Deuxième journée
26 septembre 2000
Cesare Ottolini
Hier, nous avons réussit
à ouvrir quelques portes. Nous avons été reçus
par M. Besson et plusieurs représentants de différents pays
de l'Union Européenne. La délégation était
composée de Klaus Teschner, Suzanne Humberset et de moi-même.
Nous avons présenté deux propositions: la première
concerne les politiques publiques menées par les différents
pays et par l'Union Européenne en tant que telle. Nous avons présenté
l'"Appel de Berlin". La deuxième est une proposition d'amendement
de l'article 33 de la Charte des droits fondamentaux: « l'Union reconnaît
et respecte les droits de toutes personnes à un logement. Elle met
en uvre les conditions de sa garantie et de son application effective
».
Pour la première fois,
des habitants, et non pas des institutions ou des gestionnaires de logements
sociaux, ont réussit à franchir le sanctuaire que constituaient
ces rencontres informelles. En effet, ce n'a pas été une
rencontre informelle. Nous avons commencé a discuter de certains
sujets, comme par exemple pour ce qui concerne le droit au logement. M.
Besson a reconnu qu'il n'était pas en désaccord avec notre
proposition. Au contraire, il craint que la Charte actuellement en discussion
qui ne prévoit que le droit à laide au logement soit un
retour en arrière. C'est pourquoi il est en accord avec le premier
alinéa de notre communication. Le désaccord porte sur le
point concernant «l'Union Européenne met en uvre...»
Car le Traité de l'Union Européenne ne prévoit pas
de compétence européenne en ce qui concerne le logement.
C'est pourquoi il ne peut pas affirmer que l'Union Européenne doit
avoir des compétences à ce sujet. Les autres intervenants,
notamment le représentant du gouvernement allemand, ont souligné
les différences non pas sur l'idée du droit au logement mais
sur son insertion dans la Charte, car la conception juridique anglo-saxonne
est plus contraignante alors qu'en réalité l'Allemagne met
en uvre des politiques publiques pour le droit au logement.
Le représentant italien
était d'accord avec les questions soulevées par nous et par
M. Besson, alors que les autres représentants présents ne
se sont pas exprimés. J'ai relancé notre proposition sur
les suites à donner à leurs travaux et aux nôtres.
Après la rencontre du Conseil des Ministres de Nice viendra celle
de lAssemblée Générale des Nations Unies, en juin,
à New York sur "Istanbul + 5". Nous devons être présent
lors du comité de préparation qui se réuni à
Nairobi en février. Pour que les habitants et leurs instances puissent
être entendues, nous avons fait deux propositions. Premièrement,
l'organisation d'une table-ronde préalable à la rencontre
de Nice entre tous les acteurs concernés. Elle serait organisée
par l'Union Européenne et les Ministres du logement, avec les gestionnaires
des logements sociaux, les pouvoirs locaux, les organisations d'habitants,
etc., afin de discuter, balayer les malentendus et aller directement aux
questions concrètes, pour introduire des contraintes plus précises
pour le droit au logement et certaines compétences et indications.
Deuxièmement, en ce
qui concerne "Istanbul + 5", nous souhaitons être associés
à sa préparation par LUnion Européenne. Apparemment,
il y a un intérêt, mais il n'y a pas de vraie indication là-dessus.
Donc il s'agit d'un terrain à explorer. C'est à nous tous
maintenant de donner des avis et de faire en sorte que cette porte reste
ouverte et qu'elle nous permette, non seulement de nous exprimer et de
faire émerger la voix des habitants, mais aussi d'avancer. Je veux
dire conquérir certains points en entrant dans les politiques publiques,
toutes les choses qui sont à la une aujourd'hui et qui ont été
discuté dans les ateliers. Nous nous sommes quittés avec
les ministres avec un accord de nous tenir au courant des résultats
de nos travaux, c'est à dire qu'ils nous enverrons les conclusions
de leurs travaux et ils attendent que nous en ferons de même. La
porte est ouverte jusqu'à la fin de la présidence française
de l'Union Européenne, mais j'espère qu'elle va le rester
avec la prochaine Présidence.
Plate-forme à soumettre
aux ministres européens du logement
Han Van Putten
Je demande au rapporteur
du groupe de travail n°1 de présenter leur rapport.
Marc Hury - FAPIL,
France
L'objet de notre atelier
était de préparer une plate-forme à remettre aux Ministres.
Une autre leur a été remise hier soir car nous n'avons pas
eu le temps de finaliser la nôtre. La première constatation
est que le logement n'est pas uniquement un produit marchand, mais que
c'est une nécessité vitale. À ce titre, il doit être
inscrit dans le droit et pas uniquement dans des mécanismes de charité,
ou d'aide ponctuelle, ou parcellaire, ou segmentée, etc., voire
dans des mécanismes de sécurité sociale.
L'exercice du droit au logement
doit non seulement garantir un recours universel pour ceux qui en sont
privés mais aussi pouvoir prévenir les accidents du logement,
au même titre qu'il existe (du moins en France) ce type de fonctionnement
pour la santé ou l'éducation. L'objectif est que le droit
à l'habitat dépasse la simple notion de logement, mais englobe
aussi l'environnement, la qualité de vie, les relations sociales,
etc., en instaurant un droit à l'habitat dans la Charte des Droits
Fondamentaux. Que celui-ci soit un droit effectif ou opposable. Que cette
Charte ait donc une valeur juridique et que le droit au logement soit reconnu
en tant que tel afin que ceux qui n'ont pas accès à ce droit,
puissent recourir aux textes.
Il faut que soient mis en
place des dispositifs d'évaluation de la mise en uvre de ce droit.
Dispositifs indépendants, puisque les dispositifs mis en place par
la Communauté Européenne ont tendances à être
mis en place par la Communauté elle-même. Ces dispositifs
doivent permettre aux habitants de participer à l'évaluation
de l'accès à leurs propres droits.
Qu'est-ce que le droit au
logement? C'est l'accès et le maintien à un logement, à
un logement de qualité avec un bon environnement. Cest l'accès
à un habitat qui soit choisis et non pas assigné. D'où
des questions sur: «peut-on concilier un logement de sécurité
sociale et un logement pour tout le monde sans que ce soit du logement
d'assignation mais du logement choisi?» Comment ce droit à
lhabitat peut-il être un corollaire du droit à la ville?
Car le droit à un habitat n'a pas de sens sans accès à
des transports de qualité, à des services, à crèches,
à écoles, etc.
En termes plus techniques,
le logement demanderait à être inscrit dans une logique transversale,
dans les différents niveaux des politiques européennes, que
ce soit l'intégration des étrangers, des handicapés,
etc. Ce qui suppose que le logement soit une partie des diverses politiques
européennes et que ce soit le premier point des politiques de lutte
contre les exclusions. Donc que les associations, les habitants qui cherchent
à obtenir des fonds puissent avoir accès aux fonds européens
pour le logement par le biais de la lutte contre les exclusions.
Jean-Yves Cottin
Dans le cadre d'une plate-forme,
il est ne faut pas remplacer le droit au logement celui à l'habitat,
mais mettre les deux: «droit au logement et à l'habitat».
Certes, ils sont liés au cadre de vie, à l'environnement
et à l'environnement social. Mais il faut faire attention aux choix
des mots: «droit à l'habitat» peut nous amener très
vite à un logement au rabais, style foyer d'hébergement d'urgence,
etc. Quelqu'un qui appelle tous les soirs le SAMU social en France (je
ne sais pas comment cela fonctionne dans les autres pays de l'Europe) a
son droit à l'habitat respecté d'une certaine façon,
mais pas son droit au logement. Vous voyez la différence? Il faut
insister sur ce point pour éviter une plate-forme au rabais et aller
au contraire dans le sens de la qualité.
Deuxièmement, l'organisation
d'un pôle logement à Nice ne veut pas dire se couper des autres
revendications (chômage, précarité) qui sont très
liées.
Katharine Coit - AITEC
& Urbanism and Democracy, France
Le logement n'est pas qu'une
marchandise, a dit le rapporteur. Alors que nous avons dit qu'il ne devait
pas être du tout considéré comme une marchandise. Effectivement,
c'est aujourd'hui une marchandise, alors que nous voudrions que se soit
un service, un bien social et non plus un objet marchand.
Le logement fait largement
partie du droit à la sécurité sociale. C'est une prévention.
Nous ne voulons pas reloger les gens quand ils ont été mis
dehors mais qu'ils puissent rester chez eux. Dans la logique de la sécurité
sociale, l'on pourrait rester dans son logement et éviter les expulsions.
Le texte que nous allons envoyer aux Ministres devrait commencer par un
préambule expliquant cela, affirmant que, pour nous, le logement
fait partie de la sécurité sociale, qu'il doit être
considéré comme prioritaire dans la lutte contre l'exclusion.
Qu'il ne doit pas être traité comme une marchandise dans le
monde "libéral" dans lequel nous vivons.
Lucia Martini - Maison
des Femmes de Paris, France
Un réseau et une
fédération se constituent, pour le moment au niveau français,
mais visant une fédération européenne des maisons
et des lieux de femmes. Je suis également membre de la Commission
Femmes des Verts et d'autres associations du Collectif National du Droit
des Femmes, qui sera présent à Nice.
Nous devrions faire apparaître
la spécificité des femmes en difficultés dans la question
du logement et comparer avec la situation des autres pays et continents.
Pour ce qui concerne la France et la région Île-de-France
en particulier, nous voulons passer de la notion des foyers des logements
d'urgence - comme le disait le copain du Comité de Sans-logis -
à celle du droit effectif du logement, par des luttes et des revendications.
Pour les femmes en difficulté, il y a un manque des réponses
d'urgence, que ce soit dans les foyers ou les logements d'urgence. Une
femme qui soit a subi des violences, ou qui craque à cause de sa
condition de précarité et se retrouve seule à la rue
ou avec ses enfants, n'a que le recours la nuit au commissariat - même
pas aux hôpitaux.
Dans le cadre du passage
du logement d'urgence au droit au logement effectif, la situation des femmes
est très spécifique. Cela va des femmes victimes de la précarité
économique, parce que se sont les femmes qui sont les plus pauvres
en Europe et dans le monde entier, et les plus touchées sont les
femmes isolées, séparées, avec enfants ... Cela va
jusqu'à des problèmes très graves que l'on a pour
assurer le droit des prostitué(e)s - femmes ou hommes - parce que
l'on est vit actuellement une contradiction dramatique, car ces personnes
n'ont pas droit au logement. Sur cette question, le lobby qui défend
la légalisation de la prostitution a un rapport de force énorme
en Europe, parce qu'il veut un statut de la prostitution légale,
des conventions collectives, des syndicats de prostituées pour assurer
un minimum de droits aux personnes dans cette activité. Il y a des
spécificités liées au logement et à l'habitat
quil faudrait faire ressortir quelque part, même symboliquement,
dans le préambule.
Cela peut passer par la mention
"femmes et hommes" dans le préambule, qui sorte du neutre et du
masculin. Cela indique déjà un problème qui relève
des droits fondamentaux et peut varier selon le sexe et la parenté.
Les femmes déclinent déjà leurs revendications concernant
les droits à l'habitat et au logement dans les dispositifs de négociations
au niveau local. Nous avons déjà constaté à
Istanbul cette grande diversité de situations et les spécificités
liées à la condition féminine.
Knut Unger
Nous devons réfléchir
à la structure d'un principe comme le droit au logement, à
son influence sur les niveaux inférieurs. Notre combat actuel est
sa reconnaissance par l'Union Européenne. Mais nous devons discuter
des stratégies pour ce faire dans la suite d'Istanbul. Il est vrai
que ce droit essentiel a bien des conséquences comme la situation
spécifique des femmes sans logement, les questions environnementales
et les stratégies contre l'exclusion. Mais pour le moment, nous
devrions nous concentrer sur des questions concrète. Dialoguer avec
l'Union Européenne, définir par nous-mêmes des étapes
concrètes qui ont des effets sur les politiques. Nous serons alors
capables de distinguer dans nos débats les principes politiques,
les tactiques au jour le jour et le genre d'actions que nous voulons entreprendre.
Han Van Putten
Oui. Nous devons préparer
une éventuelle table-ronde avec les ministres. Si une vingtaine
d'associations les rencontre sans préparation, ce sera la confusion.
Il leur sera alors facile de dire que nous ne savons pas ce que nous voulons:
nous devons être d'accord entre nous sur quelques points et nous
centrer dessus.
Cesare Ottolini
Notre plate-forme devrait
décliner le droit au logement. A Berlin, nous avions proposé
des choses concernant la privatisation, le contrôle des loyers, ou
la sécurité des logements. Les Nations Unies viennent de
lancer, il y a une semaine, la campagne pour la sécurité
du logement. Nous devons proposer « Arrêt des expulsions, sans
relogement adéquat ». Nous pouvons vraiment soutenir cette
proposition avec en plus l'autorité des Nations Unies. Nous pourrions
demander une directive pour l'Europe. Mais, pour faire en sorte que ce
type de proposition et de campagne puissent réussir, il faudrait
mobiliser. C'est pourquoi j'ai suggéré la mise en place d'une
campagne européenne sur les logements vacants et les sans-abri.
Il ne doit pas exister de logements vacants tant qu'il existera des sans-abri.
Comment faire en sorte que cette campagne puisse se développer?
Cest une campagne d'abord pour HIC, mais n'y a-t-il pas d'autres propositions
à intégrer? Je suis d'accord que le droit au logement est
un service et un droit, mais si l'on Nous ne devons pas nous arrêter
à lénonciation de ce principe pour la énième
fois, cette fois au niveau européen bien sûr, mais mettre
au point des outils concrets de mobilisation afin que le logement devienne
vraiment un droit.
Pourquoi ne pas utiliser
le site www.habitants.org pour ouvrir une page spéciale sur les
privatisations? Site officiel de HIC en Europe, c'est un site web en construction.
Il comporte une "housing hotline", une page réservée à
l'échange de nouvelles des mobilisations dans chaque pays, dans
chaque ville: les associations puissent envoyer des photos, textes, etc.
Cette page sera mise à jour à chaque envoi de textes.
Avant Nice, nous pourrions
avoir un premier aperçu de ceux qui soutiennent les privatisations.
Parce qu'en Pologne, en Italie, ou dans d'autres pays, il y a peut-être
cette ligne qui est politique ou idéologique, mais il y a aussi
des intérêts personnels ou institutionnels qui sont sur cette
position.
Jean-Baptiste Eyraud -
DAL,
France
Je suis sceptique sur les
déclarations de Louis Besson concernant le droit au logement. Car
c'est lui qui en est à l'origine, dans les années 90. Et
depuis dix ans, rien n'a été fait pour s'en donner les moyens.
Même la loi contre les exclusions de 1998 a voté le contraire
de ce qu'avait instauré Besson en 90. Aujourd'hui, le relogement
après expulsion a été retiré des textes: ce
sont maintenant des expulsions sans hébergement. C'est la préfecture
qui doit s'interroger si, effectivement, tout a été mis en
uvre pour que les familles expulsées retrouvent un hébergement.
De plus, ce n'est pas obligatoire. Le préfet n'est pas du tout obligé
de le faire et dans certaines villes, il ne le fait systématiquement
pas et l'on met les gens dehors. Nous devons donc rester méfiants.
Même si le droit au
logement est inscrit dans la loi sans vraiment se donner les moyens de
l'appliquer, à quoi cela va-t-il servir? De toute façons,
il ny a pas de logements pour les sans-abri ou ceux qui ont de faibles
ressources, alors quil y a un surplus de logements vacants à Paris
et dans toute la France. Donc, sans la loi de réquisition de certains
logements avec des loyers accessibles pour les familles à faibles
ressources, au RMI ou vivant d'allocations, la seule façon d'avoir
un logement, en fait, c'est l'autoréquisition. Si la loi reconnaît
un droit au logement, elle doit aussi reconnaître un droit à
l'autoréquisition. Cela devrait permettre aux familles de pouvoir
accéder à ce logement, ou alors au moins avoir un minimum
d'obligation de construire des logements sociaux.
Un participant
En effet, dans les textes,
le droit au logement doit être inscrit, mais sur le terrain, c'est
la réquisition. Même s'il est vrai qu'en France le droit au
logement existe, il n'est pas appliqué par tout le monde car, lorsqu'il
y a des enquêtes, les communes font comme elles veulent. La CGL a
étudié un droit de recours pour les sans-logement. Il n'existe
pas en France et il faudrait le mettre dans les textes.
Katharine Coit
Nous devons insister pour
que, dans les stratégies européennes pour l'inclusion et
contre l'exclusion, le logement soit considéré comme prioritaire.
Sans logement, on est exclu. Donc le logement devrait être prioritaire
dans ces fonds-là.
Paul Trigalet
Il y a plus de dix ans,
lors de l'Année européenne des sans-abri, le Parlement Européen
avait voté une résolution dans laquelle figurait, sur la
pression des associations sur le droit au logement de l'époque,
la phrase: «Pas d'expulsion sans relogement». Ce pourrait être
la base d'actions juridiques en cas d'expulsion. Cela ne règle pas
tout mais c'est quand même une phrase précise qui peut être
considérée comme base juridique puisque le Parlement Européen
l'a inscrite à l'époque dans sa résolution.
Han Van Putten
Le Parlement Européen
n'est pas un gouvernement européen. Il peut adopter des résolutions
qui ne reflètent que ses idées, mais se ne sont pas des lois.
Knut Unger va nous présenter les travaux du deuxième atelier.
Construction dun réseau
européen des habitants
et campagnes européennes
Knut Unger
Notre atelier était
consacré à la création d'un réseau européen
des sans-logis et aux futures campagnes européennes.
Nous avons débattu
des questions essentielles. D'abord, les privatisations et les changements
économiques: dans le secteur du logement, la privatisation du logement,
celle des logements en location et des logements ouvriers dans plusieurs
régions d'Europe. Puis la question des logements vacants et des
sans-abri La principale solution dont nous avons parlé a été
le logement social et les stratégies dans ce domaine. Nous avons
rajouté deux autres solutions: la mise en uvre des démarches
d'inclusion. Comment pouvons-nous y prendre part? Et notre ancien projet
européen les voisinages de crise: comment pourrions-nous utiliser
le projet européen pour renouveler socialement les voisinages
?
Quant aux changements économiques
structurels, nous devons prendre en compte la transformation des États-providence
dans le secteur du logement dans le sens d'une économie néolibérale
globalisée à grande échelle. Mais il faut être
conscient de l'existence de différentes réactions populaires:
là où les classes moyennes sont majoritaires, elles ne sont
pas les mêmes que dans les régions ouvrières comme
à Lille, dans la Ruhr ou la Pologne du sud.
Nous avons aussi débattu
des changements dans les politiques du logement liés aux changements
économiques et aux réactions populaires. À partir
de ces trois aspects, nous serons capables de définir les stratégies
politiques à revendiquer au nom des gens eux-mêmes. Mais comment
mobiliser ?
Nous ne savons pas aujourd'hui
si nous allons pouvoir généraliser nos expériences
locales. C'est pourquoi nous devons analyser les changements économiques
et les situations nationales. Une tâche importante est de repérer
les politiques de logement des États de la Communauté européenne
et des Nations-Unies. Nous devons mettre en commun nos expériences
en matière de mobilisation et de mise en commun de nos stratégies,
à un niveau politique, afin de nous opposer à la globalisation
de l'économie. Penser à une perspective à long terme
d'amélioration de notre réseau, ainsi qu'à des instruments
pour le renforcer, comme un rapport européen sur la privatisation
de l'habitat, centré sur les questions essentielles et prêt
pour Istanbul+5 à New-York.
Autre outil: mettre en place
des partenariats entre organisations de sans-logis dans différents
pays. Il en existe déjà entre villes et conseils municipaux,
mais nous devrions en réaliser entre groupes d'habitants et associations.
Par exemple, une organisation d'habitants dans un établissement
ouvrier d'Allemagne pourrait établir un partenariat avec des ouvriers
dans une région française. C'est une réalisation modeste
mais les gens pourront se rencontrer. Des traductions multiples ne seront
pas nécessaires. Les membres de nos organisations seront capables
de se rencontrer, et pas seulement les chefs ou les représentants.
À terme, nous aurons plusieurs réseaux comme celui-là.
Puis nous créerons une base de données sur les membres des
organisations locales et les candidats à de tels partenariats. Afin
de relier les partenariats translocaux avec les principaux thèmes
internets, il nous faut des ateliers centrés sur des questions concrètes
comme les secours personnels dans le domaine des sans-logements. De tels
projets existent en Belgique, France, Allemagne ... là où
les sans-logis créent leurs propres organisations.
Troisième projet:
la préparation d'Habitat+5. Il faut créer l'an prochain un
atelier sur cette question. L'objectif pourrait être la création
d'une stratégies et la publication de documents sur la situation
des droits au logement.
Au-delà, la question
la plus importante est l'inclusion des droits au logement dans la Charte
des droits fondamentaux. La discussion fut confuse faute de connaître
nos possibilités. Il faut se battre pour cette inclusion, mais aussi
obtenir une description précise de ce en quoi ils consistent dans
les différents pays, des normes d'habitat et des politiques dans
ce domaine.
Il est possible de mettre
au point plusieurs stratégies intégrées au niveau
local qui sont efficaces pour reloger les sans-abri. Nous devrions rédiger
un rapport sur les droits au logement, rassembler des idées pour
la Charte, réfléchir à la signification du «droit
à l'habitat». Que comprend-il? Nous devrions examiner l'agenda-habitat
car il contient une bonne définition qui résulte d'une vaste
discussion sur les aspects du droit à l'habitat.
D'un côté, nous
devons lutter contre l'exclusion et de l'autre, pour un meilleur environnement.
Le danger de se limiter au premier est de manquer de stratégie globale.
Or le droit au logement concerne tous les habitants et la société
dans son entier.
Klaus Teschner
Je suis d'accord avec la
proposition d'ateliers sur des questions concrètes comme première
étape. C'est plus facile et moins cher à financer. Nous pourrions
en organiser un à Berlin et réserver des fonds plus importants
pour des manifestations de plus grande ampleur qui suivront ces expériences.
À propos de la définition
du droit à l'habitat, nous devrions demander leur avis aux membres
d'HIC et à toutes les organisations ici présentes. Qu'en
pensent-elles pour leur propre pays? Que devrait être l'étape
suivante? Cela devrait être rapide, servir de base pour la suite.
Albert Prissette - DAL
Nord Pas-de-Calais, France
Le 11 octobre prochain,
dans le Nord - Pas-de-Calais, nous allons organiser une occupation chez
un bailleur qui revend du patrimoine public au privé. Nous vous
invitons, comme cela vous aurez connaissance de ce qui se passe en France.
Nous sommes d'accord sur
le principe d'un jumelage avec les différents pays limitrophes.
En écoutant les intervenants belges et allemands, je me suis rendu
compte que nous avons les mêmes problèmes. Nous pouvons rédiger
un texte sur lequel travailler et se battre.
Han Van Putten
Voici le texte de l'Agenda
Habitat sur les droits au logement, adopté à la conférence
des Nations-Unies à Istanbul en 1996.
« Nous ministres
des gouvernements ici réunis,
réaffirmons notre
engagement pour la réalisation pleine et progressive du droit à
un logement approprié, ainsi que prévu par les instruments
internationaux [c.-à-d. par les conventions, accords, comme
la convention des Nations-Unies pour les droits économiques, sociaux
et culturels].
Dans ce cadre, nous reconnaissons
l'obligation des gouvernements de permettre aux gens de se loger et d'améliorer
les habitations et leur environnement.
[C'est surtout important
dans les pays sous-développés où la plupart des gens
construisent leur propre maison et où beaucoup vivent dans des abris
de fortune. Ou dans des zones rurales, dans des logements construits par
les gens eux-mêmes avec l'aide d'amis ou de voisins et pas par des
entreprises ou le gouvernement. Cela se produit parfois même en Europe,
mais exceptionnellement.]
Nous faisons nôtre
l'objectif d'améliorer le logement et les conditions de travail
sur des bases équitables et soutenables, afin que chacun ait un
abri approprié, c'est-à-dire sain, sûr, en bon état,
accessible et abordable, doté des services de base, des commodités
et jouissant d'une absence de discrimination et de la sécurité
de la loi dans le logement.
Nous mettrons en uvre
cet objectif d'une manière compatible avec les droits de l'homme.
»
Cesare Ottolini
Le premier besoin des habitants
n'est pas nécessairement le logement: ils doivent en prendre conscience
par eux-mêmes, se réapproprier la parole et organiser des
stratégies dans ce but. Il est important de lier les stratégies
à moyen et termes, avec la stratégie à court terme.
À moyen et long terme, il s'agit de construire des réseaux
et des groupes de travail sur des sujets précis. Sur la question
des privatisations par exemple, nous pourrions déjà lancer
une enquête. Dans le Pas-de-Calais, une entreprise privée
désire revendre des logements: nous devons rassembler des informations
sur des faits comme celui-là et d'autres dans d'autres régions
ou villes. Et les faire circuler par exemple sur notre page web ou d'autres.
Nous pouvons créer des liens entre elles. Faire un réseau
électronique, puisque la plus part d'entre nous sont connectés
à Internet.
Pour la proposition de mise
en réseau d'ateliers, on peut mettre en place un questionnaire à
envoyer à toutes les associations. Avec des questions précises,
utilises pour le travail de longue haleine.
Presque personne ne connaît
l'"Agenda Habitat", parce que les gouvernements n'ont pas envi d'en parler.
Sortir ce livre du tiroir équivaudrait à afficher les engagements
qu'ils ont pris L'échéance de New-York en Juin 2001 est une
occasion extraordinaire pour nous mobiliser. Nous devrions commencer à
penser à comment nous pouvons participer à New York. A partir
de l'Assemblée de Mexico, qui va se tenir la semaine prochaine,
on organisera la participation pour New York. Mais nous devons préalablement
mettre au point le mode d'emploi de lAgenda Habitat. Il faut mettre à
jour le questionnaire réalisé en 1999, avec des questions
précises et simples auxquelles chaque organisation peut répondre.
Il faut donc centraliser et échanger les informations sur ce qui
se passe quant au respect de ces engagements. Un groupe de travail doit
être créé sur cette question.
Han Van Putten
Le questionnaire devrait
porter à la fois sur les privatisations et sur les suites à
donner aux recommandations de "Habitat 2".
Vincenzo Simoni (résumé
par Cesare Ottolini)
Un questionnaire sur les
logements sociaux a été envoyé aux branches de l'Union
des locataires et il a reçu beaucoup de réponses. D'où
la proposition d'utiliser le site internet de l'AITEC sur la privatisation
pour développer un forum. Chaque personne ayant des infos sur les
privatisations du secteur locatif public doit pouvoir les échanger
librement dans un forum particulier.
Knut Unger
Nous devons prendre des
engagements plus précis sur le questionnaire: il devrait porter
sur nos besoins pour la prochaine étape. Par exemple, dans le domaine
des privatisations, nous avons besoin d'un court texte sur les situations
en Italie, France, Allemagne, Belgique, Pologne, etc. Cinq personnes doivent
le rédiger et le publier. Nous devons nous organiser de même
dans les autres domaines.
Comme la situation est différente
d'un pays à l'autre, nous avons besoin d'une sorte de dictionnaire.
Par exemple, que signifie "habitat social" dans les différents pays?
Les expériences dalternatives
:
auto-construction, auto-réhabilitation,
organisation des habitants
Paul Trigalet
La troisième table-ronde
a traité des expériences alternatives d'autoconstruction,
d'autoréabilitation et l'organisation des habitants. Les témoignages
d'expériences sur le sujet ont été extrêmement
nombreux et en provenance de tous les pays représentés dans
l'atelier.
Un promoteur a conçu
un type de logement adapté à la grande précarité
l'urgence. Il tente de développer son projet tant en France qu'en
Belgique et en Allemagne. Deux expériences ont été
voué à l'échec à cause d'arrêtés
municipaux pour illégalité. La construction se réalise
grâce à des sacs agricoles remplis de terre et en utilisant
d'autres matériaux et procédés écologiques
qui seraient. Une feuille explicative est à disposition, ainsi qu'un
livre de François Tanguet Vers un gîte écologique
[éditions La montagne].
Un militant du sud de la
France, nous a parlé d'une sorte de tipi, monté en cinq minute
à partir d'un poteau central et de deux parachutes superposés
que l'on peut récupérer dans des stocks de l'armée.
C'est particulièrement intéressant pour réagir en
cas d'expulsion, nous dit-il.
D'Italie nous sont proposées
quatre types d'expériences misent en uvre par l'Unione Inquilini.
La première expérience s'adresse à des personnes qui
n'attendent plus rien de la ville et vont à la campagne rénover
des villages abandonnés en réutilisant les matériaux
et les techniques des lieux. C'est un projet d'économie d'échange
et d'autofinancement, peu adapté pour les centres urbains. D'autres
parts, dans plusieurs villes d'Italie, des familles auto-rénovent
des bâtiments inoccupés en interpellant les pouvoirs locaux.
Il ne sont pas copropriétaires mais coopérateurs. Ce sont
soit des Italiens, soit des émigrants totalement acteurs de leurs
projets, comme dans le cas de la Coopérative Coralli, qui a réalisé
un premier quartier avec des logements, des ateliers et un centre social
à Padoue. À Bologne, des Italiens rénovent aussi eux-mêmes
des immeubles abandonnés en cherchant des accords avec la municipalité.
Eux non plus ne deviennent pas propriétaires individuels mais accèdent
à un logement à un coût abordable.
À Grenoble et à
Dunkerque, des locataires d'HLM cette fois-ci, qui sont en difficultés
de paiement de leurs loyers, s'inspirent de l'expérience du Brésil,
qui touche là-bas trois à quatre milles personnes. Les Brésiliens
occupent illégalement des terrains et y construisent leurs logements.
Ils entrent en conflit avec la mairie, mais après négociations,
ils créent des mini-quartiers qu'ils équipent d'écoles,
de crèches, etc. Ce travail s'effectue au départ sans qualification
professionnelle, mais permet à certains acteurs d'en acquérir.
C'est donc de cette expérience que s'inspire un groupe de Grenoble,
qui après avoir connu des difficultés, reçoit aujourd'hui
un accueil favorable des responsables politiques locaux. Eux ont choisit
de travailler d'abord avec les habitants. Ils passent maintenant à
une deuxième étape et recherchent un terrain et un financement.
Par contre, il y a une expérience parallèle à Dunkerque
où ils ont d'abord essayés de motiver les autorités
pour passer ensuite vers une étape orienté d'avantage vers
les habitants.
Autre expérience:
un militant du DAL de Bayonne, dont le revenu est seulement assuré
par le RMI, explique comment il a réussit à accéder
à la propriété en ayant obtenu un prêt malgré
la faiblesse de ses revenus. Ce prêt lui a permis d'accéder
une maison abandonnée. Au Pays Basque s'est formé un groupement
financier agricole mutuel qui a lancé des souscriptions d'une valeur
de 360 FF, grâce à quoi ce groupement rachète des fermes
pour les mettre à disposition de jeunes agriculteurs, selon la formule
de location-vente. Ils utilisent internet pour diffuser leurs initiatives.
Enfin en Belgique, notre
association a créé une autre structure qui permet à
des sans-abri et à des expulsés de rénover eux-mêmes
des logements abandonnés. Nous voulons cette association comme une
alternative et comme une forme d'interpellation des pouvoirs publics qui
déclarent qu'il leur est guère possible d'appliquer une loi,
qui comme en France leur donne le pouvoir de réquisitionner des
logements abandonnés au bénéfice des sans-abri. Vous
pouvez trouver un dépliant pour tous ceux qui voudrait en savoir
d'avantage.
Enfin, un groupe va se rendre
au Brésil afin de rencontrer les paysans sans terre et pour échanger
des expériences.
Il se dégage de toutes
ces expériences des valeurs communes. La première est le
soucis de permettre aux personnes elles-mêmes de prendre leurs sorts
en main sans attendre tout des pouvoirs publics défaillant dans
leur mission d'assurer un véritable droit au logement pour tous.
Une autre valeur commune est de permettre aux personnes dans la précarité
de retrouver une dignité et des valeurs personelles. Le débat
s'est alors poursuivi sur la recherche de moyens financiers permettant
de développer ces expériences constructives.
Han Van Putten
Merci, beaucoup. Nous avons
terminé avec les rapports des groupes de travail et je demande à
Cesare qu'il vienne ici, afin de discuter du prochain point de l'ordre
du jour. C'est en fait une continuation de la discussion que nous avons
entamé avec la suite donner à cette réunion. Il me
semble qu'il y a trois choses que l'on attend des ministres. C'est d'abord
de savoir si les collègues de M. Besson sont tous d'accord avec
l'insertion de ce droit, deuxièmement, s'ils sont tous d'accord
d'avoir une table ronde sur le droit au logement avant le mois de décembre
et troisièmement, s'il sont d'accord à l'association de notre
groupe à la préparation d"Istanbul + 5".
Cesare Ottolini
J'ai eu du mal à
joindre Frédérique Lahaye, donc je n'ai pas encore de réponses
précises. Je sais seulement qu'à la conférence de
presse qu'il y a eu ce matin, M. Besson à dit que sur la question
du droit au logement, il n'y a pas l'accord de tout le monde. C'est le
journaliste de l'Humanité qui m'a donné cette information.
Concernant les deux autres questions sur la "table ronde" et l'association
à Istanbul + 5, j'ai essayé de contacter la secrétaire
de M. Besson, mais je n'ai pas pu la joindre. J'essayerais encore une fois
avant la fin de cette séance. En tout cas, nous devons continuer
à travailler. Il y a des propositions, des suites à donner
que se soit au niveau politique ou au niveau de construction de notre réseau.
J'aimerais que les personnes qui ne sont pas encore intervenues, mais qui
connaissent un peu les racines desquelles nous sommes partis, puissent
donner leurs avis sur cette nouvelle démarche pour la construction
du réseau. Je pense que c'est vraiment important d'avoir leurs avis,
leurs suggestions, leurs critiques, car la nouvelle démarche a aussi
besoin de la continuité. Il ne faut pas faire des choses complètement
nouvelles. Il faut changer de vitesse évidemment, mais avec la conscience
que nous sommes bien enracinés sur une base commune. Ce matin Knut
a parlé de la base commune idéale pour construire la prochaine
étape qui est Nice. Pour New York, nous avons besoin d'expériences
et de suggestions.
Gus Massiah
À l'étape
où nous sommes, on retrouve à la fois le problème
de la redéfinition des mouvements que nous voulons représenter,
mais aussi celui du rapport entre les échelles européenne
et internationale. Cette rencontre aborde le problème de la consolidation
et de l'élargissement du mouvement des deux points de vue.
Du point de vue thématique
et du point de vue géographique. Sur le plan thématique,
il y a d'une part des questions à discuter dans chacun des pays
sur les problèmes propres à la bataille pour le droit au
logement. Ainsi en France, des problèmes sont posés par les
sans-domiciles et par les mal-logés. Mais aussi par la ségrégation
urbaine. Ces questions nécessitent un travail particulier afin d'unifier
les points de vue, construire des revendications communes et un mouvement
commun ou des mouvements du moins convergents. Cette question se pose dans
tous les pays. L'une des questions posée au niveau d'"Habitat 2
+ 5", c'est la continuité entre la question du droit au logement
et celle du droit à la ville.
Se pose d'autre part la question
des différentes formes d'engagement et de mobilisation dans chaque
pays. La mobilisation militante - du type actions, dénonciations,
engagements militants, manifestations, etc. - est fondamentale. Il y a
aussi des engagements que je ne qualifierais pas d'expérimentation
- car ce mot en réalité très beau est aujourd'hui
dévalorisé - mais je dirais de réponse à l'urgence
et d'exploration de nouvelles voies. Latelier 3 en a un peu parlé.
Aujourd'hui, beaucoup d'associations qui essayent de répondre à
l'urgence mais sans être cantonnées à elle.
Se pose aussi la question
des négociations et du rapport aux institutions. Donc l'ensemble
du mouvement est amené à articuler les trois formes d'interventions
qui constituent les différentes pratiques (pratiques innovantes,
militantes et institutionnelles).
Quant à la coordination
et à la mise en réseau, quatre associations ont déjà
pris l'habitude de travailler ensemble, notamment au moment de la Charte
européenne. Elles se sont retrouvées d'une façon bilatérale,
trilatérale ou quadrilatérale à différents
moments. Elles peuvent être rejointes par d'autres, notamment par
l'ADELS avec qui nous avons travaillé sur la ville ou à la
Ligue des Droits de l'Homme, qui a maintenant une commission sur le logement.
Il est possible de construire un pôle HIC-France qui pourrait contribuer
d'une façon importante à la construction de HIC-Europe avec
d'autres pays européens.
Je propose qu'HIC-Europe,
pour se construire, organise dans un an ou deux ans une assemblée
ou des états généraux du logement en Europe, en essayant
d'inviter ou de réunir 500 personnes significatives (qui ne sont
pas forcément représentatives car on ne cherche pas à
créer un mouvement représentatif) de la lutte pour le droit
au logement dans les pays européens. Il faudra s'assurer que toute
l'Union européenne sera présente parce que 500 sur 15, cela
peut faire des délégations de 10 à 30 personnes.
La question qui se pose au
niveau international est la préparation à New-York, d'Habitat
2 + 5. Cela pose la question des rapports entre les associations d'habitants,
les municipalités et les collectivités locales. C'est là
un enjeu stratégique. Le mouvement des collectivités locales
est en cours de construction puisque à Rio, en mai 2001, trois ou
quatre semaines avant "Habitat 2 + 5" à New York, il va y avoir
l'unification du mouvement municipal mondial avec IULA, FMCU et Metropolis.
Ce mouvement va s'unifier en deux jours, le premier jour sera à
Rio, en mai, et le deuxième jour sera à New York à
l'occasion d'"Habitat 2 + 5". Ils ont donc décidé d'inscrire
leur unification dans le cadre du débat international et de ce sommet
des Nations Unies. Nous devrions prendre l'initiative d'ouvrir la discussion
publique avec les collectivités locales sur ce que veut dire l'engagement
à tous les niveaux pour la garantie du droit au logement et que
ceci soit aussi l'un des objectifs pour New York. |