Association Internationale de Techniciens, Experts et Chercheurs 21 ter rue Voltaire - 75 011 PARIS Tél. : (33) 01 43 71 22 22 - Fax : (33) 01 44 64 74 55 Courriel : aitec@globenet.org |
* La question mondiale * Service public * Questions urbaines * Solidarité internationale |
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SERVICE PUBLIC |
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| Paul ÉMAER (secrétaire
général adjoint de la C.S.F., représentant des usagers
au C. A. de La Poste)
La proposition de lAITEC répond à lune des revendications des associations de consommateurs et dusagers : une concertation permanente avec les services publics, à tous les niveaux. Quelques critiques pour laméliorer : 1° - Je conteste le postulat syndical. selon lequel «lusager-consommateur-citoyen na pas vocation à co-diriger le processus de production des services». Si les syndicats français refusent de co-gérer les services publics, pourquoi sont-ils dans leurs C.A.? Pour ma part, je suis favorable à la co-gestion car les services publics sont destinés à lensemble des citoyens. Ils doivent donc être co-responsables de leur gestion. Sils trouvent que cest important, ils doivent sy investir. Être présent pour recevoir les documents mais ne pas sy mouiller, cest une attitude contradictoire.
Lintervention de lusager doit être au cur du service public car «le consommateur nest pas le sous-produit du citoyen». Or la concertation locale usagers-services publics ne fonctionne pas. Si lon inscrivait la négociation sur les salaires et les conditions de travail dans des instances où se retrouvent aussi dautres partenaires que les directions et les syndicats, ces derniers rejetteraient cette idée comme inadmissible. Il en est de même pour les organisations de consommateurs: nous demandons une concertation bilatérale. Or la proposition de lAITEC institue un parlement départemental. Tout le monde a quelque chose à dire sur le service public. Mais tous les salariés ont aussi leur mot à dire sur le travail! Il existe déjà des instances où les consommateurs ne font que de la figuration: exemple, le Conseil économique et social. La proposition de lAITEC est une tentative de réponse globale aux changements que connaissent les services publics sous linfluence de la mondialisation (doù limpuissance de lÉtat qui na plus les moyens de sa politique) et de la poussée du cadre législatif européen. Dans ce nouveau contexte, comment lÉtat peut-il définir et réguler les services au public? Quils soient privatisés ou non, le coût du financement de leur modernisation est finalement supporté par lusager. Pour dépasser cette situation, il faut arrêter de vouloir refaire les services publics de la Libération. Veut-on enfin donner un rôle et des moyens aux organisations de consommateurs, clarifier leur place? Il faut définir des critères qui évitent lactuelle dispersion à 18. Dautre part, je demande
que soient rajoutées dans le champ des services publics les autoroutes,
le transport aérien et maritime.
Noël MAMÈRE (député, Les Verts) Le problème des services publics nest pas de savoir si lÉtat doit faire voler des avions ou construire des automobiles, mais dabord celui de la participation des usagers-citoyens dans le fonctionnement des services publics. Or ce sont souvent des alibis. Étant trop peu nombreux et nétant pas les mêmes, ils ne peuvent pas réellement exprimer un point de vue. Il faut partir de la
base. Dans les quartiers, par exemple, très peu dassociations de
consommateurs ou dusagers dans le champ social sont présentes.
Ce sont souvent des gens dévoués, mais qui en restent encore
à des notions très anciennes. Ils nont pas toujours conscience
des réponses à apporter à la nouvelle demande sociale.
Or quand cela ne va pas à la base, cela ne peut pas aller non plus
plus haut. LÉtat se situe dans un rapport de forces et en profite.
Il est facile de profiter de la faiblesse des associations dusagers pour
sen servir comme dalibi.
Christian BATAILLE (député, Parti Socialiste) Il est un peu court daffirmer quil y aurait dun côté ladministration et les élus, sorte de bloc qui régenterait la société, et de lautre les usagers: on peut souvent être lun et lautre. Il faut donc distinguer entre lexécutif et son administration et les usagers, selon les cas de figure. Lactuelle remise en cause des services publics provient surtout de lactuelle opposition de droite. Pour autant, la «gauche plurielle» ne doit pas refuser dexaminer le dossier du service public. Louvrir aux usagers me paraît un élément de modernisation essentiel. Cela doit se faire dans notre cadre constitutionnel. Or nous sommes dans une démocratie représentative et non à la Suisse. Si quelque chose ne va pas, cest que les représentants jouent mal leur rôle. Il est logique que, le Parlement ayant rempli son rôle, les usagers soient associés à lévolution nécessaire des services publics. Dautre part, il faut maintenir la péréquation des tarifs. Le projet de lAITEC pose
un cadre intéressant. Il devrait prendre davantage en compte les
parlementairres.
Michel DAUBA (P.C.) Des menaces structurelles
lourdes concernant dactualité expliquent peut-être que nous
nayons pas donné toute sa place à létape nécessaire
de rénovation et de démocratisation des services publics.
La place des usagers sera essentielle pour la prochaine période.
Les services publics participant fortement du lien social, ce progrès
constitue une urgence.
Japprécie la proposition de lAITEC de comités départementaux et national. Elle devrait se prolonger au niveau européen. Mais elle reste dans une problématique délégataire. Or cest précisément lensemble des systèmes délégataires, représentatifs qui est aujourdhui en crise. Il faudrait réfléchir à des formes plus directes dintervention comme le droit à linitiative citoyenne. Il est proposé dadmettre les syndicats dans ces comités: je suis daccord sil sagit des syndicats dagents de services publics. Les unions départementales des syndicats sassimilant davantage à la représentation des usagers populaires. Quand aux moyens financiers,
ces organismes vont être confrontés à la question de
lexpertise. Il faudrait trouver des formes de mutualisation avec dautres
structures.
Alain GUYADO (CFDT) Les services publics sont pluriels et évolutifs; les usagers aussi. Il faut distinguer deux aspects
:
1- le fonctionnement normal. Là, la place des usagers devrait aller croissante car il y a beaucoup à faire. Mais faut-il tout recommencer ou revitaliser lexistant ?Faut-il traiter ces deux questions dans la même structure? Nous partageons la philosophie
densemble du texte de lAITEC. Mais pour autant, faut-il changer les structures
actuelles? Peut-il y exister une véritable concertation? Dans une
vision évolutive des services publics, les structures à mettre
en place sont-elles les mêmes pour tous? Ou adaptées à
chacun? Limportant est détablir une vraie concertation, afin que
les choix importants soient débattus avant, et pas simplement renégociés
après. La question de la régulation est seconde par rapport
à celle des grandes orientations, dans limportance des évolutions
actuelles.
Olivier FRACHON (F.N.E.-CGT) Cette question de la démocratisation des services publics est pour nous au cur des enjeux actuels. Car ils sont confrontés à des besoins sociaux nouveaux auxquels ils ne répondent pas. Cette question ne doit pas être laissée aux seuls responsables des services publics et à leurs salariés: lensemble de la population (usagers, citoyens, salariés) doit pouvoir peser. Il faut lever certains malentendus: nous ne refusons pas la co-gestion, lintervention dans la gestion. Il est vrai quil existe une certaine méfiance dans les C.A. des entreprises publiques entre les représentants des consommateurs et ceux des salariés. Les seconds ne comprennent pas bien les premiers, les soupçonnent de ne pas comprendre leurs spécificités. Et pour les premiers, les seconds défendent des intérêts corporatistes. Aujourdhui, les syndicats sont entrain de dépasser cette contradiction. La démocratisation
des services publics en constitue la première modernisation, et
même le moteur. Les usagers-citoyens comme les élus doivent
avoir une véritable place dans leur fonctionnement, comme les salariés.
Car ces derniers, au cur du processus de production et de gestion, peuvent
éclairer certains enjeux.
Quant au niveau départemental,
il nous paraît adéquat à la distribution des services
publics. Mais il faut le conjuguer avec des questions dordres régional
et national, même si des contradictions dintérêts apparaissent.
La démocratisation passe aussi par la rénovation du rôle
du Parlement en la matière.
Anne QUERRIEN Le champ de cette représentation
devrait couvrir tout service public, même sil est différemment
couvert selon les départements. Le système doit permettre
le débat posé par un noyau de consommateurs avec réseautage
entre départements.
Claude QUIN Trois points : 1- Le document de lAITEC est trop juridique. Il faudrait dabord dresser un bilan de la concertation dans tous les services publics: de ses insuffisances mais aussi de son apport.-=-=-=-=-=-=-=- MOTS-CLÉS DPH : ASSOCIATION, CONCERTATION, SERVICE PUBLIC, USAGER, GÉO: FRANCE LANGUE ÉDITION: FRE TYPE DE SOURCE: RAPPORT NOM DU PÉRIODIQUE: LES CAHIERS DE LA RUE VOLTAIRE CONSULTABLE À: CEDIDELP, 21 TER RUE VOLTAIRE 75011-PARIS, FRANCE Débat à lAITEC sur ses propositions, avec les syndicats, les partis et les associations, le 15 juin 1998 |
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