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SERVICE PUBLIC |
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| Jusquau Traité sur
lUnion, la construction européenne était supposée
ne pas affecter la souveraineté des États membres. Depuis,
elle affecte laction publique sans sy substituer, dans une situation
juridique ambiguë.
Les interventions publiques économiques nationales apparaissent soit en creux (quand leur existence est postulée - par exemple quand un contrôle des politiques publiques est prévu) soit comme exceptions (limitations à la concurrence au nom des « exigences supérieures dintérêt général »). En pratique donc, le droit communautaire ignore les droits fondamentaux, conditionne leur réalité au jeu du marché. Le droit communautaire de la concurrence sapplique à toute entité quel que soit son statut, son mode de financement et sa mission, dès lors quelle exerce une activité économique. Quant au droit des États membres, la majorité des constitutions inclu ces droits fondamentaux sans en garantir lexercice. Or un conflit de droits apparaît
quand ces droits fondamentaux sont concrètement remis en cause par
dautres principes de même niveau juridique comme le droit de grève
ou la privatisation de services publics (laudio-visuel). Alors, depuis
le début des années 80, les juridictions constitutionnelles
justifient lintervention publique limitant lemprise du droit de la concurrence
ou du droit de grève par la protection de droits fondamentaux de
la personne.
Ce sont essentiellement le droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance, la liberté de pensée, de conscience et de religion, dexpression, dopinion, de recevoir et de communiquer informations et idées, de réu-nion pacifique, dassociation de fonder des syndicats et de sy affilier pour défendre ses intérêts (articles 8,9,10 et 11 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de lHomme). Le projet de traité dAmsterdam comporte cette modification à larticle F du Traité : «LUnion est fondée sur les principes de la liberté, de la démocratie, du respect des droits de lHomme et des libertés fondamentales, ainsi que de létat de droit, principes qui sont communs aux États membres». Quant au projet de charte des Citoyennes et Citoyens européens du Forum permanent de la société civile (soutenu par le Comité européen de liaison sur les services dintérêt général), il propose (titre III § D) : « Des services dintérêt général » ; lUnion est garante de la solidarité et de la cohésion sociales. Elle établit à cette fin des règles publiques et sociales sur le marché intérieur et des politiques communes pour le développement. Laccès des citoyens européens aux services dintérêt général au niveau des États membres et de lUnion, contribuant aux objectifs dégalité, de solidarité et de cohésion sociale, fait partie intégrante de la reconnaissance et de la garantie dexercice des droits fondamentaux de la personne humaine. Chaque citoyen européen a droit notamment à un environnement sain, à une justice égale pour tous, à un enseignement, à des soins de santé et des services sociaux de qualité». Les droits fondamentaux garantis
devraient sorganiser en trois groupes (à discuter) :
La liaison entre la garantie de ces droits, lorganisation et le fonctionnement du marché commun est également à débattre. Mais surtout «la liberté a besoin, pour être effective, que lÉtat organise les grands services publics», car ils constituent des conditions deffectivité des droits fondamentaux. Sauf pour les activités relevant dune compétence communautaire exclusive ou concurrente (subsidiarité) les dispositifs et procédés dorganisation des droits fondamentaux relèvent des États membres, ce qui préserve la diversité nationale et locale des services publics. -=-=-=-=-=-=-
Jean-Claude BOUAL |
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