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Le rapport "presse et internet"
Le rapport, rédigé par un ancien responsable de l’audiovisuel public et par un inspecteur des finances traite deux questions qui nous semblent entièrement distinctes :

1) la difficile situation financière des « entreprises de presse » en France.
et en particulier des « groupes de presse ». Le rapport préconise des aides fiscales pour les entreprises et les particuliers qui achètent des actions de ces groupes.

2) la « qualité de l’information » sur internet.

C’est ce second sujet, qui fait l’objet de la dernière partie du rapport, qui concerne le plus directement internet.
Les rapporteurs s’appuient sur la Décision du 29 juillet 1986 du Conseil constitutionnel qui déclare que le pluralisme de la presse est un objectif à valeur constitutionnelle.
Et, évidemment, pour les rapporteurs, il ne peut y avoir de « pluralisme » sans « qualité ».

Il y a urgence, car « Comment être sûr que les élements d’un article de la Wikipedia sont exacts ? Comment vérifier si les images qui apparaissent sur flickr, sur Wat ou sur les Skyblogs n’ont pas été rétouchées ? » (p48)
De même, « faut il se résoudre à la dégradation programmée de la qualité de l’information sur internet, du fait du foisonnement des contenus non hiérarchisés, non structurés [...] Il y a là un danger fondamental pour l’avenir de notre démocratie » (p63) (on remarquera que ’foisonnement’ ne saurait être confondu avec pluralisme)

La solution est de « porter les valeurs de la presse », sa « déontologie éprouvée » sur internet.

Pour celà les rapporteurs proposent le modèle suivant :

Les « groupes de presse » sont subventionnés pour créer et faire prospèrer des sites de presse sur internet, payants mais peu onéreux.
Le droit de propriété intellectuel sur le travail des journaliste est retiré à ces derniers et transfèré aux entrepreneurs de presse pour « sécuriser » le statut juridique de l’information.
Un statut de « journaliste citoyen » est créé pour les internautes qui mette de l’information en ligne sur le site des ces entreprises de presse. (mettre de l’info en ligne ailleurs n’est pas envisagé).
Un code de déontologie de la presse en ligne est créé qui prévoit notemment « la transparence sur l’origine de l’information » (en rupture, nous semble t’il avec la protection traditionnelle des sources des journalistes)
Un label est créé pour distinguer les entreprises de presse qui respectent le plus sérieusement ce code de déontologie.
Une réduction de TVA est accordée aux entreprises de presses qui ont obtenu le label. (ndlc : l’impôt payé par les journaux dépendrait désormais de la ’qualité’ de leur information).
les rapporteurs concluent sur l’idée que tout ceci doit paraître naturel pour le pas susciter la méfiance des internaute.

p.s. « le Canard Enchaîné », dans son édition du 4 avril 2007 donne un bon exemple de la « déontologie » dont un « groupe de presse » est capable pour réaliser un reportage photo.
« La photo [parue dans une publication dudit groupe de presse] a en effet été montée avec les 4 ados qui avaient acceptée d’accompagner le reporter pour les besoins de son reportage »
Un modèle de rigueur et d’intégrité dont les amateurs qui écrivent n’importe quoi sur internet feraient bien de prendre de la graîne.


le rapport au ministre surligné