Association Internationale de Techniciens, Experts et Chercheurs 21 ter rue Voltaire - 75 011 PARIS Tél. : (33) 01 43 71 22 22 - Fax : (33) 01 44 64 74 55 Courriel : aitec@globenet.org |
* La question mondiale * Service public * Questions urbaines * Solidarité internationale |
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SERVICE PUBLIC |
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| Alors qu'en France, la plupart
des activités de service public sont depuis la Libération
organisées en monopoles publics, le secteur de la distribution de
l'eau et de l'assainissement voit les communes et leurs regroupements choisir
majoritairement la gestion déléguée à des opérateurs
privés. Les trois oligopoles actuels ont accumulés depuis
plusieurs décennies une rente qui les place aujourd'hui comme groupes
multi-services au cœur du capitalisme financier français.
Les dysfonctionnements de ce système ont été révélées dès les années quatre-vingts en termes de corruption dans le financement des partis politiques. Depuis, d'autres aspects (opacité, arbitraire, hausses excessives de tarifs) ont été à l'origine de la création d'associations de consommateurs d'eau (ACE). Leurs critiques et actions en justice sont l'une des origines de diverses propositions de réformes. I - LA STRATEGIE OLIGOPOLISTIQUE DU MARCHE Des trois principaux opérateurs
(Suez-Lyonnaise, Vivendi et Bouygues), les deux premiers atteignent 200
milliards F de C. A. en 1988. Aucun groupe étranger ayant des activités
comparables n'atteint cette taille. C'est une chance en terme d'expansion
internationale de ces groupes qui conquièrent des marchés
difficiles en Europe de l'est, Amérique latine et même en
Grande-Bretagne, ainsi que quant au degré d'innovation technologique
où les effets de taille jouent à plein.
II - LES DYSFONCTIONNEMENTS PEUVENT SE RESUMER AINSI Le plus choquant est le système
de corruption des partis politiques permis par la sur-facturation de l'eau
et
qui constituait une redistribution occulte d'une partie de la rente. Il
s'accompagnait parfois d'enrichissement personnel. Les lois sur le financement
des partis politiques ont tenté au début des années
90 d'assainir la situation - avec un succès limité pour l'instant,
semble-t-il.
Les principales critiques des ACE sont : - l'empilement des structures
gestionnaires des réseaux d'eau et d'assainissement. Certains secteurs
comportent pour une même facture un syndicat de distribution d'eau,
une gestion communale de l'assainissement à laquelle s'ajoutent
un premier syndicat d'assainissement pour le réseau d'évacuation
des eaux usées et un deuxième syndicat pour la gestion d'une
station d'épuration. Il faut aussi noter sur la même facture
l'intervention du Département, de la Région avec l'Agence
de l'eau, du FNDAE... et pour l'ensemble de ces collectivités la
gestion du fermier distributeur d'eau ou chargé de l'assainissement!
- des augmentations tarifaires excessifs et arbitraires, favorisés par le point précédent; - un droit à l'information
de l'usager-citoyen-contribuable insuffisant et trop souvent bafoué:
les textes en vigueur sont souvent méconnus, comme ceux qui font
obligation de produire des documents ou de publier et d'afficher (dans
la majorité des syndicats intercommunaux consultés, les convocations
aux réunions, les comptes-rendus de séances ne sont pas envoyés
aux communes pour affichage). De plus, le tribunal considère que
l'absence d'affichage d'une réunion ou le défaut de publicité
des actes ne crée pas leur illégalité.
- une opacité dans
les comptes des fermiers, favorisée par les points précédents.
III - DIVERSES PROPOSITION EMANENT DES PARTIS ET DES ASSOCIATIONS Elles supposent des réformes législatives et réglementaires. On peut aussi souhaiter la mise au point d'une charte de la distribution de l'eau comme service public qui clarifierait les droits et obligations réciproques des élus, des opérateurs et des usagers-citoyens et permettrait de pacifier les pratiques concrètes. Les principaux points des réformes sont : - une re-municipalisation
de la gestion de l'eau. Les communes devraient renforcer leurs moyens d'expertise
et améliorer leurs informations sur les coûts de traitement
et de distribution de l'eau à partir de comparatifs établis
à l'échelle nationale. Ceci pour reconquérir une partie
du pouvoir qu'elles ont concédé.
- Qui a la légitimité de gérer? Il faut un contrat de service public où soit défini par écrit ce que l’on attend d’un service public, qu’il soit de droit public ou de droit privé. Car les rapports de forces sont différents quand le concessionnaire privé est de forte taille. Il faut donc se donner les moyens juridiques de rédiger le contrat. Ils devrait comporter un préambule stipulant que toutes les dispositions du cahier des charges annexes qui seraient contradictoires avec lui seraient nulles et non avenues. Il faut aussi exiger une indexation sur des tarifs différente de celle proposée par le concessionnaire, qui repose sur des critères comme les prix des matériaux. Il est possible de prévoir une procédure de révision du contrat tous les deux ou trois ans en fonction des réalités de l’exercice. Il est également possible d’obliger le concessionnaire à une comptabilité réellement distincte. - Le principe de transparence nécessite de filialiser la gestion de l'eau, c'est-à-dire d'isoler dans la comptabilité les charges et les produits liés à chaque segment d'activité, ce qui interdirait les subventions croisées, et de comptabiliser de façon indépendante chaque activité des groupes multi-services. - La création d'une entreprise publique dans ce secteur favoriserait la concurrence. Soumise elle aussi à la filialisation de ses activités, son rôle serait important lors du renouvellement des contrats. Les entreprises publiques actuelles pourraient aussi développer leurs propres activités dans ce secteur - à condition de les filialiser également. - La Cour des Comptes contribuerait à cette transparence si son pouvoir de contrôle ne se limitait plus aux seules entreprises publiques mais s'étendait à toutes les entreprises du secteur de l'eau. - La création d'une
autorité nationale de régulation est nécessaire pour
protéger la qualité de l'eau, en garantir l'accès
à tous, remplir un rôle d'information, de conseil à
l'adresse des collectivités locales, comme des citoyens, de contrôle
et de recensement.
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AITEC, LEREPS & ACE du Lyonnais |
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