Association Internationale de Techniciens, Experts et Chercheurs 21 ter rue Voltaire - 75 011 PARIS Tél. : (33) 01 43 71 22 22 - Fax : (33) 01 44 64 74 55 Courriel : aitec@globenet.org |
* La question mondiale * Service public * Questions urbaines * Solidarité internationale |
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SERVICE PUBLIC |
L'Europe, avenir du Service Public ? Le Service public, avenir de l'Europe ? |
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Synthèse et conclusions R.
SIMPSON - Lors du dernier colloque auquel j'ai participé à
Paris, j'ai dit « que messieurs les Anglais tirent les derniers ».
En tant qu'humble géographe, je suis un peu dépassé
par ces débats. Vous êtes mieux informés que moi sur
les grands économistes anglophones. Les grands principes philosophiques
comme «l'égoïsme intégral n'est pas la seule expression
possible de la rationalité individuelle» me dépassent.
Je ne vois pas le lien avec le service public mais je vais poser la question
à mon facteur lundi matin.
Je suis d'accord avec notre collègue suisse que libéralisation et privatisation sont deux choses différentes. On peut avoir l'un sans l'autre. La privatisation sans libéralisation, c'est le pire comme au Pérou dans les télécommunications. Le résultat catastrophique est le monopole privé sans réglementation. - On peut avoir un système étatique qui profite des rentes monopolistiques, qui confisque les profits générés par les services. C'était le cas au Royaume-Uni avant la privatisation. Avant la privatisation, les bénéfices générés par les services publics n'étaient pas réinvestis dans le service mais confisqués. Les services se sont détériorés, ce qui a été un cadeau pour M. Thatcher qui a pu facilement les privatiser. L'existence d'un système étatique peut être un truquage contre l'intérêt public.Au niveau européen, je suis d'accord avec les méfiances soulevées aujourd'hui. L'enthousiasme naïf pour la libéralisation (surtout dans le sud) risque de faire basculer d'un extrême à l'autre. On risque d'avoir le pire; des monopoles privés sans réglementation. Quel est le rôle de l'U. E. dans les pays en voie de développement? L'année dernière, l'appel d'offre de la ville de Bucarest pour gérer le système de l'eau et les canalisations a reçu neuf réponses et pas une seule venait de la Roumanie (3 des USA, 2 de la France, 2 du R. U. et 2 de l'Allemagne). En Jamaïque, le bénéfice de [Cable Wireless] est de 20% chaque année. Nous sommes donc les géants et les taux de profit arrivent à un niveau grotesque. Au Brésil la compagnie d'électricité de Rio [Rioluz] a été privatisée et achetée par un consortium de deux compagnies (deux du Texas et une de France) pour un prix dérisoire. Le perdant est l'imposable brésilien. Le directeur général qui ne parlait pas brésilien a décidé une augmentation des prix et la coupure aux favelas. Les emplois ont diminué de 40% (y compris des emplois d'ingénieurs). Le système est tombé en panne et pendant l'été 1997 ou 1998, la ville de Rio n'a pas eu d'électricité. La compagnie en cause est EDF. Est-ce que le public français sait que EDF a fait cela? Je trouve les Français trop pessimistes sur les affaires intérieures et trop obsédés par les autres libéraux et les Américains. Vous avez des problèmes internes mais la France et l'U. E. sont fabuleusement riches. On est capable de résoudre nos problèmes internes. C'est une question de maîtrise de la structures des compagnies, de mise en place le système de réglementation pour protéger le public. Vus de l'extérieur, vous êtes puissants et vos compagnies sont très puissantes. La Lyonnaise et Vivendi sont partout dans le monde. Ils ont acheté la compagnie de l'eau du nord-est de l'Angleterre. L'électricité de Londres a été "renationalisée", car propriété d'EDF, donc de l'État français. Alain
De TOLÉDO (Université Paris 8) - Il existe deux domaines
sur lesquels nous autres Français ne devons pas nous confronter
à nos amis Britanniques: le rugby où ils nous ont battu comme
d'habitude et l'humour où je ne saurais rivaliser! En revanche sur
les services publics, nous sommes les meilleurs. Un ami qui n'a pas pu
venir m'a donné un texte à vous lire. En voici un extrait:
«les évènements météorologiques de la
fin 1999 ont prouvé s'il n'en était besoin la nécessité
de services publics assurés par des entreprises à vocation
d'intérêt général. Que se serait-il passé
si l'électricité, le téléphone, les chemins
de fer avaient été organisés à la manière
britannique comme nous engage à le faire l'U. E.? Heureusement pour
vous, la tempête est tombée en France. Sans EDF, sans France
Télécoms et sans la SNCF, je ne sais pas comment vous auriez
fait».
Je ne vais pas reprendre les débats, ils ont été nombreux. Je voudrais me situer dans la perspective des travaux du SIGEM commencés il y a deux ans à l'initiative de l'association Réseaux Service Publics et de l'AITEC qui voulaient une confrontation entre des gens qui ont l'expérience concrète des services publics et des universitaires qui ont une vision plus théorique des choses et qui peuvent éclairer certains problèmes. Nous avons fait ensemble un travail relativement important et cette journée est un aboutissement. Le fait de venir un samedi entier dans une université lointaine montre qu'il y a certain écho dans ces travaux. La grande question est ce que nous allons faire de toutes les questions que nous avons soulevés. Il y a plus eu de questions que de réponses et il faut encore travailler pour chercher ces réponses. Tout le problème est de savoir comment nous allons travailler. Certains ont évoqué la possibilité à moyen terme d'avoir un colloque où l'on pourrait sur deux ou trois jours approfondir ces questions. Si nous voulons progresser, il faut réfléchir à la manière dont nous voulons travailler. L'élément très positif est la présence d'amis de l'Europe. Il est important pour nous d'avoir cette confrontation et de sortir de nos problèmes franco-français. Merci Robin de nous avoir rappelé que souvent nous nous noyons dans un verre d'eau. Il faut insister sur cette dimension européenne et inviter à nos travaux des universitaires, des représentants, des syndicalistes venant d'autres pays d'Europe. Il faudrait que dans d'autres pays ce type de travaux soit également pris en compte; Pourquoi pas quinze SIGEM dans nos pays ? La dimension pluridisciplinaire doit être valorisée. Nous souffrons d'un déficit concernant le droit. Nous avons beaucoup travaillé sur les domaines des services publics en réseau. Il existe d'autres domaines comme l'Éducation et la santé sur lesquels nous devrions approfondir notre réflexion. Il faudra réfléchir sur nos méthodes de travail. Ce séminaire est piloté par un comité de huit à neuf membres et il devrait se pencher sur les méthodes de travail. Les grandes réunions sont utiles pour soulever un grand nombre de questions. Pour approfondir, il serait bien d'adjoindre des travaux en petits ateliers où l'on essaye d'aller le plus loin possible sur une seule question. On va envoyer une retranscription de la journée à tous les participants et peut-être publier les actes de ce séminaire. Il serait dommage qu'il n'y ait pas une suite à cette journée pleine de réflexions. |
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