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SERVICE PUBLIC
 
Dossiers de l'AITEC. Groupe Service Public. Résumé des documents


Sur la prise en compte de la notion de "service public"
 

La prise en compte de la notion de service public dans la construction européenne a été difficile et est toujours partielle. En 1957, le Traité de Rome considère les services dintérêt général comme des dérogations aux règles de la concurrence (art. 90);  lActe unique européen signé en 1986 consacre la supériorité de la norme européenne par rapport aux droits nationaux. Il engage un processus progressif de «libéralisation» des secteurs concernée, au nom des principes de libre échange, de libre circulation et de concurrence - tout en concernant larticle 90.
Le caractère dérogatoire (ou dexception) des services dintérêt général les place ainsi dans une situation juridique incertaine: la Commission européenne a la possibilité daccorder la priorité aux règles de la concurrence, mais cest la Cour européenne de Justice qui juge ces dérogations.
 

I - CARESSANT LE RÊVE QUE LE « MODELE FRANCAIS » DE SERVICE PUBLIC S'IMPOSERAIT DE LUI-MÊME, les responsables français ont réagi tardivement, de manière défensive et cloisonnée: les contacts avec les partenaires européens étaient presque inexistants. Le problème nétait perçu quau CEEP (Centre Européen des Entreprises Publiques) et par le groupe X-Europe-Réseaux.
Créée fin 1991, lassociation Réseaux Services Publics (RSP) sest donné comme objectifs dinscrire la réflexion  et la proposition sur le «service public» dans le cadre de la construction européenne et dunir dans une démarche transversale les différents acteurs et secteurs concernés. Dautres initiatives se développent, qui font naître lidée dune modification des traités et aboutissent à la création dun Comité européen de liaison sur les services dintérêt général (CELSIG).
Les travaux de ce dernier ont dégagé des points stratégiques qui doivent être pris en considération dans la réflexion sur le service public.

Apparaît dabord la nécessité de distinguer les notions de service public, monopole, propriété publique et État. Il faut aussi refonder lancrage sur les collectivités territoriales et ne pas se limiter aux seuls grands services publics nationaux mais mener un double mouvement de rénovation et de démocratisation des services publics français tout en forgeant une conception européenne commune. Partir non pas des principes mais des besoins des consommateurs, des usagers, des citoyens en dégageant un «fond commun» à tous les pays européens; définir un «modèle européen de société ou de civilisation»; évaluer lefficacité économique et sociale des services publics [cf. fiche] en créant un Office européen dévaluation, indépendant des États, pluraliste dans sa composition et transparent quant aux résultats de ses expertises, niveau européen dun dispositif également national et local [cf. fiche sur les propositions de lAITEC quant à la représentation des usagers dans les services publics]. Remplacer dans le débat européen lexpression «service public» (incomprise dans la plupart des pays européens) par celle de «service dintérêt général». Sappuyer sur les potentialités du traité de lUnion Européenne pour obtenir sa modification et lobtention dune Charte européenne traduisant la conception dun modèle européen des services dintérêt général. Enfin, mener une stratégie dalliances au plan européen, en sappuyant sur tous les acteurs concernés et sur les membres des institutions européennes qui travaillent dans le même sens. La prise en compte de la notion de «service dintérêt général», guidée par les points précédents, contribuera à la construction dune citoyenneté européenne.
 

II - LES ETAPES DE LA RECONNAISSANCE PAR LES TRAITES

1. En 1986, lActe unique européen ouvre une seconde période (après le traité de Rome) marquée par laffirmation des quatre grandes libertés de circulation (en particulier, celle des services) et le vote à la majorité qualifiée pour la réalisation du marché unique. Dès lors, la «libéralisation» des services publics, secteur par secteur, seffectue par des directives qui privilégient la seule concurrence comme principe defficacité.

2. Dès 1991 pourtant, le traité de Maastricht affiche lambition de créer non plus seulement un marché commun mais une union européenne. Dès lors, la concurrence comme principe defficacité sur les marchés doit être équilibrée par le service public comme principe de solidarité. 

3. En 1993 et 1994, deux arrêts de la Cour européenne de Justice (arrêt Corbeau du 19/5/1993 et Almelo du 27/4/1994)  précisent de manière moins restrictive les conditions dans lesquelles les services dintérêt général peuvent déroger à la concurrence.

4. Le 11/9/1996, la Commission européenne adoptait une communication sur les «services dintérêt général en Europe»  qui complète pour la première fois les démarches sectorielles par une réflexion transversale sur le rôle des services dintérêt général comme «élément clé du modèle européen de société», lobjectif de la Communauté étant de «réaliser léquilibre», dorganiser l«interaction bénéfique» entre intérêt général et concurrence.

5. Le Parlement européen adopte  (16/1/1997)une résolution sur le Conseil européen de Dublin

6. Le traité dAmsterdam  (16 & 17/6/1996) adopte un nouvel article 7 D et insère une déclaration dans lActe final, qui constituent un nouveau pas dans la reconnaissance du rôle des services dintérêt général.

7. La Cour européenne de Justice a rendu (23/10/1997) des arrêts  concernant des monopoles nationaux (dimportation délectricité et de gaz aux Pays Bas, Italie, France, Espagne et de vente de lalcool en Suède). Elle a rejeté les recours de la Commission qui lui demandait de condamner ces pays.
Elle précise ainsi une jurisprudence qui reconnaît la spécificité des services dintérêt général.

Depuis, concurrence et intérêt général ont vocation à simprégner mutuellement. Cela suppose la rénovation, modernisation, démocratisation des services publics en France, ainsi que la construction dune conception européenne de lintérêt général, par connaissance mutuelle et dialogue entre les différentes conceptions et réalités des États-membres.

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MOTS-CLÉS DPH : SERVICE PUBLIC, GESTION PUBLIQUE, CONSOMMATEUR, CITOYENNETÉ, MOTS CLÉS INTERNES: LÉGISLATION EUROPÉENNE, ÉVALUATION, MODIDICATION DU TRAITÉ GÉO: FRANCE, EUROPE LANGUE ÉDITION: FRE TYPE DE SOURCE: RAPPORT NOM DU PÉRIODIQUE: LES CAHIERS DE LA RUE VOLTAIRE CONSULTABLE À: CEDIDELP, 21 TER RUE VOLTAIRE 75011-PARIS, FRANCE RÉSUMÉ: YUNG G. & BRACHET P. DATE DU RÉSUMÉ: 12/98.

Pierre Bauby & Jean-Claude Boual


 

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