Association Internationale de Techniciens, Experts et Chercheurs 21 ter rue Voltaire - 75 011 PARIS Tél. : (33) 01 43 71 22 22 - Fax : (33) 01 44 64 74 55 Courriel : aitec@globenet.org |
* La question mondiale * Service public * Questions urbaines * Solidarité internationale |
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SERVICE PUBLIC |
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| La poste est la plus ancienne
activité de service public. Elle est aujourdhui déstabilisée
par les mutations technologiques, la mondialisation et louverture à
la concurrence. Elle est organisée comme ensemble intégré
dun grand nombre de prestations de services qui se répartissent
entre deux pôles: courrier et services financiers. Les travaux de
lAITEC permettent de dépasser la conception «substantive»
du service public comme une réalité en soi (conception qui
raisonne dans labsolu, en termes de tout ou rien) pour préciser
en quelques points essentiels le degré dapplication des principes
du service public aux activités postales.
Ces points se réfèrent aux documents officiels que sont la loi du 2/7/1990, le contrat de Plan 1998-2001, le cahier des charges (décret du 29/12/1990) et la directive européenne du 15/12/1997. Ils doivent prendre en compte les points de vue syndicaux et associatifs sur ces documents, ainsi que les résultats des activités postales. Conformément aux directives européennes, ces documents tendent à définir le service public par trois éléments: le service universel (son «noyau dur»), le service obligatoire et le service dintérêt général. Seul, le premier est exempt de concurrence, mais il doit être défini concrètement et directement. 1. Les missions de service
public - Elles sont indiquées dans la loi et le contrat de plan
: courrier et colis, services financiers, services de proximité
pour tous de qualité, réseau des points de contact et participation
à laménagement du territoire, politique des ressources humaines
et relations sociales, nouvelles technologies, recherche et innovation.
2. Lévaluation
pluraliste des résultats - Elle nest pas considérée
comme un objectif pour lentreprise, ni quant à la participation
de ses usagers, ni de ses agents. Dès lors, lexpression des besoins
postaux ne peut pour lessentiel se faire directement ni pour les besoins
économiques (clients professionnels) ni pour les besoins sociaux
(usagers domestiques). Cest donc le marché qui sert de substitut:
les seuls indicateurs possibles portent sur la productivité et la
rentabilité de lentreprise.
3. La concertation avec
les usagers -citoyens - Elle constitue le fondement de la légitimité
de La Poste comme service public Mais elle nest pas aujourdhui reconnue
comme telle et sa pratique est à peine esquissée
parce que la direction a déjà intériorisé le
caractère inéluctable de la «libéralisation»
des activités postales.
4. La concertation avec les personnels - Elle est affichée dans le contrat de Plan dans des termes qui visent à concilier lamélioration des conditions demploi et de la qualité des relations sociales avec la modernisation de lorganisation du travail. Mais ces bonnes intentions semblent infirmées par certains faits. En effet, contrairement aux Télécoms qui est une activité très capitalistique et peut jouer sur des gains de productivité importants (de lordre de 3% / an), La Poste est une entreprise de main duvre: la variable dajustement salarial est stratégique. Les gains de productivité proviennent surtout de la rationalisation de lusage de la main duvre, de la précarisation de lemploi. Ainsi, le contrat de plan
affirme-t-il (p. 12) «le retour aux contrats à durée
indéterminée est strictement limité, dans le cadre
des dispositions du droit du travail, aux besoins indispensables de lentreprise».
Or en fait, daprès ses propres Bilans sociaux, les contractuels
sont passés de 57 000 en 1995 à 65 300 en 1997, tandis que
lemploi statutaire diminuait de 6000 à 7000 / an. Ils représentent
désormais un emploi sur cinq. Contrairement à larticle 31
de la loi, qui ne la prévoit que pour «les exigences particulières
de lorganisation de certains services ou la spécificité
de certaines fonctions», il sagit en réalité dune
orientation générale qui ne se «justifie» que
par limpératif de concurrence qui imposerait dabaisser le coût
de lemploi des fonctionnaires. Doù la sur-exploitation des CDII
(contrats à durée indéterminée et intermittente),
les infractions à la loi - notamment dans les domaines de lexpress
et du colis - , lécrémage et la sous-traitance
5. La contribution à laménagement du territoire - Il sagit là dune véritable mission de service public qui fait explicitement référence aux besoins des populations, dans la double dimension des zones rurales fragiles et des banlieues à risque. Là, les partenariats sont précisés, faisant ressortir la vocation inter-administrative de La Poste. La faiblesse récurrente de linter-ministérialité permettra-t-elle de dépasser le stade actuel de quelques expériences pilotes, qui dure depuis une quinzaine dannées que ce thème est à lordre du jour? Espérons que les schémas intermodaux de services prévus par la loi sur laménagement et le développement du territoire le permettront. Cela supposera le financement des missions assumées par La Poste dans ce cadre par les ministères dont elles relèvent, avec contribution de lUnion européenne. 6. La dimension européenne
- Une première version de la directive européenne «Poste»
était de facture très libérale. Elle était
assortie dune notice basée sur la segmentation de lactivité
postale et proposait une libéralisation immédiate du secteur
courrier. Elle a provoqué une série de réactions,
dont celle du Parlement européen pour exister et de certains opérateurs
publics inquiets des conséquences pour eux en tant que gestionnaires
de réseaux.
Les principaux dirigeants de La Poste considèrent la bataille pour 1999 et 2003 comme perdue du point de vue du service public. Il faudrait donc utiliser le temps qui reste pour serrer les boulons dans tous les sens afin de se préparer à une généralisation inévitable de la concurrence. Il axent donc tout sur les gros clients, les usagers domestiques étant captifs. Or la «libéralisation»
totale à terme des activités postales nest pas une fatalité.
Ainsi, cest le secteur sur lequel le Parlement européen sest déjà
le plus engagé par des actions fortes qui expliquent le contenu
de lactuelle directive. Dautre part, cest le seul domaine de service
public où les ultra-libéraux anglais aient échoué.
Il existe donc déjà une sensibilité favorable à
lidée de service public postal. Mais à condition quil soit
conçu en termes defficacité publique.
Les élections européennes de juin 1999 sont loccasion de poser cette dimension concrète de la construction européenne à lopinion publique des quinze pays. De faire avancer lidée-force dun service public postal européen et en France, dune plate-forme citoyenne pour La Poste dont les cinq dimensions sont : - le modèle postal
européen,
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AITEC daprès Confrontations & Sud-PTT * |
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