Association Internationale de Techniciens, Experts et Chercheurs 21 ter rue Voltaire - 75 011 PARIS Tél. : (33) 01 43 71 22 22 - Fax : (33) 01 44 64 74 55 Courriel : aitec@globenet.org |
* La question mondiale * Service public * Questions urbaines * Solidarité internationale |
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SERVICE PUBLIC |
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| I - DEFINITIONS
Ce sont des services publics de proximité - mais les services de proximité ne sont pas tous des "services publics". Ils sont parfois confondus aujourdhui du fait dinterventions publiques sur les services de proximité. Ils sont produits et gérés par les collectivités territoriales (le plus souvent municipales), soit de par leurs compétences générales, soit du fait de compétences déléguées par la décentralisation (qui a spécialisé les compétences, ce qui pose le problème de leur juxtaposition) ou de compétences en matières industrielle et commerciale. Ils peuvent être
classés selon leur statut juridique, qui conduit à un équilibre
financier par limpôt et/ou par la participation des usagers. Certains
sont à caractère administratif (para-scolaires - sportifs,
culturels - sociaux). Ils peuvent donner lieu à participation des
usagers pour accéder au service, léquilibre financier étant
réalisé par limpôt. Pour les services sociaux (enfance,
personnes âgées), la participation peut être modulée
selon le revenu des familles (principe du quotient familial).
Ils répondent à
des besoins de personnes ou à des besoins économiques: les
repas pour personnes âgées répondent à des besoins
de personnes et labattoir, à des besoins économiques. Beaucoup
sont mixtes (ainsi des transports en commun). La crèche est à
la fois un parking pour les enfants des travailleurs et un espace de socialisation.
Lécole (y compris luniversité) devient un parking dans
certaines crèches maternelles où les parents laissent lenfant
dormir, ne le reprenant que le week-end.
Selon leur caractère
de service collectif pur, mixte ou privé, ils peuvent (sons certaines
conditions) rentrer dans le secteur concurrentiel ou semi-collectif. Par
limpôt négatif, la théorie libérale tente de
résoudre la question du service collectif. Le prix daccès
au service a un double objectif: diminuer le coût social et optimiser
la fréquentation du service. En accordant des crédits à
certains particuliers, on peut rendre le service totalement privé
et définir des standards daccessibilité à tous.
II - ANALYSE ACTUELLE Crise et quasi-stagnation
rendent impossible de baser la production de services publics sur la solvabilité
(même faible) dune partie des bénéficiaires. Un cinquième
de la population active est désormais en situation de quasi-insolvabilité.
La notion de prix daccès au service (y compris par le quotient
familial) est remise en cause, alors même que la population qui reste
solvable réclame toujours les mêmes services.
Lévolution des technologies et des normes implique de nouveaux savoirs-faire, des conditions dhygiène et de sécurité que les collectivités ne peuvent ni ne veulent assumer. Il en résulte : - une concentration de certains services au niveau inter-communal : communauté urbaine et district en agglomération, syndicat en milieu rural. Le contrôle électif se fait au second degré;Doù des distorsions et des inadéquations fortes. Entre production de service et contrôle politique issu du suffrage universel direct. Labsence de contrôle démocratique de lusager-citoyen. Linadéquation entre niveaux de collectivité territoriale et niveau de gestion des services. Linadéquation du service rendu aux besoins des populations: la population solvable a une demande à dominante de plus en plus économique ou culturelle; la population non solvable a une demande surtout sociale. Ces inadéquations sont amplifiées par la nature culturelle de certains services. Le plus souvent, les politiques nont pas eu connaissance de cette évolution de la demande. Car en produisant des services, ils assuraient leur réélection par satisfaction dune classe moyenne dont le niveau de revenu correspond à un parti: revenus moyens-inférieurs pour le P.C., moyens pour le P. S., supérieurs pour la droite. Légalité de service se résumait à une question de tarification permettant laccès de tous. Laide sociale résolvait les problèmes de paupérisation. Aujourd hui, la demande daide sociale a explosé et les couches moyennes réclament une amélioration du service pour compenser leur sentiment dabandon, leur précarisation. Et pour répondre à laccroissement de leurs besoins économiques. III - PROSPECTIVE Les services publics locaux sont aujourdhui à redéfinir entièrement: quels services pour quelles populations? La légitimité de la gestion et du contrôle sont tout autant à revoir. En termes despaces institutionnels, cest la question de la démocratie de délégation, de services produits par des organismes où la représentation est du second ou troisième degré. Une démocratie de
participation est à expérimenter. Le rôle des services
est à redéfinir pour répondre à la fois à
la commande politique et aux besoins des usagers. Les services communaux,
par exemple, sont-ils légitimes à définir eux-mêmes
la nature des services ou doivent-ils répondre à la fois
à une commande politique et à un besoin des citoyens-usagers?
Lexclusion actuelle génère
une demande potentielle de service difficile à identifier. Y répondre
avec les services existants est la solution de facilité inefficace.
Des manipulations économiques sont tentées pour résoudre
cette contradiction, pendant que le besoin dassistance va croissant. Cest
suicidaire car il entraîne une surenchère qui ouvre à
la tentation de la discrimination; «réservons lassistance
aux "vrais Français" de souche».
Qui a la légitimité
de gérer? Il faut un contrat de service public où soit défini
par écrit ce que lon attend dun service public, quil soit de
droit public ou de droit privé. Car les rapports de forces sont
différents quand le concessionnaire privé est de forte taille.
Il faut donc se donner les moyens juridiques de rédiger le contrat.
Quand dans les années quatre-vingts, des services ont été
concédés au privé, ce nétait pas pour une
question dinfrastructure. Pour leau, cest uniquement du fermage. Les
contrats peuvent être rédigés afin daller au-delà
de la maintenance où, quand un tuyau est percé, cest à
la charge de la commune si cela dépasse un mètre!
La concurrence nexiste pas
sur un monopole naturel. Il est géré par contrat par un concessionnaire
privé à la place de lautorité publique. Elle ne peut
exister quau moment de la signature. Et là, elle se limite à
jouer sur Bouygues contre la Générale et la Lyonnaise. À
utiliser lalliance objective de Bouygues et dEDF. Mais maintenant, il
a une autre stratégie depuis quil sest aperçu que ses concurrents
avaient racheté dans le B.T.P. et quil était utile davoir
des interlocuteurs locaux. Que les concessions de service public étaient
plus rentables que le béton.
Une re-définition des services publics locaux est nécessaire afin de répondre à de nouveaux besoins sociaux jusque là mal satisfaits et de recréer du lien. Cest difficile car suppose de dépasser le corporatisme. Les changements sociaux sont lents et ils posent des questions fondamentales comme la réforme des collectivités locales ou de la gestion publique. On connaît certains leviers comme la réforme de linter-communalité: elle supposerait une réintégration des forces sociales en présence dans des C.E.S. qui fassent contre-poids à linstance politique. LADELS et la Charte de la citoyenneté ont mis au point un ensemble de propositions concrètes quil ne faut pas oublier. Mais il faut les intégrer dans une dynamique du changement social. Dans les années soixante, la revendication des G.A.M.s et de lADELS répondaient aux aspirations des classes moyennes dans une période de croissance. Sur fonds de lien social existant, on revendiquait plus de participation. Aujourdhui, la situation est différente: la revendication de nouvelles instances de participation se fait sur fonds de déchirure du tissu social : le lien social est à recomposer. Lopacité actuelle des instances et des décisions locales fait le jeu du modèle ultra-libéral. -=-=-=-=-=-=-
Pierre Barge |
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