loi HADOPI : le calendrier selon la ministre.
extrait de l’interview à ’les Echos’ ce jour.
"Confidence online" Charter , the government’s draft
a translation of the unofficial document
Le texte du projet de loi "création et internet"
une vue aérienne du texte + le projet de loi mis en forme en .pdf
La loi ’création et internet’ pour les enfants
La HADOPI pour les petits
projet de traité ACTA : une traduction
Une traduction française de l’ébauche du traité international ’anti-pirates’
Mobilisation pour l’Internet libre
Internet filtré, internautes surveillés, cela se prépare actuellement au Parlement Européen. (...)
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La loi ’création et internet’ pour les enfants

Lors de la présentation du projet de loi « création et internet » créant la HADOPI, le gouvernement a insisté sur le caractère pédagogique des mesures que prendrait l’autorité administrative. Un producteur de phonogrammes a résumé le propos en déclarant « il faut siffler la fin de la récréation ».

On a souhaité s’associer à cet effort éducatif, en rapportant l’enregistrement ci joint, presque authentique et puisé aux meilleures sources.

La maitresse : « Monsieur Hadopi est venu dans notre école pour vous parler de prévention et de son travail pour protèger la musique. »
(à monsieur Hadopi) « je vous laisse la parole ».

Monsieur Hadopi : « Merci mademoiselle.
"Les enfants, comme l’a dit votre maitresse, je suis venu vous parler de prévention, de musique et d’internet. Mais d’abord, je vais vous poser deux questions. Première question : est ce que vous aimez la musique ? »

Les enfants : « Ouuiiiiiii »

Monsieur Hadopi : « Bien ; deuxième question , maintenant, est ce que vous aimez internet ?

Les enfants : « Ouuiiiii »

Monsieur Hadopi : "très bien . Revenons à la musique. Toi, par exemple, qu’est ce que tu aimes comme musique ?

Lulu (rougissant) : « euh, j’aime bien ’’ le club des fans’ »

Monsieur Hadopi : "Bien ; et toi, quelle musique tu aimes ?"

Dudule : « Moi, j’aime « Supermaxiland », surtout leur dernière chanson « Au pays de supermaxiland »

D’autres élèves : « Moi aussi, moi aussi »

La moitié de la classe (chantant) « Au – pays – de super ma – xiland... »

Monsieur Hadopi : « Jai compris les enfants, j’ai compris. Toi, par exemple, comment as tu pu écouter cette chanson ? »

Dudule « C’est mes parents qui me l’ont achété à ’Shop2000’. »

Monsieur Hadopi (désignant un autre enfant) : « Et toi » ?

Zoé : « C’est Jojo qui me l’a prèté pour mettre sur mon MP3 ».

Monsieur Hadopi (fronçant les sourcils) : « Nous y voilà. Qui est Jojo ? »

Jojo (au premier rang) : « C’est moi Monsieur ».

Monsieur Hadopi : « Jojo ; peut tu me dire à combien de tes camarades tu as prèté ou donné cette chanson ? »

Jojo (se retournant et comptant ses camarades) : « 12 monsieur, ou 14 peut être même. »

Monsieur Hadopi (épouvanté) : « Tant que cela ? Il était temps que j’intervienne. »
(s’adressant à la classe) : « levez la main, tous ceux a qui Jojo a prèté ou doné cette chanson. »

15 enfants lèvent la main.

Monsieur Hadopi : « Eh bien, c’est très mal d’avoir pris cette chanson. C’est du vol ! Et toi, Jojo, c’est très mal de l’avoir donné à tout le monde ».

Jojo (fondant en larmes) : « Ouin, j’ai rien fait, je veux pas aller en prison »

La maitresse : « calme toi Jojo, monsieur Hadopi ne met personne en prison ».
(en apparté à Monsieur Hadopi) « Jojo a reçu le prix de camaraderie l’année dernière ».

Zoé (levant la main) : « Est ce que c’est mal de prèter ses affaires, monsieur Hadopi ? »

Monsieur Hadopi : « Quelquefois oui, hélàs, c’est ce que je suis venu vous expliquer.
A votre avis, les enfants, de quoi ont eu besoin les musiciens pour créer et pour vendre leur musique ? »

Les enfants : « D’une guitare ! D’un synthétiseur ! D’une caisse d’enregistrement ! »

Monsieur Hadopi : « en effet les enfants, en effet, mais pas seulement. Ils ont aussi besoin de quelqu’un. Réfléchissez bien »

Aignan : « Ils ont besoin d’un producteur ? »

Monsieur Hadopi : « Très bonne réponse. Je parie que tu es le premier de la classe. Peux tu nous dire ce qu’est un producteur ? »

Aignan (feuilletant les pages de son dictionnaire à toute vitesse) : « Un producteur est un entrepreneur qui finance un artiste et qui perçoit en remboursement une partie des recettes »

Monsieur Hadopi : « Exactement. Maintenant, réfléchissez encore les enfants. Que se passerait il si tout le monde se mettait comme Jojo à distribuer la musique gratuitement ? »

Lulu : « Le producteur il va mourir de faim parce qu’il a prèté tout son argent et le musicien ne pourra pas faire sa musique ? »

Monsieur Hadopi (riant) : « Le producteur ne va pas mourir de faim ! Mais tu as tout à fait raison. Sans l’argent que lui donne le producteur, le musicien ne pourra pas créer sa musique. »

Aignan (réfléchissant intensémént) : « Mais, Monsieur Hadopi, si je faisais de la musique, je pourrais la mettre sur mon serveur et tout le monde pourrait l’écouter même si les producteurs sont tous morts »

Monsieur Hadopi : « Euh, les enfants, vous êtes vraiment dans une école pilote pour les nouvelles technologies à ce que je vois. Mais à ton avis Aignan, qui va venir écouter ta musique sur ton serveur »

Aignan (réfléchissant encore) : « Peut être Jojo et Zoé, et aussi mon correspondant. C’est tout. »

Monsieur Hadopi : « En effet et pourquoi ?

Aignan « Parce que personne va me connaître »

Monsieur Hadopi : « Tout à fait. Et que faudrait il faire pour te faire connaître ? »

Aignan (réfléchissant à nouveau) : « J’arrive pas à trouver »

Bill (levant la main) : « De la publicité ».

Monsieur Hadopi « Exactement : de la publicité. Et qui va payer cette publicité ? »

Aignan (illuminé) : « Ca y est, j’ai compris ; c’est le producteur monsieur. Le producteur pourra faire de la publicité et le musicien fera sa musique, sinon tous les deux ils vont mourir de faim et il n’y aura jamais de musique »

Monsieur Hadopi : « C’est cela même. J’espère que tout le monde a bien entendu. Je vais résumer au tableau »

tout le monde vole la musique -> pas de publicité -> pas de producteurs -> pas de musique.

personne ne vole la musique - > plein de publicité - > plein de producteurs -> plein de musique.

La cloche de la récréation sonne.

La maitresse : « Les enfants, vous allez sortir en rang. Nous retrouverons monsieur Hadopi après la récréation et il va nous parler d’internet et de son travail. »

Après la récréation, monsieur Hadopi reprend son exposé.

Monsieur Hadopi : « Maintenant les enfants, je vais vous parler de mon travail.
Sur internet, il y a des gens qui comme vous avec Jojo, « prètent » et volent de la musique. Mon travail c’est de leur expliquer qu’il faut qu’ils arrètent, sinon je les punis ».

Dudule (levant la main) : qu’est ce que vous donnez comme punitions, Monsieur » ?

Zoé : « Est ce que vous donnez des heures de retenue ? »

Monsieur Hadopi : « Non, je ne donne pas d’heures de retenue. Je donne d’abord un premier avertissement, puis un deuxième avertissement, et puis si le voleur de musique continue, j’empèche son ordinateur d’aller sur internet ».

Pingu (levant la main) : « Monsieur, mais comment vous allez pouvoir surveiller tout le monde sur internet. Vous allez jamais dormir ».

Monsieur Hadopi : « Ce n’est pas moi qui vais surveiller en fait. Je vais engager des détectives privés qui vont suivre les chansons sur internet. Dés qu’ils voient qu’une chanson se fait voler, ils vont me prévenir ».

Pingu : « Mais est ce qu’ils vont surveiller les chansons même pendant toute la nuit ? »

Monsieur Hadopi : « Euh, c’est une question difficile à comprendre pour les enfants. Je vais peut être demander aux entreprises qui branchent internet de conserver les traces que laissent les voleurs de musique ».

La maitresse : « A propos, Monsieur Hadopi ; nous n’avons pas reçu l’avis de l’ARCEP qui traite de ces questions, à l’école ».

Monsieur Hadopi (à mi voix) : « C’est un avis secret mademoiselle. Les terroristes sont toujours à l’affut, come vous le savez ».

Monsieur Hadopi (à la classe) : « Bon, je crois que jai tout expliqué. Est ce que l’un d’entre vous a encore une question à poser ? »

Aigan : « Monsieur Hadopi, est ce que vous êtes un policier ? »

Monsieur Hadopi (surpris) : « Tout à fait »
(puis, se ravisant) : « Euh, pas du tout, je n’envoie personne devant un juge »
(puis, réfléchissant encore) : « Disons que je suis comme un surveillant ». A la cantine, vous devez bien avoir des surveillants. Eh bien moi, je suis le surveillant de l’internet. Je punis ceux qui se conduisent mal, comme à la cantine. Vous avez compris ? »

Les enfants : « Ouuiii ».

Monsieur Hadopi : « Bien ; on regarde encore une fois le tableau ensemble »

tout le monde vole la musique -> pas de publicité -> pas de producteurs -> pas de musique.

personne ne vole la musique - > plein de publicité - > plein de producteurs -> plein de musique.

Monsieur Hadopi : « Vous avez compris ? »

Les enfants : « Ouuiii »

Monsieur Hadopi : « Tu as compris Jojo ? »

Jojo : « Oui Monsieur, je le ferai plus monsieur »

Monsieur Hadopi : « Très bien les enfants. Mais je crois que j’ai dépassé l’heure, je vais vous laisser sortir ».

Les enfant : « Ouuiii, vive la musique, vive la publicité, vive monsieur Hadopi »

La maitresse fait sortir les élèves, puis elle revient remercier monsieur Hadopi pendant que les enfants sortent de l’école en chantant « Au pays de supermaxiland ».