Association Internationale de Techniciens, Experts et Chercheurs 21 ter rue Voltaire - 75 011 PARIS Tél. : (33) 01 43 71 22 22 - Fax : (33) 01 44 64 74 55 Courriel : aitec@globenet.org |
* La question mondiale * Service public * Questions urbaines * Solidarité internationale |
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SERVICE PUBLIC |
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| La SNCF est et restera la
pièce maîtresse (l«opérateur historique»)
du dispositif de service public des transports de demain. Mais comment,
dans quel cadre, avec quels partenaires, financements et pour quelles missions?
Ces questions davenir nécessitent de connaître son passé.
Car la SNCF est aujourdhui une entreprise fragile à laquelle une
politique daustérité, une gestion de crise ont été
administrées dans un contexte globalement défavorable de
1990 à 1996. Sa situation actuelle sexplique aussi par son histoire:
la création du réseau de chemin de fer fut la grande aventure
industrielle et administrative de linterventionnisme étatique du
XIX e siècle:déficits structurels et contrôles a priori
de ses tutelles forment cercle vicieux. De 1993 à 1997, linstabilité
de la direction a contribué à laggraver.
I - UN ETATISME STRUCTUREL La logique générale
de lintervention économique de lÉtat est à luvre
dès la phase de mise en place du chemin de fer au XIX° siècle:
quand la rentabilité financière sessouffle et que lintérêt
général justifie un contrôle public (sécurité)
ou même une production «publique» (infrastructure), les
deux acteurs administratifs traditionnels installent leurs tutelles, facilitées
par la centralisation de lorganisation des réseaux: le corps des
Ponts pour la tutelle technique et les directions des Finances. Cette logique
est en même temps celle de la croissance de lappareil administratif.
Et les deux ont fortement marqué lhistoire des chemins de fer français
dès ses origines.
Depuis la Libération,
la SNCF sefforce en vain de sassurer une expansion forte et stable sur
longue période. Au lieu de quoi, ses trafics et parts de marché
augmentent faiblement ou régressent. Et ses relations de travail
sont dominées par limpératif de réduction des effectifs
qui, de 500 000 au lendemain de la Libération, nont cessé
(sauf de 1972 à 1975) de décroître( jusquà
170 000 aujourdhui) pour se stabiliser en 1999. Un «compromis défensif»
apparaît donc comme la seule possibilité: une programmation
des réductions deffectifs qui garantisse labsence de licenciement
et le maintien du statut pour ceux qui restent.
Avec le lancement du TGV
en 1980, elle avait espéré renouer avec le succès,
non seulement dans sa dimension technique mais aussi commerciale et financière:
cette technique révolutionnaire allait lui permettre de reprendre
des parts de marché à lavion et la route; sa rentabilité
allait combler le déficit de lentreprise.
Car la crise est venue dans
la seconde moitié des années quatre-vingts et sest traduite
à la fois par de graves accidents révélant linadaptation
de sa réglementation et dune partie de son infrastructure (notamment
de son système de sécurité), et par de grandes grèves
accentuant lopposition entre attitudes syndicales et mécontentement
des usagers. Elle a révélé une culture centralisée
de type militaire, très fière de ses records techniques censés
faire oublier ses rigidités sociales.
De plus, de 1991 à 1997, le contexte économique est défavorable : la conjoncture oscille entre stagnation et récession, ce qui entraîne un recul des trafics de lentreprise qui, à son tour, impose la programmation dune réduction a priori des effectifs et une tendance à laccentuation de la suppression des trains sur les lignes déficitaires. De quoi aggraver la situation duale entre limpératif commercial et celui de service public. Cette situation atteint un point dincandescence durant les grèves de fin 1995. Par ailleurs, le poids de la dette est tel que la reprise récente ne suffit pas à le réduire. Or la SNCF doit gérer
la rencontre entre plusieurs acteurs : lÉtat, la Commission européenne,
les usagers-clients, lentreprise et les collectivités territoriales.
Et elle est elle-même composée de quatre réseaux :
une SNCF «avion» (les TGV), les grandes lignes, les transports
de proximité (T.E.R. et banlieue parisienne) et le fret. À
chaque fois, les services sont différents, les usagers sont impliqués
et organisés différemment. Les arbitrages actuels accordent
la priorité aux voyageurs sur le fret. Par ailleurs, la SNCF est
le premier transporteur routier à travers ses filiales.
Est-ce là un effet
inhérent à la technologie TGV elle-même ou à
la technostructure qui en a organisé centralement la mise en place
centralisatrice? Au bout de quinze ans, il semble impossible de les dissocier.
La percée technologique a engendré un recul de lesprit commercial
et une diminution du nombre de points desservis par le réseau. À
mesure quavec louverture de nouvelles lignes, le TGV devient lui-même
un réseau, il semble non seulement ne pas rechercher la complémentarité
avec le réseau T.E.R. mais au contraire le réduire. Il suffit
de voir où et comment sont implantées les gares TGV: cest
avec lautoroute et lavion quelles recherchent le plus souvent la complémentarité.
Elles encouragent ainsi le trafic routier et limitent de plus en plus les
voyageurs potentiels du TGV aux grandes villes. Le TGV cannibalise ainsi
la SNCF et en définitive, il se cannibalise lui-même en sapant
la principale base de sa croissance future: le réseau T.E.R. comme
réservoir dusagers potentiels du TGV.
II - LA POLITIQUE DU PERSONNEL Elle est dominée par
la réduction des effectifs, qui crée un climat défensif.
Mais cette réduction na lieu que dans les catégories de
personnels dexécution - et natteint pas la direction et les cadres.
Le poids des déficits paralyse la direction dans son autonomie à
légard de ses tutelles.
III - LA CONCERTATION AVEC LES CLIENTS-USAGERS Elle fut initiée en 1990 par le président Fournier avec 19 associations de consommateurs et dusagers, pour tenter de créer une dynamique managériale conciliant limpératif commercial et celui de service public. Davantage de lordre de la consultation que dune véritable concertation, elle existe à deux niveaux: 1°) la concertation nationale Elle est passée par
deux phases: jusquà la mi-93, elle fut dominée par la politique
commerciale agressive de la direction des activités grandes lignes
(D.A.G.L.) qui en excluait a priori les questions tarifaires. Elle déboucha
sur la crise du système de réservation «Socrate»
qui se traduisit par une perte de lordre de 6 milliards F.
2°) la concertation régionale Elle a connu deux étapes. a) Le système T.E.R.
Prévue dans la loi sur les transports intérieurs (LOTI) de
1983 et les contrats de Plan, la relance du transport ferré régional
est apparue en 1985 comme une tendance très minoritaire, aussi bien
à la SNCF que dans les régions. Il na connu alors de développement
que dans quelques régions pilotes comme Nord-Pas de Calais.
b) La régionalisation
des T.E.R. - Dans les Régions qui ont conventionné avec la
SNCF, la concertation est désormais de la compétence des
élus. En Alsace existent des comités de ligne comme en Suisse,
où cela fonctionne bien. Dans le Nord, une démarche-qualité
a été poussée assez loin, donnant lieu à des
modifications d'horaires. Il reste à créer une dynamique
participative autour des schémas régionaux par lévaluation
pluraliste.
IV - LEVALUATION PLURALISTE DES RESULTATS Il en existe les prémisses
: les contrats de plan État-SNCF comprenaient des indicateurs. Mais
ils n'ont donné lieu à aucun débat public. Des indicateurs
existent quant à lévolution des trafics, aux retards. La
qualité, la propreté, la sécurité font aussi
l'objet d'indicateurs. Mais ils ne sont jamais utilisés dans la
concertation. L'évaluation pluraliste qui correspond au «service
public» de demain (notamment aux schémas régionaux
de transport) les intègre dans la démarche managériale:
chaque acteur partie prenante définit les indicateurs correspondant
à sa vision du «service public»; ensuite, une négociation
entre tous les acteurs aboutit à un compromis sur des indicateurs
communs qui sont publiés et donnent lieu à débat périodique
sur la conformité de leurs évolutions constatées aux
objectifs retenus.
V - LEUROPE DES TRANSPORTS A CONSTRUIRE Aujourdhui, lavenir du
chemin de fer est européen, pour trois réseaux sur quatre.
Lenjeu en est la réglementation, la régulation et les financements.
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