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* La question mondiale * Service public * Questions urbaines * Solidarité internationale |
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LA QUESTION MONDIALE |
Afrique
: des résistances aux alternatives
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| Le nouvel esclavage de l’Afrique
dû au fardeau de la dette et à l’imposition de l’ajustement
structurel constitue le plus gros scandale du début du XXIe siècle.
Dans l'écrasante majorité des pays africains, les sommes
allouées au service de la dette sont supérieures à
celles affectées à l'éducation et à la santé
réunies. Il est devenu évident que chaque sou dépensé
pour le remboursement obligatoire de la dette est un sou perdu dans la
lutte contre la pauvreté, contre l'analphabétisme, contre
la malaria, contre le SIDA et d'autres maladies pourtant facilement curables.
Les plans d'ajustement structurel imposés par la Banque mondiale
et le FMI ont contribué à enfoncer les économies de
beaucoup de pays africains dans une crise profonde ; à aggraver
les inégalités sociales et de genre; à installer la
pauvreté sur une vaste échelle ; à mettre en péril
l’équilibre écologique et la sécurité alimentaire
; à entretenir des conflits et à créer les conditions
d'une recolonisation du continent à travers les programmes de privatisation
et de libéralisation sauvage.
Les initiatives de Cologne (juin 1999) et du Caire (Avril 2000), comme toutes celles qui les ont précédées, n’apportent aucune solution réelle. C'est au vu de tout cela qu’un vaste mouvement a pris forme à l'échelle mondiale, appelant à l'annulation pure et simple de la dette des pays du Tiers Monde et au rejet des programmes d'ajustement, qui n'ont fait que répandre la misère et la régression partout où ils ont été appliqués. Dans la plupart des cas,
la dette a été contractée par des gouvernements non
démocratiques généralement soutenus par les pays les
plus industrialisés,
En ce qui concerne plus spécifiquement
l'Afrique sub-saharienne, un argument historique irréfutable pour
exiger l'annulation inconditionnelle de sa dette
Aujourd’hui, la Banque Mondiale, qui est largement responsable du désastre des trente dernières années, reconnaît elle-même que la situation du développement humain se dégrade en Afrique. Le revenu réel par habitant a baissé de manière continue pendant cette période. Dans plusieurs pays d’Afrique, l’espérance de vie qui atteint à peine 46 ans tend à baisser dramatiquement comme conséquence de l’extension de la plus abjecte pauvreté. Malgré cela, le FMI et la Banque mondiale s’acharnent à imposer la poursuite de l’ajustement structurel et du remboursement de la dette, à travers l’initiative pour les Pays Pauvres Très Endettés (PPTE). Seule la rhétorique a changé : le “ cadre stratégique de lutte contre la pauvreté ” a remplacé, dans le discours, les “ plans d’ajustement structurel ”. Pour toutes ces raisons, l'annulation immédiate et inconditionnelle de la totalité de la dette extérieure de l'Afrique est une exigence éthique et de justice sociale. Elle permettra de libérer des ressources supplémentaires pour investir dans les secteurs productifs, dans l'éducation et la culture, dans la santé, dans l’émancipation des femmes, dans le futur de la jeunesse, dans les infrastructures de base, dans l’éradication de la pauvreté, dans la préservation de l’environnement et de la biodiversité, etc. Dans le même temps,
l'Afrique doit rompre avec les programmes d'ajustement, qui sont en grande
partie responsables de la situation catastrophique dans laquelle elle se
trouve aujourd'hui. L'accent mis sur l'austérité budgétaire,
au nom de prétendus "équilibres macroéconomiques"
et le désengagement imposé à l'Etat se sont traduits
par une compression dramatique des dépenses publiques, qui à
leur tour, ont engendré la récession, le chômage et
la pauvreté. Les politiques de libéralisation et de
privatisation ont contribué à étouffer les entreprises
nationales et à favoriser le contrôle des économies
africaines par les entreprises multinationales occidentales, pudiquement
qualifiées de "partenaires stratégiques". Le dogme du libre
échange a éloigné l’Afrique de la sécurité
L'opinion africaine ne peut assister passivement au sacrifice de générations entières et à une recolonisation du continent qui ne dit pas son nom. C'est pourquoi les organisations et personnalités africaines sont déterminées à mobiliser cette opinion pour qu'elle apporte sa contribution au vaste mouvement en cours à l'échelle mondiale. Ce mouvement a pris une grande ampleur avec le "Jubilé 2000", qui a mobilisé des millions de personnes à travers le monde, recueillant plus de 20 millions de signatures qui ont été présentées aux dirigeants du G-7 au mois de juin 1999 à Cologne. Mais cette campagne du "Jubilé 2000" prend fin cette année. Par conséquent, il devient nécessaire de faire le point sur les acquis et les limites de cette campagne afin de poursuivre la lutte pour l'annulation totale de la dette africaine, l’abandon des politiques d’ajustement et la réalisation de politiques dirigées vers le développement humain durable. Nous inscrivons notre
appel dans l’élan des déclarations d'Accra (Jubilé
2000 - avril 1998), Lusaka (Jubile 2000 - mai 1999), Johannesburg (Jubile
Sud – novembre 1999) et Yaoundé (janvier 2000), ainsi que dans les
initiatives convergentes de Paris (ATTAC – juin 1999), de Seattle, de la
Marche Mondiale des Femmes de l’an 2000 et de l’appel de Bangkok (février
2000) qui ensemble exigent l’annulation pure et simple de la dette du Tiers
Monde.
Réunis du 4 au 7 avril à Amsterdam, nous appelons à une rencontre internationale et panafricaine à Dakar du 12 au 17 décembre 2000 intitulée DAKAR 2000 : des Résistances aux Alternatives ” avec pour objectifs : 1. de faire le point sur l'état de l'endettement de l'Afrique à la fin de l'an 2000 après la campagne du Jubilé et évaluer l'impact des solutions bilatérales et multilatérales "d'allégement" de la dette; 2. de faire le bilan économique, social et humain des programmes d'ajustement structurel, en mettant en exergue leur impact sur certains secteurs-clés, tels que l'éducation, la santé, l'emploi, la distribution des revenus, l’agriculture traditionnelle, etc.; 3. d’élaborer des stratégies à court, moyen et long terme en vue : a) de faire aboutir la lutte pour l'annulation de la dette et l’abandon des programmes d'ajustement |
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