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* La question mondiale * Service public * Questions urbaines * Solidarité internationale |
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SERVICE PUBLIC |
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| I - HISTORIQUE
La théorie juridique du «service public» est principalement le fait de la doctrine (les professeurs et les jurisconsultes) de tendance libérale à la fin du XIX e siècle et au début du XX e. Ce mouvement de pensée (assez rapidement «rattrapé» par la jurisprudence) a pour principale référence le service public local et urbain. Il s'oppose à la tradition française jacobine qui fait de l'administration publique (étatique ou locale) la puissance publique en action. Il s'oppose aussi à une autre tendance politique, celle du socialisme municipal. C'est donc une voie médiane. Cette théorie limite la capacité d'intervention des collectivités publiques comme prestatrices de services au bébéfice d'usagers, à la sphère dite de l'intérêt général à délimiter localement, circonstantiellement et concrètement - ou évidemment par voie législative. Elle légitime le recours à des procédés exorbitants du droit commun par la nécessité de répondre aux exigences de l'intérêt général. Elle reconnaît également à l'usager le droit de critiquer devant le juge certains manquements à une sorte de «morale» du service public: inégalité de traitement entre usagers, fonctionnement à éclipse, indifférence à l'évolution des besoins et des techniques. La souplesse et la diversité des services et de leurs modes de gestion sont peu à peu reconnues. Les services dits administratifs font appel à des procédés exorbitants alors que les services dits industriels et commerciaux font en principe appel au droit commun. Les tâches de gestion et d'exécution du service peuvent être confiés à des organismes publics spécialisés et autonomes - ou même à des personnes privées (entreprises, associations, personnes privées). Cette théorie théorise
une pratique d'une incroyable vigueur. Les créations de services
publics suivent l'émergence de nouveaux besoins sociaux que les
politiques acceptent de reconnaître comme tels et partant, de satisfaire.
Et ceci tant au niveau national que local. Cette expansion obscurcit quelque
peu l'image du service public dans l'opinion publique. Tantôt elle
lui demande de se comporter comme une entreprise en se démarquant
de la tradition administrative. Tantôt elle exige de lui qu'elle
pratique la bienfaisance.
II - DEFINITIONS
a) Le service public se définit en référence aux notions dadmnistration et dentreprise :En contrepartie, chaque administration est enfermée dans certaines limites, pèsent sur elle des sujétions particulières.- lentreprise est une combinaison de moyens en vue de la vente dune production sur un marché ; b) gouvernement, administration, service public- gouvernement au sens large de conduite des affaires du pays et de prise des actes qui s'y rapportent - y compris les actes législatifs. donc un sens plus large que le sens constitutionnel qui oppose gouvernement et parlement;
Ce sont trois pôles
entre lesquels se distribuent les activités publiques. Les situations
intermédiaires sont nombreuses. Ainsi de lÉquipement ou
de la Santé: ce sont des «maquis» où se mélangent
réglementation, prestation de service et production matérielle,
des secteurs dactivité où les infrastructures sont
importantes et polyvalentes. Daprès Jacques Chevallier, dès
quun objectif est défini, que des moyens sont rassemblés
pour latteindre et que des usagers se profilent plus ou moins distinctement,
nous sortons de ladministration pour entrer dans le domaine du service
public.
Dans le «service public»,
les usagers peuvent rappeler à lordre le service, simpliquer dans
sa gestion, se définir comme objet du service, donc acquérir
des droits. Ce que les administrés des administrations régaliennes
(comme les administrations fiscales) nont pas: là, le seul recours
est de légalité. Alors que lusager du service public peut
protester sil sestime mal servi: sa réclamation nest pas juridique
mais plutôt politique. Le service a passé contrat avec lui.
Lécole est à la frontière entre ladministratif régalien
classique et le «service public». Ce nest pas - encore? -
un service public industriel et commercial.
Administration (puissance) -> «service public» -> privé, droit
Marché (économie) -> Service (prestation) Plus lon se rapproche du
pôle S et plus les usagers sont soit désignés par des
textes, soit caractérisables (parents délèves) et
plus les moyens sont affectés. À lopposé, ladministration
pure se définit par la prescription ou la prédation, la réglementation,
labsence dusager. Parfois même, par labsence dadministré,
comme dans lexemple du service diplomatique (lusager, cest le citoyen
en tant que tel) ou du service de documentation du contre-espionnage dont
les usagers sont exclusivement les autres administrations. Par labsence
aussi de moyens distincts, par ladministration générale.
III - SERVICE PUBLIC ET CONSTRUCTION EUROPEENNE Elle va affaiblir le «service public» marchand, amputer le «service public» de son pôle marchand. Elle constitue une nouvelle attaque du type de celle organisée contre le «socialisme municipal»: le principe, cest la concurrence et linitiative privée; tout ce qui est rigidité organisée à labri dune prérogative de puissance publique est suspecté. Sauf dans deux cas: quand le service sapparente à une activité de souveraineté. Et dans le domaine de lentraide et de la solidarité sociale. Exemple du service financier de La Poste, dérogatoire du droit commun; ou dune mutuelle organisée selon le principe du droit privé mais jouissant du monopole de la collecte des cotisations pour des pensions. Tout dépend donc de la conception - plus ou moins large - de la souveraineté. LU. E. cantonne en fait
le «service public» du côté de ladministration.
La nature même de lactivité doit ressortir de la souveraineté.
Ainsi, dans le domaine des télécommunications, des échanges
de communications sont considérés par nature comme du domaine
privé: une éventuelle propriété publique ne
doit disposer daucun privilège par rapport au privé. Cette
conception européenne entrave donc la fonction prestataire du «service
public». Reconnaître une sphère spécifique de
service public supposerait une réforme profonde.
Ce que lU. E. combat surtout
dans la conception française du «service public», cest
son caractère illimité: chaque fois que les pouvoirs publics
constatent un manque important, le «service public» se crée,
sinstalle, se développe Cette conception compensatoire devient
un mécanisme justificateur de lexpansion infinie de lintervention
de lÉtat dans toutes les sphères dactivité. La Construction
européenne élague ce processus en interdisant toute expansion
qui ne serait pas dûment motivée.
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