Association Internationale de Techniciens, Experts et Chercheurs 21 ter rue Voltaire - 75 011 PARIS Tél. : (33) 01 43 71 22 22 - Fax : (33) 01 44 64 74 55 Courriel : aitec@globenet.org |
* La question mondiale * Service public * Questions urbaines * Solidarité internationale |
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QUESTIONS URBAINES |
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Sommaire
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Etat des lieux thématique
2- Cette contribution est proposée à la commission nationale française, en tant que contribution des chercheurs sur les PED à la réflexion française sur lurbain. La contribution est également loccasion dune confrontation avec les autres points de vue. En effet, la contribution des chercheurs sur les PED sera proposée aux chercheurs travaillant sur les problèmes urbains en France, en visant une contribution commune. En France, la recherche urbaine sur les PED sest restreinte et a été isolée du reste de la recherche urbaine. Pourtant, malgré les spécificités, on retrouve des problématiques communes, et les points de vues senrichissent mutuellement. Nous partons donc pour notre part, de la recherche urbaine française PED, pour la confronter avec le reste de la recherche urbaine française dune part, et de la recherche dans les pays du Nord et du Sud avec laquelle nous sommes en contact dautre part. Ce texte sera aussi soumis aux autres acteurs travaillant en coopération avec les chercheurs, particulièrement au sein du Programme Solidarité Habitat, qui prépare un forum en 1995 sur ce sujet. 3- Nous proposons dorganiser la contribution des chercheurs autour de trois parties : un état des lieux thématique de la recherche urbaine sur les vingt dernières années ; les critiques des fondements et des politiques ; les propositions des chercheurs et de la recherche par rapport à Habitat II. 4-
Avant
la contribution, il convient de sinterroger sur Habitat I. La position
des chercheurs doit-elle se définir par rapport au débat
international (tel quil est défini par Habitat II) ou par rapport
aux pratiques, quil ne faut pas sous estimer ? Pour faire avancer la réflexion
sur cette question nous proposons un document sur Habitat I (1976) qui
retrace lévolution des idées (lhistorique des termes Habitat
et Etablissements humains par exemple) et replace le rôle de la recherche
à Vancouver. On peut y suivre depuis 1976, un double glissement.
Lun des préoccupations du logement à lhabitat et à
la ville, qui traduit une prise de conscience de limportance de lurbanisation.
Un glissement de la politique urbaine à la gestion urbaine qui est
marqué par la progression de la pensée néo-libérale.
5- A partir de quoi peut-on apprécier les résultats de la recherche, en fonction de quels critères, de quelles attentes ? Dans un premier temps, on peut partir de la production de recherche, de ses résultats tant au niveau de la production des connaissances que de ses applications. Il convient également de sinterroger sur lévolution : en fonction de quoi et comment ont changé les thèmes, et pourquoi de nouvelles thématiques émergent-elles ? 6- Comment sorganisera la discussion à Habitat II ? Des forums devraient être organisés sur 11 thèmes proposés par le secrétariat. Ces thèmes reflétent une lecture des problèmes à un niveau institutionnel global. Du point de vue de la recherche, nous ne pouvons rester prisonniers dune telle grille opérationnelle, bien que nous la prenions en compte. La recherche produit ses propres thèmes selon dautres représentations de la réalité et le temps de la recherche est différent de celui de lintervention. La définition des thèmes à retenir pour la recherche urbaine des années à venir est un des enjeux dHabitat II, qui doit ouvrir le débat sur la politique de la recherche. 7-
Le
mouvement scientifique est plus que jamais partagé entre deux tendances
contradictoires : d'une part, la mondialisation fait surgir des thèmes
universellement ressentis, d'autre part, la singularité des territoires
continue d'exiger des spécialisations lourdes qui se perpétuent
au sein de communautés scientifiques à travers des individualités.
Lorsque des tentatives de rapprochement inter-régionaux sont faites
autour d'un thème fédérateur, on s'apercoit que les
concepts n'ont pas le même sens d'un locuteur à l'autre. C'est
dire que la mondialisation n'efface pas les territoires et, s'agissant
de la ville, que la mégalopolisation du monde et la précarisation
croissante ne réduisent pas nécessairement la diversité
des situations urbaines.
8-
Tous
les thèmes identifiés à l'occasion dHabitat II font
l'objet de travaux de recherche souvent conduits par des chercheurs isolés.
Pour notre contribution, nous retiendrons les thèmes issus de dispositifs
de recherche (cest-à-dire au moins trois chercheurs sur 3 ou 4
ans). Interurba a le projet déditer des fiches portant sur les
thèmes évoqués dans le présent texte, et incluant
également les thèmes émergents.
9-
Questions
foncières
La gestion du rapport entre le droit traditionnel et le droit moderne est au centre de nombreuses interrogations. Le droit traditionnel a été considéré comme le fait de "minorités" en Asie, dans un contexte de "politique indigène" en Amérique latine ou dans la perspective de la domination coloniale ou post-coloniale en Afrique. Il a été caricaturé jusquà lépoque actuelle, la recherche ayant particulièrement mis en évidence ce phénomène en Afrique sous lexpression du "référent précolonial". La fameuse opposition tradition-modernité est dépassée dans le domaine des pratiques foncières et, à linterface, se développe une problématique nouvelle, qualifiée de "problématique de lentre deux" (préférée à "transition") dans les travaux récents. Elle correspondrait à un ensemble dinnovations contemporaines dans le statut de la terre (patrimonialisation) et dans le rapport au droit qui est interprété en fonction des logiques dacteurs et des modes coutumiers de formalisation. Elle est lexpression de métissages culturels en cours de concrétisation illustrant, pour compenser la tendance à la mondialisation du marché ou des institutions de gestion, un processus complémentaire daffirmation des identités ou des particularités régionales ou locales. 10-
Modes
de financements de lurbanisation
11-
Services urbains
12-
Transports urbains
13-
Ville et travail
14-
Migrations urbaines
15-
Gestion urbaine et régulation sociale
La
problématique de lexclusion est en partie liée à
celle de la gestion urbaine : la rigidité des systèmes publics
formels rendent ces derniers inaccessibles à une part (croissante?)
de la population en situation de précarité. Face à
lincapacité des institutions dinclure la totalité des habitants
dans le mouvement de modernisation de la ville, la "société
civile" élabore et met en oeuvre des systèmes parallèles.
Ces initiatives reposent dune part sur le secteur informel, et dautre
part sur une entité infra-municipale, le quartier, espace dorganisation
et de production de biens et services et espace de solidarité.
16-
Mégapolisation
17-
Cultures urbaines et governance
Dans
le domaine de ladministration des collectivités territoriales et
singulièrement des communes ou municipalités, deux modèles
dorganisation, résultant de deux traditions occidentales, paraîssent
saffronter. Le premier, porté par la Banque mondiale après
avoir été découvert par léconomie politique
nord-américaine, est associé à la notion de governance.
Ce terme, à travers lanalyse de ses usages, met moins laccent
sur une formule dorganisation que sur la nécessaire légitimité
de lautorité intervenant dans le champ considéré,
tant en termes de responsabilité que de capacité à
répondre aux besoins des usagers. Le deuxième modèle
de la décentralisation, sinscrivant dans lhéritage latin
ou romain de la contre-réforme (France), se présente comme
une formule de redistribution des compétences au profit des autorités
locales en coupant le rapport hiérarchique entre le centre politique
et les collectivités et le contrôle dopportunité que
le premier exercait auparavant sur les décisions des secondes.
18-
On ne peut réduire la production de la recherche à l'approche
thématique. Le rôle de la recherche est daméliorer
la connaissance, de fournir un stock danalyses proposées pour les
pratiques et les mécanismes de prise de décision. La recherche
participe également à une meilleure connaissance des représentations
de la réalité, de la construction des concepts et des théories
avec un double objectif, explicatif et opératoire. L'intérêt
de l'approche thématique est de rendre plus aisé le rapport
entre les interventions opératoires et les pratiques. Pour autant,
les recherches et les pratiques sont deux champs ayant chacun leur logique
et leur légétimité spécifique. Il est nécessaire
dévaluer leurs relations, quelles fonctionnent ou non sous la
forme dapplication, cette évaluation se place de plusieurs points
de vue : celui des conséquences sur la transformation de la réalité,
celui du retour sur la recherche, celui de la recherche dans le cadre de
laction. Cette question de la relation entre recherches et applications
est un des enjeux essentiels dHabitat II. Elle redonne toute sa dimension
à la transmission et léchange des connaissances liés
à la production de celles-ci, de la formation (ex : Université)
et de la coopération.
Critiques des fondements et des politiques 19-
La recherche porte aussi sur ce qui détermine lévolution
de la ville et celle des politiques de la ville. Quest-ce que linstrumentalisation
? Pourquoi faire cette critique ? Il est nécessaire de mener une
réflexion sur la construction des concepts et méthodes. En
dehors de cette réflexion le risque est grand que les effets pervers
des politiques lemportent sur les meilleures intentions.
20-
Le rôle de la recherche dans la connaissance de la réalité,
et lappréciation de ses évolutions, de ses représentations,
sont trop souvent niés, ou ignorés par les chercheurs.
21- La critique des fondements des modèles urbains en oeuvre actuellement est nécessaire à la modification progressive des pratiques. La question des modèles est au centre de nombreuses problématiques. On assiste à la fin des anciens modèles de gestion et de production de lurbain dans le monde et au quasi monopole de celui de la Banque mondiale. Pourtant, peut-on réellement parler de modèle de la Banque mondiale ? En effet, depuis quelques années, on peut relever la contradiction entre le néo-libéralisme quelle prône, sa pratique à travers les projets urbains et les conséquences néfastes des programmes d'ajustement qu'elle défend. 22-
La scène urbaine a vu émerger de nouveaux acteurs qui sengouffrent
dans lespace créé par le désengagement de lEtat.
Un repositionnement de tous les acteurs est à loeuvre dans ce mouvement.
Les quatre types dacteurs de la ville identifiés sont : les municipalités
; la société civile organisée au sein déglises,
de partis politiques, dassociation dhabitants, ou dONG ; les entreprises
et les acteurs économiques qui gèrent les services urbains
; et les professionnels.
23-
Le marché et la démocratie sont affirmés comme également
désirables et se renforçant mutuellement parce quils postulent
tous deux une multiplicité de sujets individués, formellement
semblables dans leur capacités daccès aux ressources collectives,
et associés librement dans des organisations plus ou moins complexes
pour une meilleure efficacité de leurs transactions. Les liens sociaux
abstraits de léchange et de la représentation sont appelés
à remplacer les solidarités liées à la naissance
et à la tradition. Moins les ressources abondent et plus lassentiment
collectif à lindividualisation est difficile, plus la transition
se fait violente, plus les anciennes affiliations se mobilisent au coeur
des nouveaux mécanismes en gestation.
24- La citoyenneté éclatée, vécue comme telle par les protagonistes de la ville, fait de la revendication de la participation civique et politique au sens large, un phénomène planétaire. Citoyenneté et urbanité, jadis solidaires, ne le sont plus et font place aux villes productrices dexclusion. Reconstruire la modernité par lépanouissement de nouvelles citoyennetés se dévoile alors comme lambition pour laube du XXIe siècle et comme la poutre maîtresse dun nouveau projet de civilisation urbaine. La citoyenneté doit être déclinée et trouver des modes dexpression multiples, respectueux de larticulation (spécifique et unique à lenvironnement où elle sexcerce) de léconomique, du politique, du social, du culturel, avec cependant une intention centrale : le citoyen doit être remis au centre des choix et des décisions et contribuer ainsi à recréer la ville "plurielle", la ville métisse de cultures et didentités, attentive aux usages et aux "pratiques ordinaires" par lesquels "les gens de peu" sapproprient lespace et vivent leur vie, attentive aux "arts de faire" où sinvente le quotidien. La citoyenneté, clef de la cité ? En tous les cas de la recherche sur la ville ! 25-
La notion de crise urbaine est largement utilisée pour caractériser
les difficultés actuelles dans le développement des villes,
que ce soit au Nord, à lEst ou au Sud. Elle est illustrée
partout mais selon des modalités différentes, par la marginalisation
et lexclusion dune partie de la population urbaine. La très grande
diversité de situations à laquelle est appliquée lidée
de crise, amène plusieurs interrogations : sagit-il dun concept
applicable à toutes les situations ? Parle t-on de crise urbaine
ou de limpact de la crise sur la ville ? On peut tenter de définir
la crise comme le résultat de la concomitance et de la généralisation
de ruptures déquilibres à différents niveaux. Il
convient de séparer le concept généralisable de crise
urbaine des crises sectorielles, de celle des modèles de gestion
de la ville et de la citoyenneté. Se pose alors le problème
du cadre danalyse de la crise. Le contexte de rupture des modèles
économiques, de crise des modèles dintervention de lEtat,
de lémergence des initiatives populaires face à linefficacité
des pouvoirs publics, renvoie in fine, à lidée que plus
que la ville, ce sont les modèles dintervention dans lurbain qui
sont en crise.
Propositions des chercheurs et de la recherche 26- Les chercheurs peuvent-ils être considérés comme des acteurs autonomes ? peuvent-ils développer des stratégies propres ? Cette question de lautonomie des chercheurs se pose du point de vue des individus, des institutions de recherche et de la collectivité des chercheurs. Il convient de soumettre cette catégorie, comme les autres, à lanalyse critique et de la situer dans lensemble formé par les acteurs de la production urbaine. 27- Comment se situe la recherche par rapport à la demande sociale ? Celle-ci est-elle définie exclusivement par les pouvoirs publics ? Les institutions de recherche doivent-elles définir leurs programmes à partir de leurs seuls commanditaires ? D'autres acteurs (associations, mouvements sociaux par exemple) n'ont-ils pas aussi légitimité à exprimer aussi la demande sociale. 28- Nous proposons que les chercheurs, dici Habitat II, définissent leurs points de vue sur les rapports à avoir avec les différents acteurs et fassent des propositions sur : les chercheurs et la recherche par rapport aux pouvoirs publics, aux institutions internationales, aux municipalités et collectivités locales, aux associations dhabitants et ONG, aux entreprises et acteurs économiques, aux professionnels. 29- Habitat II doit être le lieu de définition dun programme international de recherche en précisant les thèmes, les financements et les institutions. 30- Quelles que soient les décisions dHabitat II, les chercheurs peuvent se donner des objectifs : consolider les capacités de recherche dans les pays, en favorisant les centres de documentations et les financements de programme de recherche ; instituer le partenariat entre institutions ; renforcer les réseaux de chercheurs et définir des thèmes mobilisateurs pour ces réseaux. 31-
Nous proposons que la plate-forme définie par la prep-com davril
1995 soit soumise à la discussion auprès de tous les acteurs
et notamment des chercheurs.
Contribution
élaborée au cours du séminaire Habitat II dInterurba
(20 décembre 1994, 22 février 1995 et 7 mars 1995)
Liste
des participants au séminaire
- Actes du séminaire "crise urbaine" - BURGEL Guy, "Acteurs et chercheurs dans la ville", Villes en parallèle, n° 17-18, avril 1991, 347 p. - COING H., JOLLET M., LAMICQ H., La politique de recherche urbaine française dans le Tiers-Monde, Institut durbanisme de Paris, Créteil, 1978, 240 p. - COQUERY M., "Urbanisation et urbanisme" in La recherche en langue française et le développement, Paris, Karthala, février 1993. - HAERINGER P., La recherche urbaine à lORSTOM. 1950-1980, ORSTOM, 1982. - HENRY E. et SACHS C., "Envahir, conseiller et gouverner la ville dAmérique latine", in Social Science Information sur les sciences sociales, vol. 32, n°2, juin 1993, Sage Publications, pp. 303-361. - LEIMDORFER F., VIDAL L., "Les thèses françaises sur les villes des pays en développement (1980-1990)", Pratiques urbaines, n°10, Paris, INTERURBA, 1992, 159 p. - LEPETIT B., TOPALOV C., "La recherche urbaine dans les sciences sociales" - MILBERT I. : "Diffusion et valorisation de la recherche urbaine française sur les pays en voie de développement dans les années quatre-vingt", Lyon, Economie et Humanisme, 1992, 105 p. (bibliographie) - "Le dispositif français de recherche et détudes urbaines dans les pays en développement. Etat de la question", Pratiques urbaines, n° 11, ORSTOM-Plan Urbain, Paris, septembre 1993, 160p. - "La recherche urbaine au Maroc", Pratiques urbaines, n° 6, Bordeaux, CNRS-ORSTOM, juillet 1988, 98 p. - "La recherche urbaine au Brésil. Un état de la question", Pratiques urbaines, n° 7, 1989, 112 p. - "La recherche urbaine dans les pays andins. Un état de la question", Pratiques urbaines, n° 8, Bordeaux, CNRS- ORSTOM, 216 p. - "Recherche urbaine : quel avenir ?", Metropolis, vol. 8, n° 57, 3ème trim. 1983, 71 p. - La recherche urbaine en France, Paris, Ministère de lUrbanisme et du Logement, 1980, 278 p. - "Changement social et mutation urbaine en Amérique latine", Pratiques urbaines, n° 9, Bordeaux, CNRS-ORSTOM, 250p. - STREN R., "African urban research since the late 1980s : responses to poverty and urban growth", Urban studies, vol 29, n° 3-4, 1992, pp. 533-556. - STREN R., "Notes on the Ford Foundation Project. Urban research in the developing World : towards an agenda for the 1990s", 5 p. - VERNIERE M., Rapport de synthèse du comité de réflexion sur lapport des universités dans la formation et la recherche relatives au développement inégal dans le monde, 1983, 12 p. multig. - RONCAYOLO,
Rapport
sur la recherche urbaine, CNRS, 1991.
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