Association Internationale de Techniciens, Experts et Chercheurs 21 ter rue Voltaire - 75 011 PARIS Tél. : (33) 01 43 71 22 22 - Fax : (33) 01 44 64 74 55 Courriel : aitec@globenet.org |
* La question mondiale * Service public * Questions urbaines * Solidarité internationale |
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QUESTIONS URBAINES |
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texte ci-dessous est le résultat d'un séminaire organisé
par l'Aitec, en collaboration avec l'IRD, le 13 février 2001. C'est
une version provisoire, soumise au débat, de ce qui pourrait être
la position des chercheurs français à l'occasion d'habitat
II+5.
1. La réunion dHabitat II devait donner une place mieux déterminée à la recherche. Les textes officiels insistaient sur limportance du partenariat impliquant tous les acteurs, dont les chercheurs. Cette participation devait être envisagée à deux niveaux, au sein des commissions nationales, et lors dun "forum pour les organismes professionnels et universitaires". Cette contribution a été proposée à la commission nationale française, en tant que contribution des chercheurs sur les PED à la réflexion française sur les questions urbaines dans lactuel contexte de mondialisation de type libéral. Nous avions notamment pour objectif, partant de la recherche urbaine française sur les PED, daider à une confrontation avec le reste de la recherche urbaine française dune part, et de la recherche dans les pays du Nord et du Sud avec laquelle nous sommes en contact dautre part. De ce point de vue nous constatons quen France la recherche urbaine sur les PED sest restreinte et a été isolée du reste de la recherche urbaine. Pourtant, malgré les spécificités, on retrouve des problématiques communes, et les points de vues senrichissent mutuellement. 2.
Les chercheurs français travaillant sur les questions urbaines
dans les pays du Sud sétaient fortement mobilisés aux côtés
des militants associatifs dans la préparation de la Conférence
Habitat II.
3.
A partir de quoi peut-on apprécier les résultats de la
recherche, en fonction de quels critères, de quelles attentes ?
Dans un premier temps, on peut partir de la production de recherche, de
ses résultats tant au niveau de la production des connaissances
que de ses applications. Il convient également de sinterroger sur
lévolution : en fonction de quoi et comment ont changé les
thèmes, et pourquoi de nouvelles thématiques émergent-elles
?
6. Sil est vrai que la recherche nest pas le seul mode de production de connaissances, il convient de souligner le statut spécifique de la connaissance scientifique. Cest parce quelle se soumet à des exigences théoriques et à des procédures rigoureuses que la recherche peut être considérée par les autres acteurs comme une instance de légitimation. Plus que par son "engagement", cest grâce à sa fonction de "passeur"que le chercheur est reconnu comme intervenant autonome. Sil est fréquemment appelé à "accompagner" des expériences appliquées, il ne sengage quexceptionnellement dans le prescriptif. 7.
Le mouvement scientifique est plus que jamais partagé entre deux
tendances contradictoires : d'une part, la mondialisation fait surgir des
thèmes universellement ressentis, d'autre part, la singularité
des territoires continue d'exiger des spécialisations lourdes qui
se perpétuent au sein de communautés scientifiques à
travers des individualités. Lorsque des tentatives de rapprochement
inter-régionaux sont faites autour d'un thème fédérateur,
on s'aperÁoit que les concepts n'ont pas le même sens d'un
locuteur à l'autre. C'est dire que la mondialisation n'efface pas
les territoires et, s'agissant de la ville, que la mégalopolisation
du monde et la précarisation croissante ne réduisent pas
nécessairement la diversité des situations urbaines.
8. La recherche porte aussi sur ce qui détermine lévolution de la ville et celle des politiques de la ville. Quest-ce que linstrumentalisation ? Pourquoi faire cette critique ? Il est nécessaire de mener une réflexion sur la construction des concepts et méthodes. En dehors de cette réflexion le risque est grand que les effets pervers des politiques lemportent sur les meilleures intentions. La
recherche urbaine ne semble cependant pas en mesure dexploiter la crise
de la pensée dominante comme en témoignent les thèses
de la " ville émergente ". Elle doit afficher la ville dans la mondialisation
comme objet si elle veut éviter la « ghettoïsation »
des recherches urbaines sur le Sud et proposer non pas des contre-discours
idéologiques stériles mais dauthentiques alternatives théoriques.
Elle ny parviendra quen faisant lanalyse des situations réelles
et en investissant de nouveaux champs comme léconomie sociale,
le rapport citoyenneté/fiscalité dans le cadre des réformes
de décentralisation, les nouvelles formes de conflit et les questions
de sécurité, etc.
Plus
encore que dans dautres champs de recherche, il est aujourdhui difficile,
sagissant de la ville, de rendre compte de la diversité, tout autant
que de traduire la particularité et loriginalité dun monde
dans le savoir dun autre monde. On soulignera aussi les limites de compétence
dun chercheur étranger en labsence de démocratie politique
dans le pays où il est conduit à travailler. Il est enfin
préoccupant de constater à quel point les connaissances accumulées
sur les villes du Sud sont à peu près inaudibles au Nord.
9.
Le dispositif français de recherche urbaine sur le Sud souffre
plus que jamais :
10. Les politiques dappui aux communautés scientifiques du Sud se résument trop souvent à loctroi de quelques bourses ou de quelques crédits de fonctionnement. Ces politiques ne sont pas nécessairement ciblées sur les pays les plus désavantagés dans la compétition scientifique (le dernier appel doffres du ministère de la Recherche pour le financement de séjours détudes en sciences sociales retient prioritairement lAfrique du Sud, le Brésil, la Chine, lInde, le Japon, le Mexique et la Russie). Les
enjeux nous semblent plus larges :
11.
Sur tous ces points, le bilan dHabitat 2 semble bien maigre. Il ny a
eu ni soutien résolu à des réseaux internationaux
de chercheurs, ni promotion dun véritable programme international
de recherche sur la ville. Tout indique que la grande affaire des "indicateurs
urbains mondiaux" échafaudée à loccasion dIstanbul
a fait long feu (Il serait intéressant à cet égard
de faire le bilan des "Agendas 21 locaux" et des "coalitions locales").
Mars
2001
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