Association Internationale de Techniciens, Experts et Chercheurs 21 ter rue Voltaire - 75 011 PARIS Tél. : (33) 01 43 71 22 22 - Fax : (33) 01 44 64 74 55 Courriel : aitec@globenet.org |
* La question mondiale * Service public * Questions urbaines * Solidarité internationale |
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LA QUESTION MONDIALE |
Le
tiers monde et l'état de la dette à la veille de 1989
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| La dette du tiers-monde
fait une fois deplus la une des journaux, mais les commentaires catastrophiques
d'il y a deux ans sont aujourd'hui remplacés par des soupirs de
soulagement quand ce ne sont pas des cris de victoire.
La réunion de Toronto en particulier vient d'être saluée comme un tournant décisif pour la solution du problème. Qu'en est-il en réalité ? Une première constatation
s'impose : il est vrai que beaucoup de choses ont changé, de façon
contradictoire quelquefois, dans plusieurs domaines et dans plusieurs directions.
Il n'y a pas eu de crise générale du système planétaire de paiement. La conjonction des rééchelonnements et des nouveaux crédits a permis de maintenir un niveau minimal de transferts dans les pays du Tiers Monde. Les banques et les états créanciers ont ainsi évité ce qu'ils craignaient le plus : l'interruption du paiement des intérêts. La machine a continué à tourner, à rythme réduit, au prix d'une augmentation continue du volume global de la dette. Il n'y a pas eu, pour autant, de redressement économique. La misère s'est accrue dans un grand nombre de pays en même temps que l'inégalité entre les riches et les pauvres. La relative stabilisation financière, apportée par les politiques d'ajustement structurel, n'est pas venue d'une reprise économique mais d'une diminution massive des dépenses publiques (santé, enseignement, protection sociale) et de la consommation. L'équilibre précaire ainsi obtenu est un «équilibre par le bas» qui n'a créé nulle part les conditions d'une relance économique. Bien au contraire, la persistance de la crise mondiale (diminution de la demande et baisse des cours des matières premières notamment) a rendu impossible le développement économique du Tiers Monde. Les pays engagés dans les processus d'ajustement ne voient toujours pas le bout du tunnel, tandis que de nouveaux pays doivent s'y engager à leur tour sous la pression des événements... et des grandes puissances. Les institutions financières et les états sont partagés entre la satisfaction d'avoir évité la banqueroute, (en reportant toujours à plus tard, par le jeu des ré-échelonnements, un montant accru d'échéances) et le sentiment d'une insécurité croissante, lié à l'accumulation de leurs créances insolvables et à la montée d'une «menace sociale» chaque jour aggravée par les rigueurs de l'ajustement. Banquiers et trésors
publics n'ont pas cependant le monopole de la réflexion et de l'initiative.
Les populations du Tiers Monde réagissent de plus en plus contre
les politiques d'ajustement qui leurs sont imposées, obligeant parfois
à les remettre en cause, au moins quant à la répartition
des charges. Dans les autres pays, on observe une conscience croissante
de l'importance, de la nature et de complexité de ces problèmes.
Des courants très divers, litiques, syndicaux, professionnels, culturels,
religieux...) se mobilisent, en particuliers à travers les campagnes
des ONG dont les manifestations organisées au mois d'octobre prochain
à Berlin, à l'occasion de l'Assemblée annuelle de
la Banque Mondiale et du FMI (et auxquelles l'AITEC apportera son concours)
marqueront une étape importante. C'est à la lumière
de toutes ces évolutions que nous pouvons apprécier les mesures
nouvelles qui nous sont proposées aujourd'hui en même temps
que les chances de leur dépassement.
Des quatre observations précédentes nous pouvons tirer trois conclusions principales pour notre action à venir. 1) Contrairement aux affirmations
à la mode, le problème de la dette n'est pas résolu.
Il n'a pas perdu de son importance. Il n'est cependant qu'un aspect particulier
du problème du développement. La dette elle-même n'est
qu'une conséquence du sous-développement, en même temps
qu'un facteur de son aggravation, mais en aucune façon sa cause
principale. Elle n'est à bien des égards que l'exportation
de la crise des pays industrialisés vers les pays du Tiers Monde.
Depuis de nombreuses années, elle n'est pas seulement l'arbre qui
empêche de voir la forêt mais le masque sous lequel les experts
officiels s'efforcent de dissimuler la véritable nature et les véritables
causes du déséquilibre économique mondial. C'est pourquoi
toutes les mesures envisagées pour «gérer la dette»
ou même pour la réduire, ne peuvent avoir aucun effet positif
à long terme, aucun effet décisif en termes de développement
si l'on s'efforce par là d'éluder les questions fondamentales
du système monétaire mondial, des échanges commerciaux
et de la stratégie du développement elle-même, par
crainte de mettre en cause les intérêts des privilégiés,
à l'échelle internationale comme à l'intérieur
de chaque pays.
2) Nous savons bien cependant
que nous ne changerons pas l'ordre économique international d'un
coup de baguette magique.
Les solutions partielles ne sont pas négligeables, à condition
qu'elles s'inscrivent dans une perspective de développement
et de progrés et non pas dans le sens contraire.
3) En attendant la possibilité
d'une remise en cause plus fondamentale de l'ordre économique international,
la bonne ou la mauvaise utilisation des innovations en matière de
gestion de la dette, dans l'intérêt des populations ou dans
celui des minorités privilégiées, ne peut dépendre
que du rapport des forces au niveau de l'opinion publique et de la société
civile tout entière.
- information pour sensibiliser les citoyens et leur faire prendre conscience d'un enjeu qui les conceme tous, puisqu'il est en dernier ressort celui du développement économique mondial, du progrès social et de la paix ;C'est dans cette perspective que l'AITEC entend poursuivre avec les autres ONG de France et du monde entier, l'action entreprise dans ce domaine depuis plusieurs années. Juin 1988 |
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