Association Internationale de Techniciens, Experts et Chercheurs 21 ter rue Voltaire - 75 011 PARIS Tél. : (33) 01 43 71 22 22 - Fax : (33) 01 44 64 74 55 Courriel : aitec@globenet.org |
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SERVICE PUBLIC |
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| La directive européenne
organisant le marché intérieur de lélectricité
a été adoptée par le Parlement et le Conseil européens
le 19/12/1996 à partir dun accord de juin 1996. Elle doit être
transposée en droit français en 1998. Elle menace aujourdhui
les intérêts des consommateurs français et le devenir
dEDF en tant quentreprise de service public.
À regarder de près les différentes étapes qui ont conduit à son élaboration, alors quelle est présentée comme une réussite de la politique européenne commune, elle nest que laboutissement dun processus de conflits intra et inter-États, au cours duquel sest clairement manifestée la faiblesse de la position française. À lorigine de ce processus se trouvent les motivations nationales des pays partenaires. En Allemagne surtout, où la réflexion sur le marché de lélectricité a eu lieu dans un contexte de crise: crise defficacité qui amène la majorité parlementaire à prôner des mesures ultra-libérales, tant au niveau national queuropéen. De plus, les électriciens
allemands voient en EDF une menace, et les grands groupes se sont alliés
au gouvernement fédéral pour contrôler les entreprises
communales de distribution, dont la conception du service public présente
des points communs avec la vision française. Sil existe donc un
front commun contre la position française, il existe aussi une contradiction
germano-allemande que la France peut exploiter au parlement européen.
Mais lAllemagne a besoin délargir le débat à la
distribution et une déréglementation poussée en France
est un point-clé de son dispositif.
La directive est dautre
part porteuse de menaces non négligeables. Le différentiel
de traitement entre clients libres et captifs conduit logiquement ces derniers
à revendiquer une déréglementation plus poussée
pour pouvoir bénéficier eux aussi des mêmes avantages.
La demande de réciprocité «restrictive», pour
ce qui est de léligibilité des distributeurs, met EDF devant
un choix essentiel pour le consommateur. Le groupe doit en effet choisir
entre une alliance avec les grands électriciens hostiles aux arguments
de service public, ou un rapprochement avec des acteurs porteurs dune
logique compatible, avec le risque dune décomposition «localiste»
du service public en France.
Cependant, le plus grand danger est lextension des débats à la distribution. Pour faire basculer la distribution délectricité et de gaz dans le régime général de délégation de service public, les collectivités locales développent la production décentralisée délectricité, le regroupement dabonnés et le démarchage des derniers Distributeurs Non Nationalisés. Enfin, il existe un risque de décomposition du pouvoir de régulation, qui sest développé en France sur le tryptique: État national-Direction de lentreprise-Personnel. La directive donne à lopérateur la possibilité de jouer un rôle dorientation (voire dinstruction) et donc une autonomie que lentreprise peut utiliser selon ses intérêts. De même, elle fait prédominer les revendication dautonomie des collectivités locales sur celles de cohésion. Enfin, menaçant les attentes du personnel, elle suscite une rupture de la continuité du service et dresse ainsi les usagers contre les agents. Rechercher des axes daction
revient à lister les principaux acteurs devant être impliqués
dans le processus politique de régulation et envisager quels doivent
être leurs rôles respectifs.
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