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* La question mondiale * Service public * Questions urbaines * Solidarité internationale |
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SERVICE PUBLIC |
| Coordination pour l'évaluation démocratique dans le service public de santé |
| Bulletin n°0
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qsff
| Compte-rendu de la
réunion
Pour la création d'une coordination pour l'évaluation démocratique dans le service public de santé Présents:
Excusés:
Chantal Deschamps - À l'hôpital, les mères jouent un rôle capital, à la fois vis-à-vis de leurs enfants et dans les permanences des associations, qui permettent l'expression du malade comme usager-citoyen. Elles sont à mi-distance de lui et des personnels de santé. On ne chassera jamais cette «bonne parole», cette première parole qui est une parole de souffrance … Alain Nicquet - Il n'est pas question de cela mais de la faire mûrir et de se distancier par rapport à elle. C. D. - Elle mûrira
d'elle-même car contrairement à une idée reçue,
elles sont organisées: quand je suis arrivée à Avicenne
(ils savent que je veux fonder un réseau), j'ai reçu en deux
jours quinze lettres d'associations me demandant de venir.
Philippe Brachet - Tous les «services publics» ont cette attitude dominante: il faut une crise grave pour fissurer leur cuirasse d'appareil. En règle général, ils tiennent un discours d'expert sur l'usager: ils connaissent mieux ses besoins et ses problèmes que les associations, qu'ils considèrent comme des ennemies. C. D. - Oui, mais la santé touche le professionnalisme à la vie à la mort. P. B. - La vie associative constitue un double apport à la démocratie: au sein de chaque association d'une part (où elle constitue un premier enjeu), et entre elles et les autres acteurs d'autre part. Cet apport se réalise à travers les débats publics contradictoires. C'est toujours la situation de monopole qui a des effets anti-démocratiques - y compris au niveau associatif. C. D. - Elles ont souvent beaucoup de mal à se coordonner entre elles. P. B. - Elles ont
déjà du mal à exister elles-mêmes par rapport
à leur objet. Alors, entre elles…
C. D. - Ils ne donnent ni lieux, ni moyens, ni temps. A. N. - C'est vrai aussi pour les communes. Car l'hôpital ne peut pas tout supporter. Il est situé dans la ville et il revient aux élus (qui sont aussi les décideurs pour l'hôpital) de mettre des moyens au service des associations. C. D. - C'est vrai pour l'usager dans la ville, dans le système de santé comme lieu ouvert. Mais si l'on compare la France aux autres pays développés, nous sommes les seuls à avoir une culture aussi fermée! La moyenne des associations par hôpital est de 3 en France (sauf en pédiatrie, parce que les parents sont mobilisés) contre 40 en Belgique! P. B. - C'est cela, «l'étatisme à la française»: une culture de monarchie absolutiste qui ne supporte pas la contradiction, qu'elle ressent comme un crime de lèse-majesté. A. N. - Oui. Il faut distinguer deux aspects: les grands thèmes généraux et leurs associations, et le travail esseulé de l'hôpital dans la ville vis-à-vis d'associations dont l'objet est une pathologie précise. Là, l'hôpital doit entrer en réseau avec la ville pour que la santé soit un système ouvert. C. D. - Bien sûr, mais il faut d'abord que les associations existent. A. N. - L'expérience de concertation à l'hôpital Broussais suppose des relations avec la mairie du 14°. C. D. - Les associations
étaient en lien avec la plate-forme associative du 14° élargie
à Montrouge, Vanves… qui a joué le rôle de coordination
avec la ville.
A. N. - J'aurais aimé qu'ils soient tous présents à la rencontre-débat de l'HEGP pour préciser leur intérêt à faire entrer l'usager comme acteur de l'hôpital et faire des proposition pour l'HEGP dans ce domaine. C. D. - Cela s'explique
par leurs problèmes internes, par leurs histoires.
A. N. - Le projet
de l'HEGP a été démonté pièce par pièce
par les lobbies internes, médicaux ou para-médicaux, qui
ne voulaient pas de toutes les activités transversales comme les
soins palliatifs, le CLIN, le CNUD, la filière hôtelière
… Ces potentats n'ont pas d'appartenance à l'hôpital comme
collectivité avec ses usagers mais à une niche.
C. D. - Maintenant, il faut réparer. Ce qui suppose que la technologie le soit et fonctionne. Or l'informatique ne fonctionne pas. Les codages, qui sont nécessaires, prennent tellement de temps que le médecin n'en a plus pour le malade. Les toilettes ne sont pas à côté, mais beaucoup trop loin. On s'est préoccupé du corps du malade, mais pas de lui comme personne. A. N. - Les médias diabolisent l'HEGP: 245 établissements sont touchés par la légionellose. 40% n'ont plus de cartographie des tuyaux d'eau. L'HEGP a fait un choc thermique de 8 jours et chloré l'ensemble de ses tuyaux. Il va publier le résultat de ses examens, pour la prresse et ses usagers. Que les autres hôpitaux en fassent autant. Mais le battage médiatique a provoqué une hystérie à l'égard de Pompidou. C. D. - Mais l'HEGP est un hôpital nouveau moderne qui a coûté cher: il ne devrait pas être touché. Il aurait dû reprendre le système anti-légionellose préventif mis au point à l'hôpital de Cognac, il y a deux ans. A. N. - L'usager,
qui n'a rien à dire, est la victime de ce système. Il devait
trouver autour de lui le confort et des personnels qui, à des niveaux
déconcentrés, prennent les bonnes décisions au bon
endroit. Mais l'échec actuel de l'HEGP ne se limite pas à
lui: c'est celui d'un système dans lequel le patient n'est pas associé
dans sa dimension globale, considéré comme un citoyen. Les
hôpitaux ordinaires ont atteint leur limite en termes de résultats:
dans l'Île de France, l'offre est enflée au-delà des
besoins.
Serge Depaquit - Je
m'occupe de démocratie locale, de participation du citoyen à
tous les niveaux. Il existe une demande mais elle doit se cristalliser
sur des enjeux concrets, pratiques. Les prochaines municipales verront
plus d'élus issus de la société civile (ils sont 30%
des inscrits) compétents pour les changements et ouverts à
la démocratie participative et à l'évaluation pluraliste.
C. D. - Cette question a été posée par un représentant d'ATTAC - 15°. S. D. - Je souhaite publier un document pratique, en terme de mode d'emploi. A. N. - Aujourd'hui,
l'hôpital Saint Michel (5° arrondissement) est menacé
et ses personnels défendent, à juste raison, leur statut,
différent du statut hospitalier commun. À condition que le
plateau technique ne soit pas redondant, concurrentiel avec celui de son
environnement sanitaire. Il faudrait que les usagers connaissent les offres
de lits sur l'établissement et les complémentarités
en termes de besoins avec ceux de l'environnement. Il est possible de maintenir
des structures, à condition de dépasser l'ancien système
dans lequel les politiques décidaient sans tenir compte des besoins
globaux et dans le secret. Car l'organisation sanitaire de l'Île
de France a été fondée sur l'offre et non sur les
besoins. Une restructuration régionale est aujourd'hui nécessaire
dans la transparence.
C. D. - Au niveau
du système global de santé, le seul exemple de participation
des usagers est celui des états-généraux de la santé
organisé par la Ligue contre le cancer. Elle a largement ouvert
les portes et les fenêtres et se demande dans quel sens aller maintenant.
C'est normal, car on n'a jamais jusqu'à présent associé
un citoyen bien portant au système de santé.
A. N. - Deux ans avant l'ouverture de Pompidou, des cahiers de doléances étaient ouverts dans des chambres témoins à Broussais, Boucicaut et Laënnec pour récolter les suggestions des professionnels et des malades. Mais quelle exploitation a-t-on fait ensuite de ce début de démocratie auprès des décideurs de proximité, architectes d'intérieur ou d'extérieur? C. D. - À Saint-Joseph, une consultation de l'usager extérieur a été réalisée avant rénovation. Le passant était interpellé. Résultat: la consultation a révélé une volonté de ne pas changer l'extérieur: l'intérieur a été démoli et reconstruit de manière moderne en préservant l'aspect extérieur. Comme la surface manquait, on a construit en souterrain. C'est le seul exemple que je connaisse d'une véritable concertation entre les usagers et l'architecte. A. N. - Quant à la présence des associations d'usagers à l'hôpital, il faudrait connaître la proportion des hôpitaux provinciaux dotés d'autonomie qui en ont intégré: est-elle plus élevée que ceux qui n'en ont pas? Cela permettrait d'évaluer à quoi sert l'autonomie. C. D. - Pas plus et c'est lié à la présence du tiers. A. N. - Les gens ne s'intéressent à l'hôpital que le jour où ils sont directement concernés, eux-mêmes ou leurs proches, par un drame familial (cas du Téléthon) . Les hôpitaux pèsent 60 M 2 F dans le Budget mais sont absents de la réflexion globale sur le «service public». Il est temps que la santé devienne moins autarcique. C. D. - Les dispensaires
peuvent jouer un rôle important. Dans les années soixante-dix,
ils ont connu un mouvement de démocratie sanitaire de proximité.
Quant un comité d'éducation à la santé se mettait
en place dans un quartier, des personnels de santé volontaires venaient
éduquer à la santé, dans la ligne d'Ivan Illitch.
S. D. - Les gens ne se mobilisent que s'ils ont l'impression que cela sert à quelque chose, à peser sur les décisions. P. B. - C'est la différence entre comités de quartier (que les maires veulent bien créer parce que cela les informe sur les dysfonctionnements, sans partager en général leur pouvoir puisque cela reste limité à des échanges d'informations) et comités d'usagers, qui constituent dans les limites de leur objet un système de co-décision, donc un enjeu de pouvoir et que les maires refusent de créer précisément pour cette raison. S. D. - Il faut éviter à la fois le volontarisme et les grands débats théoriques. C'est pourquoi la démarche de la Maison des usagers de Broussais est intéressante. Non pour la recopier telle quelle mais en terme d'«essaimage», d'adaptation aux situations locales. P. B. - Elle est interne-externe à l'hôpital, puisque le café éthique est un café ordinaire situé dans le voisinage de l'hôpital. Un débat mensuel y était organisé sur un thème de santé, qui a permis le dialogue entre les acteurs internes à l'hôpital et le quartier. Au café Didot, ces débats réunissaient 1/3 de gens du quartier. S. D. - Il faut aussi prendre en compte la diversité syndicale et son histoire, pour obtenir si possible leur accord et au moins leur neutralité. Car un blocage des personnels ou de la direction empêche l'expérience de prendre corps. Comme il semble actuellement impossible de les réunir pour en parler ensemble, il est sans doute nécessaire de mener des discussions séparément avec chacun, sur ce qu'ils pensent du partenariat avec les associations. Aborder la question à partir de l'évaluation, par exemple. P. B. - Cela fait trois ans que nous l'essayons, dans le cadre de RSP et de l'AITEC. Nous avons lancé un Appel pour la création d'une instance d'évaluation démocratique (associative et syndicale) des services publics. Mais les syndicats se dérobent précisément sur cette question: les fédérations ne l'ont pas signé. Dans la nouvelle conjoncture post-municipales, nous devrions élaborer au sein de la coordination un questionnement sur ces questions à destination des acteurs locaux. S. D. - Des conseils
de quartier vont être bientôt créés dans les
villes de plus de 20 000 habitants: beaucoup vont être intéressés
par la santé. Il faudrait à la fois connaître lesquels
et comment ils ont abordé ce domaine, pour leur proposer une démarche
pratique. Si leur démarche et la nôtre peuvent entrer en résonance,
cela motivera davantage les gens.
C. D. - La loi sur
les droits des malades (j'ai travaillé à son élaboration)
dont on espère le vote cette année traite non seulement des
droits individuels, mais aussi des droits collectifs. Cela devrait permettre
de ne plus avoir des représentants associatifs potiches mais de
les former à l'École nationale de santé. Ils auront
enfin la même formation que les personnels, alors que jusqu'à
présent, ils sont formés quasi-clandestinement!
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