| Propositions de lAITEC
(avril 1998)
Dimportance stratégique,
le débat sur les services publics concerne lefficacité économique
et légalité des droits, la construction du lien social et
la concurrence internationale, la démocratie locale et le développement
durable.
LAITEC travaille
depuis dix ans sur ce thème, en liaison avec le réseau associatif
ICARE (Initiative de Citoyenneté Active en RÉseau).
Dans le passé,
le législateur na pas été avare de propositions diverses
de conseils, comités, sièges de conseils dadministration
destinés à représenter les usagers. La plupart de
ces instances nont pas été mises en état de fonctionner
normalement.
Depuis 1995, le mouvement
social a mis en avant la question des services publics et créé
une convergence entre syndicats de travailleurs et associations citoyennes.
Devenue fréquente, la référence au consommateur-usager-citoyen
est une piste dans la recherche des alternatives à la problématique
néo-libérale aujourdhui dominante. La modernisation des
services publics est à la fois une nécessité et un
enjeu politique.
Nos propositions sadressent
à tous les représentants des usagers-consommateurs-citoyens
(associations de consommateurs, dusagers , syndicats de travailleurs,
associations délus locaux). Nous les présenterons dans les
débats publics à venir.
Les attendus
La modernisation des services
publics est à lordre du jour. Elle oblige à prendre parti
sur la définition des missions de service public et la garantie
daccès au service; la décentralisation, le pouvoir des autorités
locales et leur aptitude à porter des projets de développement
local et territorial; lévolution des entreprises et les coûts
des services, compte tenu des nouvelles règles de concurrence liées
à la construction européenne.
Une partie du débat
sest déplacé vers la scène européenne: quelles
sont les conséquences de louverture à la concurrence, de
la mondialisation? des nouvelles formes de régulation économique
et de protection sociale sur le devenir des services publics? Il faut prendre
lUnion Européenne au mot quand elle affirme se préoccuper
de la défense des consommateurs, car cette dernière passe
par lorganisation de leur représentation.
La représentation
des usagers est au cur des services publics. Il sagit dorganiser celle
des bénéficiaires des prestations de service public parce
quils sont au fondement de la légitimité des services publics
et que leur expérience doit être prise en compte.
Ce sont:
- les usagers des services,
utilisateurs directs des prestations, disposant de droits à faire
valoir (usagers domestiques et clients professionnels) et dune expérience
à valoriser);
- les consommateurs groupés
en organisations attentives à la qualité, au juste prix et
au respect des engagements «commerciaux» des producteurs de
services;
- les agents qui, en tant
que producteurs des services, en sont aussi les usagers dun certains type;
- les citoyens (au sens
large, nationaux ou pas) soucieux de cohésion sociale, acteurs du
développement local, défenseurs dune bonne gestion de lenvironnement
et du cadre de vie.
Les fonctions doivent être
distinguées des intérêts pris en charge par ces bénéficiaires
de leur statut: ils peuvent être de simples particuliers membres
dassociations, des syndicalistes, des élus locaux
Cette représentation
de lusager-consommateur-citoyen ne se substitue pas à la représentation
élective républicaine mais la complète. La contribution
de lusager à la régulation du service instruit le pouvoir
délibératif des assemblées nationale et locales et
en élargit la légitimité.
Les orientations fondamentales
1. La bonne marche des services
publics, leur avenir comme forme moderne dorganisation sociale ne peuvent
être assurés quavec la participation active des bénéficiaires
que sont les usagers-consommateurs-citoyens. Ces derniers nont pas vocation
à co-diriger la production du service lui-même (qui obéit
à sa propre logique institutionnelle, technologique, managériale)
mais à former avec les autres acteurs concernés (pouvoirs
publics, opérateurs) des conseils, espaces, instances dinformation,
de confrontation, dinterpellation, de proposition et dévaluation
public et contradictoire.
2. Chaque conseil est composé
dune assemblée multi-services et dune section par service.
3. Le conseil national est
principalement lorgane de représentation placé auprès
de lÉtat en tant quil définit les règles du jeu,
les objectifs à atteindre, les équilibres à préserver
ou à instaurer. Il est le conseiller du gouvernement et ses pouvoirs
de décision sont restreints. Il ne se substitue pas aux organes
de régulation existants mais les conseille.
4. Les conseils locaux sont
institués au niveau départemental, échelon qui bénéficie
dune histoire dans la représentation des association et des
syndicats. Cest aussi le niveau déconcentré de lÉtat,
le préfet devant jouer un rôle important, notamment en ce
qui concerne les garanties daccès aux services. Cest enfin celui
où les opérateurs répondront de leur intervention
dans la distribution et laccès au service. Dans certains cas (transports
de personnes) les sections tiendront compte des autres niveaux (intercommunal
et régional).
5. Les conseils (national
et locaux)
- sassurent du respect
des principes du service public (universalité, égalité,
solidarité, adaptation, productivité),
- donnent des avis sur les
programmes dinvestissement, lorganisation des services et leur politique
tarifaire,
- mènent des études,
conduisent des enquêtes et réalisent des expertises sur loffre
de service en quantité et en qualité, laccès au service
des usagers en difficulté économique ou situés dans
des zones défavorisées ou isolées, la contribution
des services publics au développement local durable, à lemploi
et à la protection de lenvironnement.
LE CONSEIL DÉPARTEMENTAL DES SERVICES PUBLICS :
une assemblée multi-services
sept sessions: énergie (gaz et électricité)
- eau et assainissement - enlèvement, transport et traitement des
ordures ménagères - transports terrestres de personnes -
télécommunications - poste - santé publique
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1. Domaines de compétence
conditions
du service à la clientèle: segments prioritaires à
développer (relevés, conditions de facturation, contact,
accueil, implantation territoriale), qualité du service (satisfaction
des usagers, qualité de la continuité), organisation et
fonctionnement des services;
accès au service
des zones défavorisés et ménages en grande difficulté;
contribution au développement
local, à lemploi, à lenvironnement.
2. Pouvoirs
avis-recommandations sur
les conditions du service, laccès au service, le développement
local, laménagement du territoire, lemploi, lenvironnement;
pouvoir dexamen suspensif
dans certains cas précisés par le règlement intérieur
des sections;
pouvoir dinterpellation
et de publicité;
études sur les
conditions du service, laccès au service, le développement
local, laménagement du territoire, lemploi, lenvironnement;
décisions sur lutilisation
des fonds dédiée et capacité de décision juridictionnelle;
3. Saisine
toute personne peut saisir
le conseil pour un avis, une réclamation, une proposition
4. Représentation
le préfet représente
lÉtat et désigne les représentants des administrations
dÉtat
les présidents
des conseil régional et général désignent les
représentants de leurs collectivités locales,
les présidents
des conseils régional et général proposent à
la nomination par le préfet des représentants des exécutifs
et administrations communales: des maires, des administrateurs et techniciens
communaux, des responsables détablissements de coopération
intercommunale,
les conseils régional
et général désignent les représentants de leurs
assemblées,
le préfet nomme
les représentants des opérateurs publics et privés,
les représentants
des usagers et assimilés et des syndicats sont élus. Lélection
des représentants des usagers pourrait sinspirer des élections
prudhommales auxquelles elles pourraient être associées.
À défaut dune élection directe, les organisations
représentatives désigneraient leurs délégués.
chaque section comprend
une vingtaine de membres, dont un président et deux vice-présidents
élus par les membres de la section et parmi eux. Le président
et un vice-président sont choisis parmi le collège des usagers,
lautre vice-président parmi les élus locaux,
les présidents
et vice-président des sections forment, avec le préfet et
deux vice-présidents le bureau de lassemblée.
5. Organisation et
fonctionnement
le bureau répartit
les affaires à traiter entre les sections. Un dossier peut être
soumis à plusieurs sections,
lassemblée délibère
sur le rapport de la section. Les rapporteurs de la section ne prennent
pas part aux votes. Seule, lassemblée est habilitée à
engager linstitution,
les discussions sont publiques
et contradictoires,
une expertise permanente
(experts agréés et rémunérés par le
conseil quand ils sont saisis) est constituée,
lévaluation engagée
par le conseil est publique et contradictoire,
la formation des membres
du conseil est libre et payée (analogue à celle des élus
locaux),
les membres du conseil
sont défrayés, les représentants des usagers domestiques
et assimilés et des syndicats sont rémunérés
(sur la base dun quart de temps plein),
un fond spécifique
dintervention est constitué. Il est alimenté par un prélèvement
annuel de 1% sur les dépenses dexploitation des services et de
5% sur linvestissement local de distribution - soit en moyenne 15 millions
F par conseil départemental.
TITRE DU DOCUMENT:
La représentation des usagers dans les service public
AUTEUR MORAL: A.I.T.E.C.
PUBLIÉ LE: 09/98 PAGES: 4 p. ORIGINE: AITEC ADRESSE: 21 ter rue
Voltaire
MOTS-CLÉS DPH:
ASSOCIATION, CONCERTATION, SERVICE PUBLIC, USAGER, GÉO: FRANCE LANGUE
ÉDITION: FRE TYPE DE SOURCE: RAPPORT NOM DU PÉRIODIQUE: LES
CAHIERS DE LA RUE VOLTAIRE CONSULTABLE À: CEDIDELP, 21 TER RUE VOLTAIRE
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