de louvrage et, éventuellement, après la livraison de louvrage pendant la période de garantie légale qui suit la livraison. 

Notre propos ici nest ni technique ni juridique. Nous navons pas à préconiser lutilisation de tel professionnel plutôt que tel autre ni de telle clause contractuelle plutôt que de telle autre. Notre propos est desquisser les diverses possibilités de montage de lopération entre lesquelles la commune choisit en fonction :

- de sa propre capacité à exercer son « métier » de maître douvrage ; 
- des exigences des bailleurs de fonds et autres financeurs ; 
- de la technicité de louvrage ;
- du développement économique et entrepreneurial quelle veut promouvoir ; 
- des alliances politiques et sociales quelle souhaite nouer pour affermir sa base électorale et construire son projet de cité ;
- du rôle quelle veut faire jouer aux associations, aux organisations de solidarité (ONG) et aux usagers.
Il ne nous appartient pas de dire : « voici la solution » mais plutôt « voilà les possibilités, à vous de choisir ». 
 

1. Premier mode opératoire : la commune autoconstructeur

Ce premier mode se caractérise par une concentration des différents métiers ou fonctions entre les mêmes mains : la commune est à la fois maître douvrage, concepteur et entreprise. Elle commande, paie, conçoit, réalise elle-même. 

Ce processus dautoproduction ou dauto-construction  a notamment les faveurs des jeunes techniciens des services communaux. Ils ont hâte de faire la démonstration de leurs connaissances techniques... Les dirigeants de la municipalité peuvent aussi se montrer favorables à ce système de lautoconstruction aux motifs que « ça sera moins cher » et que « nul nest mieux servi que par soi-même ».
Cependant rien nest moins sûr.

Le coût est en général difficile à apprécier, car les services municipaux autoconstructeurs ont lhabitude de ne comptabiliser au titre des coûts que le prix des fournitures supplémentaires quil a fallu se procurer spécialement pour les besoins de lopération : le calque, le carburant, le ciment...
Le problème de la qualité se pose car lautoconstruction rend difficile le contrôle. 

Lexpérience montre que lautoproduction communale est souvent pleine dembûches :

a. Le maître douvrage exerce une autorité hiérarchique sur le concepteur (les services techniques) et sur le réalisateur (tel ou tel atelier municipal, telle ou telle brigade de travaux) de louvrage. Cette autorité hiérarchique peut être néfaste. Ce qui est demandé à un professionnel de la conception ou de la réalisation cest non seulement dêtre un bon professionnel mais cest aussi dêtre capable de conseiller son maître douvrage et même de sopposer à tout dérapage technique (« ce que vous nous demandez dajouter ici à louvrage principal est infaisable ») ou économique («...et entraîne un surcoût ou un coût supplémentaire extravagant »). Ces droits et devoirs de conseil et même de remontrance sont dans une large mesure, en contradiction avec le devoir dobéissance de lemployé à légard de son employeur.

b. Le travail à réaliser pour la production de louvrage se confond avec les autres tâches incombant aux services chargés de la conception et aux services chargés de la réalisation. Le mélange du travail à réaliser pour la production de louvrage avec les autres tâches ordinaires a beaucoup dinconvénients. Les urgences changent sans cesse en fonction des ordres, des pressions et des circonstances. La multiplicité des tâches exige une gestion rigoureuse des compétences et du temps qui est difficilement praticable. On peut essayer de pallier ces défauts en instituant un système de primes au rendement et au respect des échéances. Ce nest pas simple. Retenons que lautoproduction implique une autodiscipline difficile à exercer. 

On peut conclure que lautoconstruction communale est un mode de réalisation douvrage peu pratique et qui comporte bien des embûches. Il est sans doute souhaitable den limiter lutilisation aux :

- travaux de faible envergure difficiles à définir a priori (gros entretien, réparation douvrages existants) ; 
- communes disposant de services bien structurés capables à la fois de tenir les délais et de repousser des demandes excessives des dirigeants municipaux. 


2. Deuxième mode opératoire : le maître douvrage et léventail

Il sagit là dune tout autre organisation du travail, dans laquelle la commune exerce la totalité de sa fonction de maître douvrage et donne à faire à des contractants la totalité des tâches de conception et de réalisation.

La commune divise le travail à faire en tâches distinctes. Elle confie la réalisation de ces tâches aux professionnels et aux entreprises quelle sélectionne en raison de leurs compétences et de leurs spécialités. Cette division peut avoir pour objectif de tirer le plus grand profit de la spécialisation des professionnels et des entreprises : telle étude de climatisation doit être confiée au meilleur bureau détude de climatisation de la place ; tel lot « étanchéité » doit être confié à la meilleure entreprise spécialisée dans ce type de travaux...

Mais ce mode opératoire met le maître douvrage à rude épreuve. Il doit être capable :

- de diviser le travail en tâches, en sous-ensembles homogènes de travaux ;
- de passer autant de marchés que de tâches ; 
- dorganiser une coordination dautant plus stricte que la division en tâches est plus poussée. 


Lintensité du travail à fournir sajoute à celui qui pèse sur tout maître douvrage : sassurer de la faisabilité de lopération, établir le programme, trouver le financement...

Les communes africaines en sont capables, mais elles nont pas toutes les moyens techniques suffisants. Elles peuvent se faire assister dans leur fonction de maître douvrage. 

Ces tâches dassistance sont relatives : 

- à la conception du projet ;
- à son montage technique, administratif et financier ;
- à sa mise en uvre (appel à la concurrence, passation des marchés, contrôle de leur exécution...) ; 
- à la coordination des intervenants ;
- éventuellement à lexpertise technique des solutions proposées ; 
- à la réception de louvrage ; 
- à sa mise en service.


Il ne faut pas se méprendre sur la fonction et le statut de la ou des personnes qui assistent le maître douvrage et dont les dénominations sont dailleurs variées et changeantes. Lassistant nest pas le mandataire ou le délégué du maître douvrage (voir plus loin). Il ne le représente pas et nagit pas à sa place et pour son compte. Lassistant se contente daider le maître douvrage : 

- il soumet à son appréciation et à sa signature tout projet de décision ; 
- il attire son attention sur toute dérive, rédige les projets de marché à lui faire signer... 
Autrement dit lassistant est prestataire de services de conseil, détude..., en rapport direct avec la maîtrise douvrage et au bénéfice direct et quotidien du maître douvrage.
 

3. Une variante du schéma de léventail 

Le schéma en éventail vient dêtre présenté comme le résultat dune division en tâches correspondant à des spécialisations des concepteurs et réalisateurs. Il peut exprimer une tout autre réalité.
Une municipalité désire faire travailler les petites entreprises locales. Pour que ce soit possible, il faut leur proposer des travaux simples à réaliser et de faibles dimensions. Doù la nécessité de morceler les travaux en petits lots. Par exemple la voie urbaine à construire est divisée en tronçons. Chaque tronçon fait lobjet dun marché distinct. Il faut que la taille du lot convienne à la taille des entreprises que lon veut favoriser. Il faudra aussi sassurer que la grande entreprise de la place ne « rafle » pas tous les lots et reconstitue ainsi un seul et unique marché à sa convenance. A priori une pression officielle sinon amicale sur cette entreprise est la meilleure solution. Il semble difficile en droit :

- dune part de réserver certains appels doffre à la catégorie des « petites entreprises », catégorie quignore la plupart des codes des marchés publics ;
- dautre part dinterdire à une seule entreprise de se porter candidate à toutes les offres. 
Il arrive dailleurs que ces facilités daccès à la commande publique ne soient pas suffisantes. Il faut aussi en même temps travailler avec les organisations dont se dotent éventuellement les petites entreprises nationales afin de les préparer techniquement et surtout gestion-nairement.

Le maître douvrage doit enfin sappliquer à une gestion rigoureuse du marché : paiements fréquents et rapides, présence quasi permanente sur le chantier, contrôles se transformant en actions à la fois préventives et didactiques...
Là encore le maître douvrage est mis à rude épreuve.
 

4. Troisième mode opératoire : le maître douvrage et larbre 

La critique du mode opératoire dit de léventail est évidente : complexité des tâches incombant au maître douvrage et coût élevé dû à la multiplication des intervenants et des actes. 

On peut légitimement souhaiter simplifier ces procédures surtout lorsque louvrage nest pas dune grande complexité.

Lavantage qui mérite dêtre conservé consiste en la position centrale et stratégique du maître douvrage.

Quelle simplification trouve-t-on habituellement dans la pratique ? Le nombre de branches est ramené à deux ou trois ce qui fait ressembler le schéma du mode opératoire à un arbre pourvu de quelques branches maîtresses. 

Dans le cas le plus simple, le maître douvrage contracte avec deux partenaires : 

- le premier se charge de lensemble des tâches de conception, cest le maître duvre ; 
- le deuxième, lentreprise, se charge de mener à bien le processus de réalisation.
Ici, évidemment le travail du maître douvrage est plus simple puisquil na que deux interlocuteurs. Il nempêche quil doit soccuper de la cohérence des deux démarches. Lentreprise doit exécuter les projets, dessins et calculs du bureau détudes architecturales et techniques, et donc sabstenir de les modifier pour aller plus vite ou pour augmenter son bénéfice. En revanche, si lentrepreneur conteste la validité technique dune solution, il doit en faire part officiellement au maître douvrage, avec lequel il a contracté. Symétriquement, si le concepteur saperçoit que lentrepreneur ne respecte pas ses plans, il doit aussi en faire part au maître douvrage.

Juridiquement, le concepteur et lentrepreneur nont pas de relations : lun ne commande pas à lautre et ils ne sont pas non plus associés. Professionnellement, ils doivent communiquer et même bien sentendre. Toutefois ils ne sont liés contractuellement quau maître douvrage. Ceci vaut aussi pour le concepteur qui se verrait investi de la mission de « directeur de lexécution ». Diriger lexécution ne signifie pas disposer de tous pouvoirs sur lexécutant au nom du maître douvrage. Et ce pour au moins deux raisons : 

- le concepteur chargé de diriger lexécution veille et surveille mais ne parle ni ne décide au nom du  maître douvrage, quil ne représente pas faute dun mandat ly habilitant ; 
- le maître douvrage lui-même ne dispose pas de pouvoirs de commandement et dinjonction à légard de lentrepreneur, qui possède un savoir-faire spécifique et qui reste un professionnel indépendant, auquel on ne peut pas faire faire ce quil réprouve techniquement. 
Dailleurs, en faisant appel à des professionnels, en passant avec eux des contrats par lesquels ils mettent leurs savoir-faire à disposition du maître douvrage, ce dernier sait fort bien quil ne salarie pas un simple dessinateur ou un modeste maçon. 

Il reste donc bien au maître douvrage à piloter lensemble du travail et à veiller notamment à la parfaite coordination des tâches de conception et de réalisation. 
 

5. Quatrième mode opératoire : le maître douvrage délégué 

La maîtrise douvrage nest pas un métier, plutôt une fonction. Mais il est vrai quelle est complexe : 

- complexité financière : il faut trouver largent nécessaire, tirer sur les prix, amputer le projet de quelques perfectionnements trop coûteux...
- complexité technique : pour passer commande il vaut mieux avoir quelques connaissances techniques sur lobjet à construire et le processus de production...
- complexité sociale : il faut exproprier, négocier, composer avec les groupes de pression, faire alliance avec telle association dusagers, marginaliser telle secte...
Le maître douvrage communal peut donc faire le choix de sen remettre à un professionnel qui exercera à sa place et pour son compte la fonction de maître douvrage. 

Il ne peut évidemment se décharger de toutes ses responsabilités. Le maître douvrage reste celui qui conduit le processus de création et de réalisation de louvrage. Mais rien ne lempêche de demander à un professionnel dassurer la conduite de lopération à sa place, pour son compte et en son nom, cest-à-dire de déléguer certains de ses pouvoirs à un maître douvrage délégué.

Le délégué ou mandataire est un représentant. Les actes quil accomplit sont réputés avoir été accomplis par le déléguant ou mandant. On comprend que ce système du mandat puisse être dangereux. Beaucoup plus quun contrat de prestation de service.

Le mandataire prend en charge lopération. Il peut ne pas en faire assez sil est nonchalant, ou trop sil est activiste ; il peut alors devenir le maître douvrage de fait et éclipser presque totalement le maître douvrage de droit.

Comment se prémunir contre ces risques ? En obligeant le mandataire à rendre compte à son mandant fréquemment et à lui expliquer les pourquoi et les comment de ses actes. La comparution physique du mandataire devant un comité de suivi municipal est primordial. Il faut en profiter pour débattre et discuter la facture présentée par le mandataire demandant : 

- le remboursement des paiements quil a assurés lui-même au titre de lopération (par exemple le paiement dune partie des travaux) ;
- et le règlement de ses honoraires. 


Ces précautions sont assez efficaces lorsque : 

- le maître douvrage a lui-même choisi le maître douvrage délégué ;
- le maître douvrage est effectivement le payeur.


Elles le sont moins lorsque : 

- le délégué est imposé, en droit ou en fait, par lEtat ou un financeur. 
- le délégué reçoit, directement ou presque, les fonds du financeur, notamment dun bailleur de fonds. 
Est-il nécessaire dajouter que la situation est encore plus difficile lorsque les financeurs imposent leurs propres maîtres douvrage prétendument délégués parce quils nont pas confiance en cette collectivité locale ? 

En dehors de ces cas limites totalement opposés au pari de cet ouvrage sur le rôle irremplaçable des collectivités locales en Afrique, on ajoutera quune bonne solution consiste à faire collaborer maître douvrage et maître douvrage délégué à loccasion des décisions les plus importantes (choix du maître duvre, désignation des entreprises...). Ces rendez-vous obligés sont à déterminer dans le contrat de délégation de maître douvrage. La procédure de décision est à organiser : le rôle de rapporteur serait tenu par le délégué, les contradicteurs seraient les membres du comité de suivi, etc. 

Il ne faudrait pas aller trop loin dans cette voie, car si le maître douvrage a choisi de déléguer, cest pour se décharger de tâches quil juge trop lourdes ou trop techniques. Ce nest pas pour être sollicité à tout moment par son représentant. 

Il semble quelque peu superflu de faire contrôler le délégué par un bureau de contrôle. Si lon veut que le délégué ne fasse pas nimporte quoi, il paraît plus normal que le maître douvrage agisse lui-même, quitte à se faire aider par un assistant auquel pourrait être confiée une mission dassistance assez étroite et précise. Encore faut-il que lassistant ne soit pas de connivence avec le délégué ! 
 

Il convient dattirer lattention sur un point essentiel : le fait pour le maître douvrage public de donner mandat à un délégué soumis au droit privé na pas pour effet de placer lopération en question sous le régime du droit privé. Les contrats que le délégué peut être habilité à passer pour létablissement du projet puis sa réalisation ne sont pas des contrats privés. Ils sont des marchés publics. La théorie juridique du mandat est formelle : le mandat ne peut modifier la nature juridique des actes qui auraient été passés par le maître douvrage si celui-ci navait pas eu recours à un délégué. Ce dernier signe au lieu et place du maître douvrage public des marchés quil (le maître douvrage public) aurait pu signer lui-même. 

Cette mise au point vaut dêtre faite, car les agences de travaux à forme associative qui fonctionnent comme délégués des Etats et des communes sont, toujours à tort, présentées comme une forme de privatisation de la commande publique ; on fait croire que les agences sont capables de transformer la commande publique en commande privée comme un alchimiste transforme le plomb en or. 
 

6. Une variété de délégation de maîtrise douvrage pleine dintérêt : le délégué spécialisé dans la mise au travail des petites entreprises et uvrant à lamélioration du cadre de vie urbain 

Le recours à un maître douvrage délégué se justifie sans conteste dès lors que lon sengage dans une politique de facilitation de laccès des petites et moyennes entreprises nationales à la commande publique, en particulier municipale. Cette fonction de facilitation représente une véritable spécialisation.

Malheureusement, dans la pratique, ces opérateurs ne sont jamais des opérateurs municipaux. Ils sont étatiques ou en tout cas dominés par lEtat. Ils fonctionnent par le moyen de crédits internationaux qui leur sont versés directement en exécution daccords de crédits conclus par lEtat et les bailleurs de fonds.

Ce type dopérateur porté par les Etats et les bailleurs de fonds est particulièrement efficace en ce sens quil dispose finalement dans son secteur de tous les pouvoirs et de tous les moyens. Il se sent rarement responsable devant la commune et encore moins son  mandataire. Les fonds dont il dispose ne passent pas par les mains de la collectivité locale. Ce sont des fonds prêtés à lEtat et qui sont simplement « affectés à telle  opération localisée dans telle ville ». Dans de nombreux cas, cest à peine si lopérateur demande à la collectivité de signer le mandat formel qui lui donne pouvoir dagir en son nom et qui est une sorte de blanc seing très large et assez vague.

Lopérateur désigné la plupart du temps par le terme d« agence de travaux » est présenté comme lappareil technico-administratif dune association - quelque fois même bénéficiant du statut dONG - formée de la réunion : 

-  de représentants de lEtat,
- des maires de quelques villes,
- des représentants des organisations repré-sentant les petites entreprises nationales,
- de délégués des syndicats ouvriers,
- de personnalités indépendantes.


La formule de lassociation est intéressante en ce quelle autorise une sorte de cogestion du processus bien que dans les faits le directeur général ait souvent tous les pouvoirs et se passe de lavis du conseil dadministration formé des principaux partenaires. Ce même directeur est en revanche très attentif aux moindres des gestes et des paroles des bailleurs qui labreuvent de ses fonds. 

Le principal mérite de ces agences est de lancer des travaux dédilité de première nécessité et dont limpact social est fort (en particulier de réfection ou de construction de voies urbaines de desserte des quartiers souvent populaires). Elles seraient prêtes à travailler directement à la demande (on devrait dire commande) des autorités de quartier, des élus mandatés par la municipalité, des associations diverses. Elles pourraient aussi (mais ce nest pas encore une pratique : nous réfléchissons ici en termes de « possible ») confier des tâches dentretien à des réseaux dusagers agissant comme entrepreneurs de menus ouvrages.

Toutes ces possibilités sont du plus haut intérêt. En attendant que des agences municipales ou plutôt intermunicipales (une agence pour plusieurs municipalités) soient créées, il semble souhaitable que les représentants des collectivités locales siégeant dans les conseils dadministration de ces agences pèsent de tout leur poids pour les rapprocher des communes et de leurs préoccupations. Ils pourraient exiger delles quelles collaborent plus étroitement avec les services techniques municipaux qui ont besoin et envie dapprendre. Et enfin, au lieu de contourner les difficultés (par exemple en refusant contre toute logique dappliquer le droit des marchés publics) ne peut-on demander à ces agences quelles aident les dirigeants municipaux à les affronter : par exemple, en les aidant à créer un régime spécial de marchés publics efficace et honnête pour les petits travaux ; par exemple, en les aidant à fortifier les services techniques municipaux qui dans tous les cas de figure auront toujours des travaux à faire par eux-mêmes... et des responsabilités de maîtrise douvrage à exercer. 
 

7. Faut-il aller plus loin ? 

La pratique en Afrique na pas été beaucoup plus loin. Il est cependant utile de dire que ces modes opératoires ne sont pas figés dans leurs formes actuelles et peuvent évoluer.

Les voies dévolution possibles sont :

- la pratique du contrat global de conception de tradition anglo-saxonne (voie n° 1, voir plus loin) ; 
- le rapprochement avec les procédés dingénierie industrielle (voie n° 2) ; 
- lintroduction des méthodes de la promotion immobilière privée qui dans les pays pourvus de lois classiques sur la maîtrise douvrage publique sont difficiles à appliquer car elles ont tendance à dessaisir le maître douvrage public dune partie de ses pouvoirs ou bien à lui proposer de déléguer ses pouvoirs à une personne entièrement privée et non contrôlée par la puissance publique, ce quinterdisent les dites lois (voies n° 3, n° 4 et n° 5).


Première possibilité (voie n° 1). Le maître douvrage fait du concepteur, du maître duvre, le chef de file de lopération en lui confiant les responsabilités de toutes les tâches non physiques de lopération projetée :

- pour partie il fait le travail de lassistant du maître douvrage en participant à la détermination du programme, à la mise au point du plan de financement, aux opérations foncières préalables...
- pour partie il fait le travail du délégué du maître douvrage en prenant en charge les tâches de suivi de la réalisation.

Nous obtenons un schéma opératoire très simple et très efficace : 

- le maître douvrage ne déléguant pas ses pouvoirs de maître douvrage reste très actif et continue à intervenir souvent, mais toutes ses décisions sont préparées par son maître duvre, qui donc joue également le rôle dassistant du maître douvrage ; 
- le maître duvre à mission étendue (qui doit être capable bien entendu de mobiliser toutes sortes de compétences techniques) est la cheville ouvrière du processus opératoire ;
- les prestataires de services particuliers et les entreprises travaillant sous la direction et le contrôle unifiés de lhomme de lart qui est en même temps lhomme de confiance du maître douvrage.


Ce schéma est à contre-courant des habitudes françaises et francophones qui mettent laccent sur le délégué du maître douvrage au détriment si lon peut dire du maître duvre et qui font le pari dun certain effacement du maître douvrage. Le présent schéma prend une position inverse. Il suppose une sorte de professionnalisation du maître douvrage et une forte technicité du maître duvre. Ce qui nest pas toujours le cas. 

Deuxième possibilité (voie n° 2). Le maître douvrage confie à lentreprise la mission de faire les études et de réaliser les travaux.
Il se peut fort bien quen raison de sa spécificité technique, le projet arrêté par le maître douvrage ne puisse être exécuté quen recourant à un processus technique qui ne sont maîtrisés que par deux entreprises. Le véritable choix à faire est un choix entre les deux entreprises et non entre plusieurs projets darchitecture et dingénierie. Cest pourquoi il faut immédiatement organiser une mise en concurrence de ces deux entreprises et demander à chacune delles une proposition (soumission) intégrant conception et réalisation.
En ce cas lentrepreneur absorbe, en quelque sorte, le concepteur. Le schéma opératoire sen trouve simplifié dautant. Le maître douvrage ne passe quun contrat, il ne parle quà un interlocuteur... Dans ces conditions, le recours à un maître douvrage délégué ne simpose pas avec autant dévidence. On peut penser en revanche que la fonction dassistant au maître douvrage reste importante et quelle doit être assurée par des techniciens indépendants. 

Troisième possibilité ( voies n° 3, n° 4 et n° 5). Le recours à des formes de quasi promotion ou de promotion. 
La réalisation dun ouvrage engagée par le maître douvrage public en recourant à des concepteurs, entreprises, mandataires... est toujours une sorte daventure. Entre le moment où l« idée » même de louvrage simpose comme une sorte dévidence à tous les décideurs locaux et la mise en service de louvrage enfin construit... que de difficultés, dincertitudes, de craintes de dépasser le prix prévu... Les maîtres douvrage délégués et les assistants aux maîtres douvrage sont en principe là pour aplanir ces difficultés, pour dissiper ces craintes... bref pour pallier les carences techniques des collectivités locales. 

Rien ninterdit cependant de travailler à lamélioration du processus, notamment à sa simplification, par exemple en proposant que le cocontractant de la collectivité soit unique et prenne lentière responsabilité dudit processus, sengageant à livrer le produit à lheure convenue pour le prix convenu. Le maître douvrage na plus la direction du processus. Il passe commande et paie le prix.

Plusieurs variantes sont pratiquées (dans le droit français ces pratiques sont prohibées car contraires à la loi définissant la maîtrise douvrage publique qui, précisément, doit permettre à la collectivité de diriger lensemble du processus de production). Nous en présenterons quelques-unes. 

Première variante. 
Par contrat passé avec la collectivité le promoteur sengage à exécuter le projet retenu et à le livrer à lheure convenue et au prix global convenu, à charge de passer lui-même tous les contrats de conception et de réalisation quil croit devoir passer avec les firmes quil choisit. Le promoteur reste mandataire de la collectivité dont il mobilise les fonds au fur et à mesure de lavancement du travail. Tout dépassement du prix est supporté par le promoteur (voie n° 3).
 
Deuxième variante. 
Dans dautres circonstances, le promoteur se présente comme vendeur dun ouvrage qui est à faire (ou au moins à finir) acceptant sous certaines conditions quon le règle à la livraison, clés en main. Il peut aussi y avoir paiement du prix par fractions au fur et à mesure de lexécution de louvrage, par étapes successives (voie n° 4). 
 
Troisième variante. 
Le promoteur est vendeur mais « fait crédit » à la collectivité qui règle le prix par paiements successifs sur une période par exemple de dix ans, le constructeur assurant en outre la maintenance de louvrage pendant la même période (voie n° 5). 
Lintérêt de ces trois dernières formules est de déplacer le centre de gravité des risques de la collectivité publique vers le promoteur qui est un professionnel. Linconvénient est le dessai-sissement de la collectivité comme « patron » du processus de production. Cest évidemment le but que poursuivent les tenants de cette ligne que lon a pris la mauvaise habitude dappeler libérale. 
 

8. Des ouvrages non voulus

La pratique communale est riche dexemples douvrages appartenant à des communes qui ne les ont : 

- ni commandés, par le moyen de marchés de ; 
- ni acquis, par un acte délibéré.
Il sagit par exemple de la voirie de lotissement que la commune se voit contrainte dincorporer à son domaine public alors que lautorisation de lotir ne le prévoyait pas. Cette voirie est parfois la voie intérieure tout à fait chaotique dun quartier dit spontané que la commune désire légaliser et par là intégrer pleinement à la ville.

Ce peut être aussi le bâtiment scolaire quelque peu approximatif réalisé par une association de quartier et donné à la commune contre la promesse den faire une école. 

Evidemment la commune peut toujours refuser dincorporer à son patrimoine un ouvrage dont elle ne veut pas parce quil est mal construit ou tout simplement parce quil lui faudra en assurer la charge de fonctionnement et dentretien. Mais ce droit de refuser est souvent formel. La pression sociale est trop forte... et les élections trop proches. Dans le cas de la légalisation du quartier spontané, cette incorporation est délibérée et le maire ne va pas dire aux habitants riverains :  « réaménagez la voie avant de me la confier ».

Il ny a pas de solutions simples à ce type de difficultés. Pour une commune, la seule attitude praticable consiste à prévenir, à anticiper et surtout chaque fois que cest possible à enfermer le « don » dans une relation contractuelle. 

Bien des autorisations de lotir sont prises par les autorités centrales sans que le maire ne soit invité à donner son avis. Cest particulièrement vrai en Afrique. La plupart des lotissements sont des lotissements domaniaux décidés par les services centraux eux-mêmes qui ne vont tout de même pas sabaisser à demander lavis dinstances locales. Cest pourtant au moment de linstruction de la demande dautorisation quil faut discuter de la viabilité du lotissement qui est à concevoir comme un morceau de ville. Le maire nest pas en situation dexiger que lautorisation colorie en bleu les voies quil se propose de communaliser et en rouge celles quil ne prendra pas en charge. Il sait bien que malgré ses dire, il risque fort de devoir un jour ou lautre incorporer toutes les voies au domaine communal. La seule bonne méthode semble consister à rationaliser le réseau viaire interne et à faire passer la raison communale avant les autres. Là le dialogue entre les services techniques municipaux et les concepteurs de la voirie joue un rôle fondamental. Il joue un rôle dautant plus efficace quil est noué tôt, dès les premières esquisses. 

Lorsque louvrage est le produit dune activité informelle ou populaire, on peut là aussi ne pas attendre le dernier moment, la veille de la remise du bien, pour critiquer sa malfaçon. Il faut là aussi prévenir. Un maire peut demander à lassociation qui entreprend de réaliser le futur bâtiment scolaire (le maire en est toujours informé) daccepter dès la conception du plan du futur bâtiment dentendre larchitecte ou le technicien municipal. Ce nest pas toujours possible. Cest parfois même complètement contradictoire. Un maire qui lutte contre la création de quartiers spontanés ne peut pas en même temps se présenter comme lurbaniste conseil de ces quartiers en train de se faire. 

Dans tous les cas de figure, il est de lintérêt de la commune de situer la « remise » du bien dans un « échange de bons procédés » prenant la forme dune sorte de contrat, qui dailleurs peut rester oral sil est passé publiquement et cérémonieusement comme on en a lheureuse habitude en Afrique sud-saharienne. Lidéal est de conclure ce contrat en négociant chaque engagement de chaque partie et en lui donnant la forme dun contrat de concours (ou contrat doffre de concours) dont la teneur pourrait être par exemple :

- lassociation qui a construit le bâtiment scolaire en fait remise à la commune, sengage à lentretenir pendant cinq années et entreprend sans délai laménagement des abords selon le programme arrêté dun commun accord entre lassociation et la municipalité ; 
- la municipalité accepte le bâtiment, procède à son aménagement intérieur et à son ameublement et sengage à faire toutes les démarches nécessaires auprès des services dEtat de lenseignement primaire pour que lécole puisse fonctionner à la rentrée scolaire de...


Pour être parfaitement conforme à la tradition juridique, il convient dorganiser ces engage-ments sous la forme dune seule offre de concours émanant de lassociation assortie de tous les engagements de loffrant ainsi que de toutes les conditions de loffre (qui sont autant dobligations pesant sur ladministration : incorporer le bâtiment au patrimoine communal, aménager et meubler le bâtiment...). Dès que la commune accepte loffre par délibération du conseil municipal et donc reçoit louvrage, elle met le processus en action. Si par extraordinaire la collectivité était dans limpossibilité de satisfaire aux conditions posées par loffre, elle serait dans lobligation de rétrocéder le bien.

Ce procédé de loffre de concours devrait être appelé à de larges développements. Loffre peut également consister en totalité ou en partie en une contribution foncière ou même monétaire. En ce dernier cas, dès acceptation de loffre, les sommes en question sont versées à un « fonds de concours » annexé au budget communal. Ce fonds reste isolé du reste du budget et sera affecté à lobjet désigné : création dun terre-plein le long dune avenue commerçante pour que les commerçants riverains puissent déballer plus facilement leurs marchandises et les offrir à la vente ; extension dun parking à la demande des habitants ; extension du réseau deau au bénéfice dun sous-quartier nouveau...
 

9. Les travaux dentretien

Lentretien des ouvrages publics est un des travaux municipaux les plus difficiles. Et, il faut bien le reconnaître, les municipalités sont ici souvent défaillantes. Quelle municipalité accepte daccompagner la mise en service de tout ouvrage neuf dune augmentation corrélative et suffisante des crédits dentretien ? Quelle municipalité a une notion claire de ce quentretenir veut dire ? Trop de municipalités se disent quil suffit pour entretenir de quelques coups de balai à donner de temps à autre par le service municipal de nettoiement... et que le jour où louvrage sera trop dégradé, il sera temps alors denvisager de lancer des travaux de réhabilitation lourde.

Pour maintenir la capacité de service dun ouvrage (ce qui est la définition la plus simple de lentretien), une municipalité a dordinaire recours à ses propres services dits dentretien qui sont presque toujours parmi les moins bien lotis et les moins bien « considérés ». Faut-il, dans ces circonstances, abandonner cet « auto-entretien » - comme on a pu parler dautocons-truction - et donner le travail dentretien à faire à une entreprise spécialisée par le moyen dun marché de travaux dentretien ? 

La tâche nest pas aisée car le travail à demander ne se prête pas à une spécification précise sauf sil sagit dun ouvrage complexe livré avec un mode demploi énumérant les actes et travaux périodiques à exécuter. On peut se demander alors sil ne vaut pas mieux confier lentretien au constructeur ou à linstallateur, au moins pendant la période de garantie décennale. Cela va de soi dans le cadre du contrat évoqué à la fin du septième point de la présente partie (troisième possibilité, troisième variante). 

Pour ce qui concerne les ouvrages ordinaires, les solutions ne sont pas évidentes. Les « exemples exemplaires » ne sont pas nombreux. Il semble toutefois que les moins mauvais résultats soient obtenus chaque fois que lon « implique » les usagers dans le processus dentretien.

« Impliquer » peut vouloir dire confier lentretien aux usagers eux-mêmes par le moyen dun marché de travaux à exécuter sur plusieurs années, qui serait conclu par la commune avec une organisation dusagers (association de proximité, organisation non gouvernementale travaillant pour une association, entreprise associative ou assimilée « garantie » par des associations dusagers...). 

« Impliquer » peut vouloir dire aussi demander aux associations dusagers quelles participent à la programmation des tâches dentretien aux côtés du maître douvrage et surtout participent à des réunions périodiques dévaluation réunissant le maître douvrage et lentreprise ou le service chargé de lentretien. 
Chaque fois que les tâches sont assez simples et que les usagers sont facilement identifiables ou - encore mieux - constitués en associations, on pourrait expérimenter de telles formules. 
 

10. Se passer des services techniques centraux ?

Le maître douvrage communal est souvent confronté à la volonté de lEtat de jouer les premiers rôles.

LEtat, par son ministère en charge des travaux publics, peut vouloir assurer la maîtrise douvrage déléguée de tous les travaux dinfrastructure et de bâtiment des collectivités locales. 

Il peut aussi revendiquer au minimum une sorte de mission de contrôle technique des projets et des travaux dinfrastructure se traduisant par :

- un visa des plans et pièces écrites annexées aux plans ;
- une participation à la réception de louvrage. 


Entre ce maximum quest la maîtrise douvrage déléguée et ce minimum quest le contrôle, toutes les situations peuvent se rencontrer.
Le passage des municipalités par les services techniques de lEtat est en général présenté comme une protection des collectivités publiques contre elles-mêmes et une garantie de bonne qualité technique des ouvrages publics. Il nest pas rare quil faille y voir aussi la volonté de puissance des ingénieurs ou des architectes dEtat et leur souci tout à fait trivial de prélever au profit de leur administration quelques honoraires pour services rendus. Les collectivités locales ne saperçoivent pas toujours de lexistence de ces honoraires qui sont parfois versés directement par lentreprise. Il est assez classique de voir en effet le « surveillé » et le « contrôlé » payer à son surveillant et son contrôleur les honoraires de surveillance et de contrôle.

Lobligation pour la commune de passer par les services techniques de lEtat nest pas toujours fondée juridiquement. Il nest pas rare que cette obligation soit exprimée par un simple organigramme approuvé par arrêté du ministre chargé de léquipement, donc sans effet à légard dune collectivité locale dont lautonomie est attestée par la Constitution ou une loi. Cette obligation est souvent le fait dun décret ou dune loi promulgué bien avant que le principe constitutionnel de lautonomie de toutes les collectivités territoriales ne soit affirmé. 

Quoiquil en soit la municipalité, si elle ne veut pas perdre trop de temps, devra laccepter. Autant alors tirer parti de cette collaboration obligée en exigeant des services techniques centraux : 

- quils sengagent contractuellement envers la commune à faire tel travail dans tel délai pour tel prix ; 
- quils livrent à la commune des avis, notes techniques et visas soigneusement argumentés et expressément signés par eux, ce qui les engage ; 
- et surtout quils collaborent avec les services techniques communaux afin de les entraîner et les aguerrir. 
La situation est beaucoup plus embarrassante lorsquun organisme dEtat se voit confier la responsabilité de gérer des programmes entiers dinvestissements communaux sur financement extérieur. 

Les bailleurs de fonds ont pris en effet lhabitude de confier « leurs » programmes dinves-tissement à des établissements publics dEtat spécialisés dans la conduite dopération ou à des sociétés déconomie mixtes spécialement mandatées par lEtat. Ces institutions ne se contentent pas seulement de piloter ces programmes, mais elles sen reconnaissent les maîtres douvrage - en titre et non délégué - et aussi les maîtres duvre, chargés donc aussi des études de projet ainsi que de la direction et du contrôle de leur lexécution. Les communes sont souvent impuissantes face à ces forteresses. 
Heureusement, ce type de pratique sestompe. Il est trop clairement contraire au principe dautonomie de ladministration communale. 


 

Retour

Accueil

Début de page