Association Internationale de Techniciens, Experts et Chercheurs 21 ter rue Voltaire - 75 011 PARIS Tél. : (33) 01 43 71 22 22 - Fax : (33) 01 44 64 74 55 Courriel : aitec@globenet.org |
* La question mondiale * Service public * Questions urbaines * Solidarité internationale |
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SERVICE PUBLIC |
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| Cest un secteur dactivité
où les aspects réglementaires sont imbriqués avec
des aspects marchands et financiers importants. Lun des enjeux essentiels
de citoyenneté, de démocratie, est donc la maîtrise
collective des mutations technologiques au service de la satisfaction des
besoins de santé, le contrôle des financements privés
et publics afin quils ne conduisent pas à développer surtout
les activités rentables (ex. des vaccins dans le Tiers-Monde) et
à délaisser des secteurs utiles parce que "non-productifs".
Ce nest pas une fonction régalienne (elle nest pas financée par limpôt), bien quelle sen rapproche: elle constitue un besoin fondamental, vital. Comme secteur dactivité, la santé est encadrés par des missions fortes. Depuis le début des années quatre-vingts, trois "affaires" (le sang contaminé, lamiante et lARC) ont - à des titres divers mais directement - secoué le système de santé. Elles illustrent toutes trois limportance de la notion de collusion dintérêt, si sous-estimée en France, au sein de la sphère publique et entre public et privé. Elles montrent aussi la difficulté à séparer ce nouveau "bien social" quest la santé de la logique du pouvoir et de celle de largent, afin que chacun fonctionne selon ses propres principes de répartition. Elles ont provoqué de vives réactions, les Français étant très attaché au système de santé car constituant à leurs yeux un service public vital. Il doit donc se moderniser tout en restant au service de tous. I. Les "missions de service public" du secteur santé Ce sont les soins, léducation par la prévention, lenseignement, la recherche (fondamentale et clinique). 1. Soins
2. Prévention-éducation
Elle ne peut pas reposer que sur lhôpital car cest une mission transversale. Or le système hospitalier est très cloisonné. Elle supposerait une coopération entre acteurs (y compris les représentants des destinataires des soins). De plus, recettes et dépenses ne sont pas de même nature: les dépenses sont certaines et visibles tandis que les recettes sont diffuses et aléatoires. Lapproche comptable chiffre donc surtout les dépenses et conclut que la prévention nest pas rentable - même si une évaluation qualitative montre que cest faux. Car évaluation et indicateurs existent, mais grossièrement. Ainsi, le rang de la France a-t-il régressé pour la mortalité infantile daprès des indicateurs dalerte. Des indicateurs régionaux sont indispensables. Ils sont en cours délaboration dans les agences régionales dhospitalisation. 3. Enseignement
4. Recherche
Lhôpital est sur la
sellette (maladies iatrogènes, infections noso-comiales): les médias
sont une réponse insuffisante. Les représentants des malades-usagers-citoyens
commencent à exister au-delà des thèmes pathologiques
précis. Mais cest toute une culture quil faut faire évoluer
pour les reconnaître comme acteurs à part entière du
système de santé.
II. La santé nécessite une mixité "service public" - service privé à but lucratif - Les établissements publics de santé (E.P.S.) sont majoritaires, avec missions de service public incontournables. Ce secteur subit des restrictions budgétaires, des dysfonctionnements fréquents et structurels. - Le secteur privé à but non lucratif est soumis aussi aux missions. - Le secteur privé lucratif ne répond pas à la logique de "service public" dans sa dimension enseignement-recherche-urgences. Il est lobjet de dysfonctionnements majeurs liés au profit (ex.: clinique du sport). - Le privé au sein de lhôpital public: sa vocation (années 70) est lintéressement des chefs de service à une activité privée conjointe. Ce secteur est régi par une loi votée par le Parlement et maintenue (jusquà aujourdhui) quelle que soit la majorité. Il pourrait exister une émulation entre secteurs si une dynamique de concurrence plus loyale existait entre eux. Mais cest plutôt la complémentarité quil faut organiser, pour éviter une médecine à plusieurs vitesses. Le privé à
but lucratif ne relève pas le défi de remplir les missions
denseignement, de recherche et de soins.
Le cadre juridique actuel, cest lordonnance de 1996 et les réformes de 1970 et 1991. La priorité est-elle à léconomique ou lépidémiologique? Sur quelles analyses de besoins de santé se fonde la priorité économique? Actuellement, le système doffre nest pas fondé sur une analyse des besoins. Lexternalisation des missions et des tâches est de plus en plus fréquente. Les restructurations se sont opérées jusquà présent sans thermomètre. Une régionalisation est nécessaire, à condition dintégrer les collectivités locales et les usagers dans la définition des besoins (ce qui nest pas le cas aujourdhui) en créant des agences régionales de lhospitalisation. III. La démarche de projet (de service, détablissement) Elle a été initiée par Claude Évin, ministre de la Santé du gouvernement Rocard. Elle est volontariste pour certaines directions. Plus bas, il est nécessaire de réorganiser lhôpital, de décloisonner les baronnies. Lobjectif, cest la prise en charge globale du patient. On la segmenté ces dernières années par hyper-spécialisation, du fait du progrès médical. Cela demanderait à être évalué. La réforme de 1991
a créé des conseils de service pour construire des projets
de service. Cest une réalité dans certains cas. Dautres
restent dans leur maladie infantile: on sen débarrasse en cantonnant
les projets dans des questions futiles.
La difficulté à
lhôpital est dapprécier le résultat. Le malade peut
évaluer laccueil, lhôtellerie, la guérison,
la souffrance, le regard sur son avenir. Le partenariat entre les
personnels de santé et lui doit être formalisé car
il est seul susceptible de permettre une vision plus globale des
résultats que celle dune seule partie.
Les services à lécart de cette dynamique de projet sexcluent deux-mêmes. Tôt ou tard, ils voudront rattraper. IV. Lévaluation à lhôpital Quel est le profil des patients? En 1991, le financement de lhôpital se faisait à guichet ouvert. Les médecins engageaient des dépenses sans se préoccuper des résultats. On assiste aujourdhui à
une déferlante sur le système dinformation hospitalier.
Les tutelles imposent des informations qualitatives (morbidité,
pathologies). La démarche managériale est dorigine américaine.
Il faut la franciser en lorientant vers la qualité des soins et
la prise en charge des pathologies lourdes et des poly-pathologies. Donc
des éléments plus qualitatifs que quantitatifs.
Il faut relier le défi
économique avec celui de la qualité. La priorité doit
aller à la qualité des soins, et pas à léconomique.
Quest-ce qui est évalué?
Les activités, les coûts plus que les missions?
V. LEurope Pour linstant, elle a écarté
de sa réflexion les "services publics" non-marchands comme lest
officiellement la santé: ils sont laissés à la discrétion
des États. Toutefois, limpératif de sécurité
justifie dès à présent des clauses de sauvegarde par
lesquels les États-membres peuvent appliquer des restrictions à
la libre circulation des produits. La France, ces dernières années,
en a fait usage dans laffaire de la "vache folle". Mais ce nétait
pas là une politique communautaire. La nécessité de
la construire rapidement sest imposée fin 2000 avec le rebondissement
sur les "farines animales" qui a imposé la création dune
agence sanitaire européenne, car les épidémies, pas
plus que les nuages toxiques, ne respectent pas les frontières.
Les systèmes sont
très différents dun pays européen à lautre.
Il faut «tirer vers le haut», en terme de prospective: cest
un domaine où lévaluation pluraliste peut constituer dans
un premier temps le cadre dune connaissance mutuelle entre nations européennes,
permettant de repérer les domaines d"interopérabilité".
VI. Le malade-usager-citoyen
Laffaire du sang contaminé
a fait leffet dun électro-choc dans le domaine de la santé
publique: elle a accéléré les transformations latentes,
dont le moteur est la rapidité des progrès scientifiques
et techniques. Elle a cristallisé la demande des malades de devenir
partenaires des soins - et non plus assistés passifs.
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MOTS-CLÉS DPH: ÉVALUATION,
HÔPITAL, MALADE GÉO: FRANCE LANGUE ÉDITION: FRE TYPE
DE SOURCE: LIVRE NOM DU PÉRIODIQUE: LES CAHIERS DE LA RUE VOLTAIRE
CONSULTABLE À: CEDIDELP, 21 TER RUE VOLTAIRE 75011-PARIS, FRANCE
P. B., A. N. |
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