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La
participation des associations Evolution des approches descendantes
et ascendantes |
Assemblée générale de l'AFIP - 15 et 16 juin 2001 -
Reprise de son intervention orale
" La commune naît en 1789. Le maire a déjà un double statut d'élu local et de représentant de l'Etat au titre de l'Etat Civil et de la police. Le département apparaît dans la même période. Un premier projet prévoyait un découpage de la France en 100 carreaux, finalement est retenu un découpage fondé sur la capacité à joindre tout point du département en une journée de cheval.
L'association
est elle proscrite. Les pères
de la Révolution Française entendent rompre avec les corporations
de l'Ancien Régime. L'idée est que tout intérêt particulier
agit au détriment de l'intérêt collectif ; il faudra attendre
le XIX° siècle pour reconquérir l'idée du groupement,
d'abord autour des organisations professionnelles puis, en 1901, avec les associations.
Au niveau des communes, le SIVU (Syndicat Intercommunal
à Vocation Unique) naît en 1890 : c'est un choix de regroupement
autour d'un même intérêt : la réalisation d'économies.
On parle d'intercommunalité de gestion. Plus tard certains regroupements
seront imposés, avec des réactions fortes de défense des
élus : c'est le cas des fusions de communes, contraintes à fusionner
avec des échecs fréquents. Cela vaudra une grande méfiance
des élus par rapport aux discours sur l'intercommunalité ressentie
souvent comme une mise des petites communes au service des grandes.
Dès
1948, on commence à parler de désert français.
L'exode rural est important et on parle d'urbanisation.
Ce n'est qu'en 1960 qu'apparaît la politique d'aménagement
du territoire, conçu comme une démarche descendante centrée
sur des pôles urbains chargés d'entraîner le rural par ses
régions.
Le concept de développement local émerge
quant à lui en 1970. Les dynamiques locales se font d'emblée
à une échelle intercommunale et s'appuient nettement sur le développement
agricole. En 1983 ont lieu à Mâcon les Etats Généraux
du Développement Rural. L'Histoire du développement local est
intimement liée à celle du développement rural et ce n'est
que très récemment que l'on dit que le développement local
vaut aussi pour les espaces urbains.
On entre aussi dans un politique
de décentralisation ; elle donne naissance en 1982
aux Régions, qui deviennent des pôles de pouvoir local,
avec une assemblée d'élus. Elle ouvre à une certaine reconnaissance
du mouvement du développement local. Déjà se constituent
des Pays, forme d'organisation infra-régionale.
En 1992, la loi " Sueur " institue la "
communauté de communes " comme intercommunalité de
développement (économique, aménagement de l'espace, + compétences
facultatives) à fiscalité propre. On parle alors " d'intercommunalité
de projets " et d'urbanité rurale : le milieu rural a besoin de
services équivalents à ceux des villes. Elle fonde aussi les communautés
de villes, qui ne fonctionneront pas.
En 1995, avec la "relance de la politique d'aménagement du territoire" et le "grand débat", un projet de loi "d'orientation pour l'aménagement du territoire" est déposé. Il verra son intitulé modifié par l'Assemblée Nationale en "loi d'orientation pour le développement des territoires", pour retenir au final une "loi d'orientation pour l'aménagement et le développement du territoire" (loi " Pasqua ") qui introduit la notion de "Pays". Il ne s'agit pas que de modifications de virgule. Le choix des mots dissimule des choix politiques importants : c'est l'idée que l'aménagement du territoire ne se fonde pas que sur des réalisations d'infrastructures mais aussi sur des dynamiques territoriales.
Ce changement se remarque
encore plus dans la loi " Voynet " de 1999,
qui conserve l'aménagement du territoire et le développement mais
rajoute "durable". De Pasqua à Voynet, le spectre politique
est très large et pourtant il y a une certaine communauté de vue
: repenser le développement local sans déposséder les acteurs
locaux.
Enfin la Loi Chevènement renforce et simplifie l'intercommunalité
tout en reprenant en compte l'urbain. Elle fonde une solidarité territoriale
d'ensemble entre urbain et rural.
L'émergence actuelle
des Pays se fonde sur la volonté de rassembler différents niveaux
intercommunaux et de quadriller tout le territoire afin de trouver le niveau
le plus pertinent pour la mise en synergie et les orientations stratégiques,
le niveau opérationnel devant quant à lui résider dans
la communauté de communes ou la communauté urbaine, avec un rapport
ville / campagne à réfléchir.
Dans les Pays, le Conseil de Développement n'est pas seulement une affaire
d'élus. L'idée provient du développement local : pour des
projets nouveaux, il est indispensable d'avoir des idées nouvelles et
des acteurs nouveaux, même si la loi reste floue sur les modalités
de mise en place de ces fameux conseils : quelle composition, quelles règles
de décision, quels moyens, quelle fréquence de réunion,
quels modes de désignation ?
La condition préalable est toutefois que les associations s'impliquent
dans ces dynamiques, pas nécessairement pour investir le Conseil de Développement,
disent certaines associations, mais tout au moins participer aux groupes de
travail. L'Association des Maires de France a quant à elle déclaré
que la question de base, c'était déjà celle de la démocratie
dans la commune. L'émergence des Pays pose donc des questions fondamentales.
Le modèle républicain, qui s'appuie sur un découpage/partage
des compétences entre l'Etat, le département et la commune, semble
devoir s'enrichir d'une nouvelle approche, parfois appelée "modèle
démocrate", avec une organisation en Union Européenne, Région
et intercommunalité. Frémissements, nouvelles idées de
la démocratie, comme en témoigne le projet de loi Vaillant sur
la démocratie de proximité."
retour AG AFIP 2001
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