Association Internationale de Techniciens, Experts et Chercheurs 21 ter rue Voltaire - 75 011 PARIS Tél. : (33) 01 43 71 22 22 - Fax : (33) 01 44 64 74 55 Courriel : aitec@globenet.org |
* La question mondiale * Service public * Questions urbaines * Solidarité internationale |
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SERVICE PUBLIC |
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| I - Les politiques publiques
mettent en uvre des moyens administratifs : les «services».
La logique du commandement descendant à travers lapplication hiérarchique
dun emboîtement de textes est de plus en plus insuffisante à
assumer la complexité des situations et des objectifs. Lusager-citoyen
nest plus un administré passif. Pour les organismes publics (administratifs
et/ou marchands), respecter les principes du service public ne se limite
pas à respecter ses obligations réglementaires, mais
suppose aussi de connaître et satisfaire ses droits, attentes et
besoins. Cela implique dorganiser et dafficher des concertations avec
les acteurs sociaux représentant à divers titres lusager-citoyen.
Parmi ces derniers, les associations sont des partenaires mal commodes
mais incontournables: un test du degré de réalité
du «service public» - à la fois en termes defficacité
et de démocratie.
II - Le terme dusager
a une pertinence générale parce quil désigne celui
qui utilise un bien pour satisfaire un besoin. Quant au service, au
sens moderne du terme, cest lusage. Celui que rend ladministration,
cest lusage de la réglementation quelle applique. Et les services
publics marchands, celui de leurs prestations.
Si le partenariat est la
démarche indispensable au respect des principes du service public,
cest parce que lorganisme public nest pas en mesure de satisfaire complètement
à lui seul ce besoin de connaissance des usagers. Ceci parce que
ces derniers sont produits par les activités des services: elles
génèrent bien une certaine connaissance des usagers, mais
marquée par le point de vue et les intérêts des services.
La qualité du service rendu suppose que le point de vue interne
de lorganisme sur lusager accepte de dialoguer avec le point de vue autonome
de
lusager sur les services. Doù limpératif de participation
des usagers à la définition des orientations et à
lévaluation des résultats des «services publics».
III - Les organismes publics
pratiquent déjà le partenariat, mais surtout avec les professionnels
(ou avec les élus-décideurs, qui se comportent en professionnels
de la gestion des compétences de leurs collectivités), parce
quils ont organisé eux-mêmes leur représentation,
quils y investissent des moyens qui la rendent consistante et quils y
sont à même niveau général de compétence
que les services. En définitive, dans ce partenariat, «tout
se passe comme si» ces professionnels représentaient leurs
clients, qui nont pourtant pas les mêmes intérêts queux.
IV - Les organismes français
de service public ont deux impératifs : la recherche dune négociation
stratégique avec leurs différents partenaires (clients, fournisseurs,
tutelles, autres organismes) et celle dune éthique publique donnant
un contenu au principe dégalité de traitement entre leurs
usagers en termes de relations de service. Il nen sont encore quau début
de lexpérimentation dune intégration spécifique
entre ces deux impératifs.
Les associations dusagers
sont donc un partenaire mal commode mais incontournable. Il peut seul apporter
aux organismes de service public un retour dinformation: alors que les
techniques individuelles de communication avec les usagers permettent de
connaître les dysfonctionnement des services, elles sont insuffisantes
à elles seules à en connaître les causes et à
expérimenter leur suppression. Cest par contre ce que permet le
partenariat avec les associations. Tout conflictuel quil soit souvent,
il est donc indispensable aux deux partenaires. Lenjeu en est lorganisation
de la rencontre entre lobjectivité des critères du management
et la subjectivité des usagers-clients, dont la satisfaction peut
ne pas y correspondre: cette organisation vise à constituer cette
rencontre en système dinteraction.
V - Les relations des associations avec les décideurs publics sont ambiguës et contradictoires. Cela tient sans doute à leur nature: ce sont des acteurs privés mais collectifs, ce qui est source de rivalité avec les collectivités publiques qui ont tendance à monopoliser lintérêt général: à arguer de la nature privée de lassociation, pour ignorer la dimension sociale du service rendu par elle. Pourtant, associations et organismes publics sont en même temps complémentaires, la première déchargeant les seconds de rôles quelle remplit mieux car plus directement, leur permettant de se centrer sur leurs missions propres. De plus, elles sont - de bon ou mauvais gré - interlocutrices dans le débat public. Se repérer dans la nébuleuse associative suppose dopérer plusieurs distinctions : - entre associations revendicatives et gestionnaires. Les premières ont pour objet essentiel soit de contester une décision (ou un projet) publique, soit de promouvoir un point de vue, une conception idéologique. Le plus souvent, un peu des deux. Les secondes gèrent des services publics ou sociaux par délégation dune collectivité publique; - entre associations para-syndicales (tous les grands syndicats de salariés ont créé leurs associations de consommateurs-relais), para-administratives (palliatif aux lourdeurs de la comptabilité publique), para-commerciales (production dun bien ou dun service qui ne se rattache pas directement ou qui est très réducteur par rapport à lobjet social annoncé et qui se situe dans un secteur concurrentiel) et associations autonomes dintérêt général (celles qui constituent le champ du partenariat). VI - Les limites de la représentativité actuelle des associations sont aussi les conditions de son amélioration et de leur reconnaissance demain : - 1° le pluralisme : cest la garantie la plus efficace et la plus facile à mettre en uvre contre l«abus de position dominante» dune seule. Même si elle engendre leffet pervers de faciliter aussi la création dassociations factices pour contenir linfluence de celles dont la représentativité gêne. Seul, le débat public contradictoire peut permettre aux citoyens-usagers de décanter leurs audiences respectives selon des critères démocratiques;
Le partenariat constituant la stratégie du service public, son degré de réalité est donc aussi le critère deffectivité du management, dans les organismes de service public. Et plus particulièrement celui avec les associations dintérêt général, où le domaine du partenariat est la participation à la définition des missions de service public et à lévaluation de la qualité (au sens large) des prestations et plus généralement, des résultats. -=-=-=-=-=-=-
Philippe Brachet |
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