Association Internationale de Techniciens, Experts et Chercheurs 21 ter rue Voltaire - 75 011 PARIS Tél. : (33) 01 43 71 22 22 - Fax : (33) 01 44 64 74 55 Courriel : aitec@globenet.org |
* La question mondiale * Service public * Questions urbaines * Solidarité internationale |
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SERVICE PUBLIC |
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| La régulation
des services publics est la dimension stratégique de la nouvelle
organisation qui se met en place à travers les directives européennes.
Cette fonction doit être distinguée de l'orientation (responsabilité
du politique) et de l'opération (responsabilité des opérateurs).
I - SERVICES D'INTÉRÊT GÉNÉRAL • Droit à la nourriture, au logement, à l'éducation, à la santé, à la sécurité, à l'information sous toutes ses formes, aux transports, à l'énergie, à l'eau et à l'assainissement. • Services réglés
«naturellement» par les lois du marché : nourriture,
logement.
• Autres services où par tradition et par principe, les pouvoirs publics sont leaders, même s'il existe une concurrence privée minoritaire: éducation, santé, sécurité. • Services assurés jusqu'ici par les pouvoirs publics d'une manière majoritaire, mais qui sont de plus en plus ouverts sur le marché, donc la concurrence: information et communication,transports, énergie, eau et assainissement. Ce sont des services en réseau, c'est-à-dire utilisant des infrastructures (réseau câble, réseau PTT, voies ferrées, …). • Définition générale
:
II - RÔLE DES POUVOIRS PUBLICS VIS-À-VIS DES SERVICES D'INTÉRÊT GÉNÉRAL Pouvoirs publics au sens large: union européenne, Etat français, collectivités territoriales … • Traditionnellement, l'État
avait un double - voire triple - rôle :
• Évolution en cours sous l'effet de la création de l'Union européenne et, dans une moindre mesure, de la décentralisation: - le rôle de législateur subsiste, mais il est élargi à la fois à la dimension européenne (rôles de la Commission de Bruxelles et du Parlement) et à la dimension régionale par délégation (exemple des transports régionaux) ; - les rôles de tutelle
et d'opérateur sont complètement modifiés,
voire en voie d'extinction - au moins en ce qui concerne les services publics
de réseau qui nous intéressent ici.
• D'où la nécessité
de redéfinir le rôle des Pouvoirs Publics dans l'accomplissement
des missions d'intérêt général dans un contexte
d'ouverture du marché.
III - LA RÉGULATION • Double définition - Dans un sens large, c'est l'ensemble des ajustements nécessaires des différentes variables qui règlent le fonctionnement des services publics pour le rendre optimum. - Dans un sens étroit (celui actuellement retenu par une majorité de politiques et de technocrates), c'est l'adaptation du fonctionnement des services publics aux lois du marché et de la libre concurrence. Mais il faut profiter de cette remise en question du service public à la française pour tenter de moderniser et démocratiser son fonctionnement. Et donc considérer la régulation plutôt dans son sens large. • Le champ de la régulation Il peut recouvrir différentes fonctions, parmi lesquelles l'équité dans l'accès aux infrastructures et réseaux publics, les principes de la tarification des services publics, les conditions d'indemnisation financière entraînées par l'exercice de la solidarité nationale, la répartition de la rente financière entre les différents acteurs, l'observance des règles (nationales et communautaires) en matière de concurrence et de contrôle des prix, l'évaluation de l'efficacité économique et sociale des services publics, le contrôle, c'est-à-dire la capacité de déceler des anomalies de fonctionnement des services publics vis-à-vis de l'intérêt général, et de les corriger le cas échéant. Est exclu a priori du champ
d'application de la régulation la fixation des grandes orientations
de la politique économique (sectorielles ou transversales) qui doit
rester, à mon sens, l'apanage exclusif des pouvoirs publics par
l'exercice de ses pouvoirs législatif et exécutif. Et par
conséquent l'établissement de cahiers des charges correspondant
aux obligations de service public.
• Les instances de régulation Un nombre croissant d'institutions
et de procédures de régulation est apparu depuis quelques
années dans différents secteurs des services publics (C.O.B.,
Médiateur, Conseil de la Concurrence, C.S.A., A.R.T., …).
IV - UN SYSTÈME DE RÉGULATION À CONSTRUIRE • On peut s'interroger sur la forme optimale que devraient prendre ces instances de régulation. Il paraît évident qu'il ne peut pas exister une seule instance nationale de régulation qui chapeauterait l'ensemble des services publics. - la première segmentation est sectorielle (énergie, eau, transports, poste, télécommunications …), - la deuxième est géographique : la régulation doit s'exercer à chaque niveau décisionnel (local, régional, national, européen), la difficulté étant de trouver un système d'emboîtement ou pyramidal permettant d'harmoniser ces différents stades de régulation, - la troisième pourrait être fonctionnelle : certaines fonctions de régulation pourraient être re-groupées dans une instance commune. Mais la fonction d'évaluation devrait être isolée et exer-cée par des observatoires d'expertise distincts des instances de régulation, dans la mesure où la régulation doit elle-même être évaluée. La fonction d'observance de la concurrence pourrait rester sous l'autorité du Conseil national de la concurrence - éventuellement élargi et redéfini, - quant au contrôle, il faut distinguer entre celui du fonctionnement global des services publics (qui fait partie de la régulation) et celui des opérations ponctuelles (qui doit rester interne aux entreprises). • À partir de là, on peut imaginer deux systèmes ainsi que leur combinaison: - des comités de
régulation locaux (ou départementaux ou régionaux)
spécialisés par secteur. Ils devraient réunir des
représentants de l'administration et de l'État, des représentants
syndicaux des agents des services publics concernés, des parlementaires
locaux et des représentants des usagers. De ces comités locaux
devrait émaner dans chaque secteur un Comité national (exemple:
le comité de l'énergie, de la poste, …) qui regrouperait
des représentants du même type au niveau national, les associations
locales d'usagers pouvant de leur côté se fédérer
en groupements nationaux d'associations.
- Un réseau de
régulateurs, sorte de médiateurs dans les matières
économiques et sociales «sensibles» qui seraient nommés
(ou élus) pour chaque secteur aux différents niveaux de la
vie administrative et politique (département, région, nation).
Ces régulateurs devraient être des «intermédiaires»
intelligents entre les citoyens-usagers et leurs associations d'une part
et les pouvoirs publics et les opérateurs d'autre part.
In fine, il est tout à fait possible d'envisager une combinaison de ces deux systèmes, le régulateur étant alors la cheville ouvrière ou le secrétaire général du comité de régulation correspondant. Ce système peut paraître un peu lourd et présenter le risque de créer une nouvelle technostructure. Mais il aurait l'avantage de concilier l'autonomie, l'efficacité et la démocratisation de la fonction régulation. Claude Klein pour
Réseaux Services Publics (RSP)
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