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Dossiers de l'AITEC. Groupe Service Public. Résumé des documents


Conséquences de la directive électricité. Interprétations, enjeux, pistes d'action

La directive européenne organisant le marché intérieur de lélectricité a été adoptée par le Parlement et le Conseil européens le 19/12/1996 à partir dun accord de juin 1996. Elle doit être transposée en droit français en 1998. Elle menace aujourdhui les intérêts des consommateurs français et le devenir dEDF en tant quentreprise de service public.

À regarder de près les différentes étapes qui ont conduit à son élaboration, alors quelle est présentée comme une réussite de la politique européenne commune, elle nest que laboutissement dun processus de conflits intra et inter-États, au cours duquel sest clairement manifestée la faiblesse de la position française. À lorigine de ce processus se trouvent les motivations nationales des pays partenaires. En Allemagne surtout, où la réflexion sur le marché de lélectricité a eu lieu dans un contexte de crise: crise defficacité qui amène la majorité parlementaire à prôner des mesures ultra-libérales, tant au niveau national queuropéen.

De plus, les électriciens allemands voient en EDF une menace, et les grands groupes se sont alliés au gouvernement fédéral pour contrôler les entreprises communales de distribution, dont la conception du service public présente des points communs avec la vision française. Sil existe donc un front commun contre la position française, il existe aussi une contradiction germano-allemande que la France peut exploiter au parlement européen. Mais lAllemagne a besoin délargir le débat à la distribution et une déréglementation poussée en France est un point-clé de son dispositif.
Plus généralement, les attitudes conflictuelles des États face au problème de la déréglementation trouvent leur explication dans la situation - plus ou moins favorable - quoccupent leurs opérateurs dans ce secteur.

La directive est dautre part porteuse de menaces non négligeables. Le différentiel de traitement entre clients libres et captifs conduit logiquement ces derniers à revendiquer  une déréglementation plus poussée pour pouvoir bénéficier eux aussi des mêmes avantages. La demande de réciprocité «restrictive», pour ce qui est de léligibilité des distributeurs, met EDF devant un choix essentiel pour le consommateur. Le groupe doit en effet choisir entre une alliance avec les grands électriciens hostiles aux arguments de service public, ou un rapprochement avec des acteurs porteurs dune logique compatible, avec le risque dune décomposition «localiste» du service public en France.
Le processus de déréglementation amène dautre part la création dune concurrence fabriquée de toutes pièces, dont le nombre dopérateurs est fixé par le régulateur politique. Celui-ci est conduit à accepter des prix élevés pour favoriser les nouveaux entrants. À plus ou moins long terme, le coût de la politique de déréglementation se répercute sur le consommateur captif sous la forme de moindre baisses de tarifs, ce qui permet à lopérateur dominant de jouer le rôle damortisseur et de mutuelle afin doffrir une rentabilité suffisante à ces nouveaux opérateurs.

Cependant, le plus grand danger est lextension des débats à la distribution. Pour faire basculer la distribution délectricité et de gaz dans le régime général de délégation de service public, les collectivités locales développent la production décentralisée délectricité, le regroupement dabonnés et le démarchage des derniers Distributeurs Non Nationalisés. Enfin, il existe un risque de décomposition du pouvoir de régulation, qui sest développé en France sur le tryptique: État national-Direction de lentreprise-Personnel. La directive donne à lopérateur la possibilité de jouer un rôle dorientation (voire dinstruction) et donc une autonomie que lentreprise peut utiliser selon ses intérêts. De même, elle fait prédominer les revendication dautonomie des collectivités locales sur celles de cohésion. Enfin, menaçant les attentes du personnel, elle suscite une rupture de la continuité du service et dresse ainsi les usagers contre les agents.

Rechercher des axes daction revient à lister les principaux acteurs devant être impliqués dans le processus politique de régulation et envisager quels doivent être leurs rôles respectifs.
Il faut amener les collectivités locales à assumer un rôle de régulation du système dans le sens de lintérêt général. Les consommateurs-usagers-citoyens constituent un contre-pouvoir qui doit être développé. Le personnel doit être associé au processus par le moyen de ses représentants; lÉtat doit assumer ses fonctions dintégrateur national. Lenjeu est donc politique: il est nécessaire dagir vite et dinitier un large débat collectif sur les missions de service public du secteur, le système de représentation des acteurs et dévaluation pluraliste des résultats qui reconnaisse le consommateur-usager-citoyen comme partenaire au sein de conseils départementaux des services publics.

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MOTS-CLÉS DPH : CONSOMMATEUR, DISTRIBUTION, RÉGULATION, GÉO: FRANCE LANGUE ÉDITION: FRE TYPE DE SOURCE: RAPPORT NOM DU PÉRIODIQUE: LES CAHIERS DE LA RUE VOLTAIRE CONSULTABLE À: CEDIDELP, 21 TER RUE VOLTAIRE 75011-PARIS, FRANCE RÉSUMÉ: YUNG D., BRACHET P. DATE DU RÉSUMÉ: 98/O3
 

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