Association Internationale de Techniciens, Experts et Chercheurs 21 ter rue Voltaire - 75 011 PARIS Tél. : (33) 01 43 71 22 22 - Fax : (33) 01 44 64 74 55 Courriel : aitec@globenet.org |
* La question mondiale * Service public * Questions urbaines * Solidarité internationale |
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SERVICE PUBLIC |
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| La charte a été
élaborée de 1993 à 1996 par plusieurs centaines de
membres de diverses associations et clubs politiques afin de donner au
citoyen un réel pouvoir. Car ce dernier, sil est reconnu en droit
à lélecteur, est très limité en fait par les
formes institutionnelles dans lesquelles sexerce aujourdhui la démocratie
dans la plupart des pays développés.
La charte contient deux dimensions: analyse des causes profondes (sociales, culturelles) de la crise de la citoyenneté et les formes quelle revêt; formulation de propositions (près de 200) autour de six grands axes . La crise du (et des) «service(s) public(s)», labsence de lusager-citoyen comme acteur des services publics sont au cur de celle de la citoyenneté. I - ANALYSE DES CAUSES La démocratie représentative jacobine se meurt aujourdhui de la bureaucratisation des «services publics»: les citoyens demandant toujours plus aux «services publics», les appareils publics ne cessent de se complexifier, entraînant bureaucratie, technocratie et corporatisme. Résultat : alors que lusager-citoyen est plus capable et désireux aujourdhui quhier de participer à la définition et la mise en uvre des services, lappareil administratif impose toujours plus son opacité entre lélu et lusager-citoyen. Pour inventer une citoyenneté active, plusieurs principes daction sont nécessaires: - lexercice des responsabilités: il nous faut désormais inventer des structures et des mécanismes démocratiques aptes à ouvrir des espaces plus grands à linitiative des individus dans laccomplissement du destin collectif. Au mouvement habituel du haut vers le bas par lequel les institutions prétendent créer la société, il faut opposer la construction de la société par un mouvement du bas vers le haut, des citoyens vers les institutions. - La diversité: il ny a pratiquement plus de politique publique qui ne fasse appel, pour réussir, à la mobilisation dune pluralité dacteurs: État, collectivités territoriales, associations, professionnels, citoyens bénévoles... Mais les structures et procédures de cette concertation et de cette coopération, ouvertes sur la société, restent encore marginales dans lélaboration et la gestion des politiques publiques. LÉtat a besoin de la «société civile» pour agir mais il cherche plutôt à utiliser ses représentants quà les associer véritablement. Une démarche de citoyenneté active suppose la mise en place de mécanismes de négociation, de contractualisation et dévaluation à toutes les étapes dune politique publique entre tous les acteurs concernés. Ces principes daction doivent se spécifier quant aux «services publics»: Il nous faut inventer des mécanismes institutionnels et des systèmes de décision et de gestion assurant la coordination des acteurs sociaux et la cohérence de leurs interventions à partir de leur adhésion librement négociée au moins autant que de leur soumission à une règle imposée. Le rôle du droit, de la loi et de la règle administrative sera toujours aussi fondamental, mais au lieu dinterdire ou de prescrire dans les moindres détails les façons de faire des uns et des autres, ils devront autoriser la prise de responsabilité des citoyens en encadrant par la règle les conditions de la négociation et en balisant le terrain. Plus de liberté laissée aux citoyens dans le choix des moyens de laction collective suppose en contrepartie plus de clarté dans laffirmation des objectifs communs. Cela pose trois questions
de fond: quels doivent être les statuts respectifs des partis et
des associations dans les espaces publics de débats? Jusquà
quel point peut-on déléguer des missions de service public
à des instances privées? Parmi tous les salariés qui
accomplissent des missions de service public, comment justifier le maintien
dun statut différent pour ceux qui relèvent du droit privé?
II - PROPOSITIONS 1. au niveau européen a) la charte européenne des services publics permet dexpliciter et de préciser les dispositions du Traité qui déclinent dans les différents domaines dactivité concernés le principe fondamental du service public (légalité de traitement): ses principes dorganisation (relativité et subsidiarité, séparation des fonctions dopérateur et de régulateur, transparence des relations entre opérateurs et États membres, coopération entre régulateurs, modernisation de la gestion sociale, évaluation pluraliste) et ses règles de fonctionnement (continuité, adaptation, efficacité, transparence, participation). b) - lévaluation
pluraliste des activités de service public est indispensable pour
organiser le débat public européen, pour réaliser
les études comparatives nécessitées par la diversité
des expériences nationales et pour mesurer et améliorer lefficacité
des activités de service public là où la concurrence
est par nature imparfaite. Elle permettra également de préciser
les effets de la concurrence afin den contrôler les dérapages.
Elle portera enfin sur la réglementation européenne elle-même,
car «le premier des services publics, cest le droit lui-même».
(Léon Duguit)
2. au niveau national a) la Charte des «services publics» et le code des droits et obligations des usagers des «services publics» permettent de préciser, en termes normatifs les fondements éthiques et déontologiques du «service public». Cest la condition de la réhabilitation de ses missions et de son recentrage sur la satisfaction des besoins de ses usagers. Définir, dans le prolongement de cette démarche, les droits et devoirs des usagers, est alors la condition de leur intervention "participative" dans les fonctionnements administratifs. b) Lorganisation dun partenariat de service public est indispensable pour assurer les missions de service public: une convention de partenariat associe aux organismes publics qui l'ont en charge les publics concernés par une mission de service public et les personnes physiques ou morales qui concourent à sa bonne fin. Elle précise les conditions de la participation de ces "partenaires" à la conception, à la mise en uvre et à l'évaluation des «services publics». c) Délégation de «service public» à des personnes physiques ou morales de droit privé. Une loi doit en préciser les conditions et les limites. Elle permettra de reconnaître le rôle croissant joué par les associations dans les secteurs social, médical, éducatif, culturel et sportif notamment, pour accompagner des actions de service public - voire pour les assumer seules. d) Un statut des organismes publics d'études doit garantir l'autonomie et la publicité de l'expertise publique. Car tout organisme public à vocation de recherche ou d'étude doit gérer son activité en pleine autonomie dans le cadre de la mission qui lui a été assignée. Qu'il s'agisse de commandes publiques ou d'auto-saisine, ses rapports doivent être rendus publics dès leur achèvement. e) Doivent être soumis
à une évaluation pluraliste tous les organismes de service
public» et les projets de réforme importants. En effet, dans
un environnement en mutation accélérée, instituer
de façon systématique un dispositif d' évaluation
comprenant des approches analytiques visant à comprendre les mécanismes
et souligner les conséquences et impacts du fonctionnement des actions
publiques et des réformes engagées, est devenu indispensable.
Seule l'évaluation permet d'intégrer un processus permanent
d'ajustement des actions publiques et de se prémunir contre les
dysfonctionnements et effets pervers inattendus, et donc contre la perte
d'efficacité et de crédibilité de l'action publique.
Inversement, l'évaluation pluraliste nourrit le débat public,
ouvre des espaces à la participation des citoyens, et donc à
une meilleure adaptation des réponses apportées aux besoins
vitaux de la société, dans leur permanence comme dans leurs
changements.
3. au niveau local a) Reconnaissance des associations dintérêt général par un statut. Celles dont l'activité correspond à l'exercice d'une mission d'intérêt général et dont le fonctionnement démocratique est garanti doivent en bénéficier selon les critères et les procédures définis par le C.N.V.A. et le C.E.S. Ce statut ouvre droit à certains avantages fiscaux, ainsi qu'à la possibilité de négocier des conventions pluri-annuelles avec l'État et les collectivités territoriales. Ce même statut peut être délivré, au cas par cas, pour un projet associatif donné et pour la durée de ce projet, par les mêmes instances et dans les mêmes conditions. b) L'évaluation pluraliste par des comités d'usagers des principaux «services publics» municipaux. Les indicateurs de qualité et de résultat constituent un instrument pédagogique qui, appliqué aux activités de service public municipales, canalisera le débat public des comités d'usagers et augmentera l'efficacité publique. Ces comités constitueront ainsi pour le maire un outil de management participatif de ses services qui améliorera sa connaissance des attentes et des besoins de ses usagers-citoyens. Ces derniers y gagneront un espace de débat public local pour l'exercice d'une citoyenneté active. -=-=-=-=-=-=-=-
Charte de la citoyenneté |
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