Association Internationale de Techniciens, Experts et Chercheurs 21 ter rue Voltaire - 75 011 PARIS Tél. : (33) 01 43 71 22 22 - Fax : (33) 01 44 64 74 55 Courriel : aitec@globenet.org |
* La question mondiale * Service public * Questions urbaines * Solidarité internationale |
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SERVICE PUBLIC |
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| «L’idée de
service public repose sur le fait que certaines activités sociales
doivent échapper, en fonction de la nature des objectifs et intérêts
qu’elles mettent en jeu, à l’application de la logique marchande
et à la recherche du profit, pour être gérées
selon des critères spécifiques permettant un accès
de tous à certains biens et services et concourant ainsi à
l’équilibre et à la cohésion économiques, sociales
et culturelles de la société.
Les services publics permettent donc de prendre en compte des phénomènes que le marché ignore:
Cette définition doit
être relativisée par la prise en compte de différents
points de vue (économique, juridique, historique, culturel…). Chaque
pays européen en a sa définition.
«Service public» s’applique à l’administration comme à certaines activités industrielles et commerciales. Le modèle de ces dernières a été forgé à la fin du XIX e et au début du XX e siècles et consacré à la Libération dans les grands services publics nationaux. Porté par l’ensemble des forces sociales ayant participé à la Résistance, il fut consacré par le Préambule de la Constitution de 1946 (qui fait aujourd’hui partie du «bloc de constitutionnalité»): «tout bien, toute entreprise, dont l’exploitation a ou acquiert les caractères d’un service public national ou d’un monopole de fait doit devenir la propriété de la collectivité». Ce service public «à la française» unit la démarche juridique (jurisprudence du Conseil d’État forgeant les principes d’égalité, continuité, adaptabilité) et économique (keynésianisme, théories des biens publics et du monopole naturel). Il rassembla élus locaux agissant pour l’obligation de desserte ou la péréquation tarifaire, personnels et organisations syndicales revendiquant (du fait des missions qui leur étaient confiées) un statut protecteur, une part du surplus et la garantie de l’emploi, ainsi que consommateurs voulant disposer de services de qualité, disponibles et contrôlés. Ce consensus permit de créer
des services publics répondant pour l’essentiel aux besoins (individuels
et collectifs) des usagers durant les «trente glorieuses».
Mais par delà leur réussite technico-économique et
leur contribution au progrès économique et social, on assista
depuis un demi-siècle à une confiscation progressive par
un face à face entre tutelles politico-administratives et dirigeants
des entreprises (les opérateurs). Les consommateurs furent relégués
au rang d’objet, les collectivités locales, marginalisées
et les personnels, écartés des décisions stratégiques.
Si l’on s’attache aux missions et aux finalités, le «service public» est le produit d’un mode d’organisation sociétale, du lien et du contrat sociaux. C’est à la fois, à chaque niveau territorial :
Il est chaque fois le résultat
d’une décision publique affirmant que telle ou telle activité
relève du «service public». Soit elle en assure elle-même
le service (à travers une administration, une régie, une
agence…), soit elle le délègue (et le contrôle) à
une entreprise ou à une association, à travers un régime
de concession, licence, franchise, cahier des charges, fixation de tarifs,
contrôle des investissements…
Service public - service d’intérêt général Au niveau européen, le début de prise en compte du «service public» doit être favorisé par un accord entre partenaires sur les termes employés. «Services publics» peut s’assimiler à «services d’intérêt général» au sens de: «activités de services, marchands ou non, considérés d’intérêt général par les autorités publiques, et soumises pour cette raison à des obligations spécifiques de service public». Quant aux services publics marchands, à caractère industriel et commercial (grands réseaux d’infrastructure d’énergie, de transports, de communication, d’eau et d’assainissement) ils peuvent être assimilés aux «services d’intérêt économique général» mentionnés dans le Traité de l’Union européenne art. 90. -=-=-=-=-=-=-=-
P. Bauby, septembre 1995 |
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